Vingt-six nouvelles femmes accusent Donald Trump de « contacts sexuels non désirés »

Article publié le 11 octobre 2019

Photo : Donald Trump.
11/10/2019

Dans un nouvel ouvrage qui brosse son portrait de prédateur sexuel, le président des États-Unis actuellement visé par une procédure de destitution est accusé par quarante-trois femmes d’avoir eu des comportement inappropriés, tandis que vingt-six d’entre elles évoquent des agressions sexuelles.

Alors qu’il est visé depuis le mois de septembre par une procédure d’impeachment, lancée à son encontre par la Chambre des représentants dirigée par la démocrate Nancy Pelosi suite à une conversation téléphonique suspecte avec son homologue ukrainien, Donald Trump est une fois de plus dans la tourmente. Dans un livre intitulé Les femmes du président : Donald Trump et la fabrication d’un prédateur, qui paraîtra le 22 octobre prochain, le locataire de la Maison Blanche est de nouveau accusé d’être l’auteur d’agressions à caractère sexuel. Des dénonciations qui tombent au plus mal alors que le président américain entre en pleine période de préparatifs pour la prochaine campagne des présidentielles de 2020.

Co-écrit par le producteur Barry Levine et la journaliste Monique El-Faizy, l’ouvrage s’appuie sur des témoignages inédits récoltés après que les auteurs aient mené plus de cent entretiens. En tout, ce sont quarante-trois nouvelles femmes qui expliquent avoir dû faire face à des «comportements inappropriés », tandis que vingt-six d’entre elles ont confié avoir été victimes de « contacts sexuels non désirés » provoqués par Donald Trump. Comme le révèle le magazine Esquire dans lequel a été publié le premier extrait du livre, l’un des témoignages compilés par Barry Levine et Monique El-Faizy donne un aperçu glaçant des méthodes employées par celui qui, dans un enregistrement audio de 2005 déjà, préconisait d’ « attraper les femmes par la chatte ». Invitée au début des années 2000 à venir célébrer le nouvel an lors d’une soirée organisée dans la propriété de Donald Trump à Mar-a-Lago, en Floride, une dénommée Karen Johnson explique ainsi avoir été embrassée de force. « Je me dirigeais vers les toilettes. J’ai été attrapée et tirée derrière une tapisserie, et j’ai vu que c’était lui […] J’avais tellement peur à cause de qui il était », raconte-t-elle.

Ce n’est pas la première fois que Donald Trump fait l’objet de telles accusations. Avant ce livre, vingt-quatre autres femmes l’ont déjà accusé d’actes inacceptables. Parmi elles, la maquilleuse Jill Harth, qui portait plainte en 1997 pour une tentative de viol qui aurait eu lieu en 1993, alors que Donald Trump était encore un magnat de l’immobilier, ou l’animatrice Juliet Huddy, qu’il aurait essayé d’embrasser au milieu des années 2000. La journaliste Natasha Stoynoff avait décrit une agression similaire pendant la campagne de 2016. Et dans un contexte post-#MeToo, après le scandale de l’affaire Weinstein, les langues semblent plus que jamais se délier.

Alors que sa misogynie n’est plus à prouver, le président des États-Unis a toujours mis un point d’honneur à discréditer ce genre d’accusations qu’il qualifie régulièrement de mensonges dans des tweets méprisants et acrimonieux, allant parfois jusqu’à se dédouaner en arguant que celles qui l’accusent ne sont pas son genre (comme la journaliste E. Jean Carroll). En janvier 2017, ce comportement et ces propos sexistes répétés avaient donné naissance à une manifestation féministe baptisée Women’s March.

S’il n’a pas encore réagi à ces témoignages inédits, davantage occupé ce jeudi 10 octobre à reconquérir son électorat de base lors d’un meeting organisé dans le Minnesota où il a discrédité les médias, Donald Trump voit malgré tout son image se ternir une nouvelle fois, alors que l’opinion publique est désormais majoritairement favorable à sa mise en accusation dans le cadre de sa demande d’enquête sur le fils de Joe Biden, l’ancien vice-président de Barack Obama. « C’est probablement la plus grande chasse aux sorcières de l’histoire américaine », avait déclaré Donald Trump à propos de cette affaire ukrainienne et du lancement de la procédure d’impeachment qui s’en est suivi. Concernant ces nouvelles accusations d’agressions, les chances sont grandes pour que le président de la première puissance mondiale les dénigre une fois de plus, en se présentant comme une victime cible de mensonges.

À lire aussi :

Les plus lus

Pourquoi les masculinistes inondent certains comptes Instagram avec des émojis médaille ?

Une technique de cyberharcèlement qui cible des activistes et des personnalités, notamment féministes ou LGBTQ+, ou encore des médias – dont Antidote -, en s’attaquant à leurs réseaux sociaux.

Lire la suite

Quand le masculin cessera-t-il (enfin) de l’emporter ?

Qui de mieux placé·e pour parler de l’écriture inclusive qu’une personne directement concernée par ce sujet ? C’est partant de ce principe qu’Antidote a choisi de publier cette tribune en faveur du langage épicène, rédigée par une personne non-binaire l’employant au quotidien, ce qui lui permet notamment de retranscrire une conception non-binaire du genre lorsqu’elle parle d’elle-même. Iel y revient sur le débat houleux qui entoure cette réforme orthographique, encore largement perçue sous le prisme du féminisme et qui fait face à une menace d’interdiction au sein du service public – les projets de loi se succédant depuis plusieurs mois pour lui défendre l’usage de l’écriture inclusive, notamment dans les écoles.

Lire la suite

Joan Tronto, philosophe du care : « Réparer et maintenir en vie les êtres vivants devraient être notre priorité »

Signifiant tout à la fois « soigner », « faire attention à » ou encore « se soucier de », le terme anglais « care » est aujourd’hui le fil rouge d’un courant intellectuel né dans les années 80 pour promouvoir une société plus juste et équitable où la question du bien-être de tous·tes est la préoccupation centrale. Grande penseuse de cette « éthique du care », l’universitaire féministe Joan Tronto prône également un monde plus égalitaire marqué par une meilleure répartition du « caring work », ce travail souvent dévalorisé par notre société capitaliste qui consiste à prendre soin les un·e·s des autres, mais aussi de l’environnement.

Lire la suite

Pas d’égalité sans les putes

Longtemps réduit∙e∙s au silence et minorisé∙e∙s, les travailleur∙se∙s du sexe ont trouvé dans les grands courants d’émancipation actuels de nouveaux alliés. Nous leur avons donné la parole afin de comprendre leur vécu, mais aussi leurs arguments contre la politique répressive de notre pays. Nul doute que leur lutte constitue l’un des grands combats égalitaires du temps présent.

Lire la suite

Faudrait-il décriminaliser toutes les drogues ?

Portugal, Canada, Oregon… À travers le monde, les politiques pénales en matière de drogues changent et la légalisation ainsi que la dépénalisation progressent. Une voie à imiter en France ?

Lire la suite

Newsletter

Soyez le premier informé de toute l'actualité du magazine Antidote.