Bamao Yendé et Le Diouck explosent les frontières avec l’EP « 55 Degrees »

Article publié le 13 mars 2020

Texte : Maxime Delcourt.
13/03/2020.

Le patron de Boukan Records dévoile un premier EP enregistré aux côtés de son acolyte Le Diouck, et s’impose définitivement comme le fervent défenseur d’une musique électronique brute, énergique et fiévreuse.

La carrière de Bamao Yendé est celle d’une idée : revisiter les codes de la sono mondiale pour mieux les confronter à différentes sonorités et les projeter dans le futur. Cette fois, c’est aux côtés de Le Diouck (son éternel acolyte, à côté duquel il s’était produit lors de la Halloween Party d’Antidote) que William Essef (son vrai nom) donne vie à ses intentions, et c’est toujours aussi impressionnant – à l’image du titre « Marvin Gueye », placé en ouverture de cet EP porté sur l’hybridation des genres.

55 Degrees est en effet de ces projets ouverts à toutes les excentricités, toutes les sensibilités, qui s’expriment aussi bien en français et en anglais que dans une grammaire réduite à l’essentiel.

Avec ce six-titres, idéal pour twerker en boîte, l’idée est simple : ne s’imposer aucune limite, et ambiancer les foules. Car si des morceaux comme « Gladys’s Knight » ou « Tommy Shelby » – hymne endiablé dédié au héros de Peaky Blinders – trahissent une virtuosité dans l’exécution, la musique de Bamao Yendé et Le Diouck se double d’une efficacité indéniable, comme si elle ne cherchait à confronter les esthétiques (R&B, afrobeat, cloud rap, kuduro, UK garage, etc.) que pour mieux se réduire à l’essentiel : la transe.

Avec 55 Degrees, il s’agit aussi pour les deux comparses de présenter la Fédération du Boukan, qui s’annonce très active à partir de septembre – une compilation collective est notamment prévue. Pour rappel, Boukan Records est ce label de Cergy, au nord-ouest de Paris, qui enthousiasme à chacune de ses sorties. Ça l’était déjà à l’époque où Bamao Yendé, véritable activiste de la fête parisienne, assurait ses mixes au Mellotron ou sur les ondes de Rinse France. Ça l’est de nouveau avec cet EP tellement riche en nuances et en propositions qu’il semble impossible de l’enfermer dans une catégorie précise.

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