La Californie devient le premier État américain à interdire la vente de fourrure

Article publié le 15 octobre 2019

Photo : Manifestation de militants anti-fourrure à Los Angeles en 2018.
15/10/2019

La loi sera effective à partir de 2023. 

C’est une victoire supplémentaire pour les organisations qui militent contre l’utilisation de fourrure telles que la PETA, et plus largement pour tous ceux qui défendent le bien-être animal. Ce samedi 12 octobre, le gouverneur démocrate de l’État de Californie, Gavin Newsom, a validé un nouveau projet de loi visant à interdire la vente et la fabrication de vêtements, de chaussures ou encore de sacs à main en fourrure. Cette mesure, déjà adoptée par les villes de San Francisco et de Los Angeles, sera appliquée à l’ensemble du territoire californien à partir de 2023, faisant de la Californie le premier État américain à mettre en place une telle législation. En cas d’infraction, les résidents californiens seront passibles d’une amende pouvant atteindre les 500 dollars, voire les 1000 dollars en cas de récidive. 

« Je viens de signer l’une des lois les plus engagées pour défendre les droits des animaux de l’histoire des États-Unis, faisant de la Californie le premier État de la nation à bannir la vente de fourrures neuves », s’est réjoui dans un tweet l’ancien maire de San Francisco, élu gouverneur le 6 novembre 2018. Dans ce même tweet, Gavin Newsom précise également avoir ratifié « une série de projets de lois qui mettront fin aux traitements cruels que subissent de nombreux animaux à travers notre État », parmi lesquels l’interdiction d’utiliser dans les cirques certains animaux sauvages tels que des éléphants. Des lois similaires sont déjà en vigueur dans l’Illinois, dans l’État de New York et dans le New Jersey.

Rédigé par la députée démocrate Laura Friedman, le projet de loi anti-fourrure désigné sous le numéro AB44 entérine une fois de plus la position de la Californie en tant que leader lorsqu’il s’agit de défendre le bien-être animal, et rejoint un mouvement global d’engagement alors que des maisons de luxe comme Versace, Gucci, Armani ou plus récemment Prada ont décidé d’abandonner l’utilisation de fourrure véritable dans leurs collections, soucieuses de rester désirables auprès de consommateurs toujours plus exigeants en termes d’éthique. « Compte tenu des preuves accablantes de pratiques inhumaines dans l’industrie de la fourrure et des autres options disponibles pour confectionner des tissus chauds et à la mode, nous ne continuerons pas à nous rendre complices d’une cruauté inutile », a déclaré Laura Friedman.

Saluée par les associations engagées dans la défense des droits des animaux, la mesure est cependant loin de ravir l’industrie de la fourrure américaine qui, de son côté, dénonce une propagande végane radicale et menace d’engager des poursuites judiciaires. Il faut dire que la vente d’articles en fourrure a rapporté 1,5 milliards de dollars aux États-Unis rien qu’en 2014. Mais en plus d’être la cause de souffrances animales indéniables, l’industrie de la fourrure est pointée du doigt pour la pollution qu’elle engendre, notamment à cause de ses procédés de tannage. L’interdiction ne s’appliquera cependant pas à la vente de fourrure vintage ni aux produits utilisés à des fins religieuses ou tribales, ou aux animaux taxidermisés. Elle ne concernera pas non plus l’utilisation de cuir ou de peaux de vache, de mouton, de cerf et de chèvre, qui resteront en vente… jusqu’à l’adoption d’une nouvelle loi poussant encore plus loin l’engagement en faveur du bien-être animal ? 

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