Les sons de la semaine : Steve Lacy, Anderson .Paak, Bagarre, Jessie Reyez et Scratch Massive

Article publié le 15 avril 2019

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Texte : Naomi Clément.
12/04/2019

Une semaine marquée par le nouvel opus d’Anderson .Paak, un clip puissant de Scratch Massive, et le tout nouveau titre de Steve Lacy.

Les voix d’André 3000, Brandy et Nate Dogg réunis sur le nouvel album d’Anderson .Paak

Quelques mois seulement après la parution d’Oxnard, sur lequel on retrouvait Kendrick Lamar, J. Cole, Pusha T ou encore Kadhja Bonet, Anderson .Paak est déjà de retour avec Ventura, son quatrième album solo disponible ce 12 avril via Aftermath, le label de Dr. Dre. Un disque avec lequel le chanteur et batteur californien semble vouloir réveiller l’âme de la scène hip-hop des années 1990 et 2000, en invitant notamment André 3000 (« Come Home »), Brandy (« Jet Black »), ainsi que des enregistrements du regretté Nate Dogg (« What Can We Do? »), décédé en 2011 des suites de problèmes de santé.

Interrogé par le magazine Esquire le mois dernier, Anderson .Paak évoquait le processus de création de Ventura, mentionnant au passage la grande liberté que lui aurait laissée Dr. Dre, producteur exécutif du projet : « [Dre] m’a laissé énormément de liberté sur Ventura. Il était genre : « J’ai l’impression que tu as le truc. » J’ai déployé mes ailes sur la production, sur l’écriture, sur le choix des collaborations. C’était un travail très ambitieux, que de collaborer à nouveau avec autant d’icônes. […] ».

En attendant de défendre ce nouveau projet en Europe, Anderson .Paak s’apprête à s’envoler aux côtés de son groupe The Free Nationals pour une tournée nord-américaine qui débutera le 17 mai prochain à Nashville, et tout au long de laquelle seront conviés de nombreux guests tels que Thundercat, Earl Sweatshirt, Noname ou encore Jessie Reyez.

Bagarre présente le percutant « Kabylifornie » et son clip survolté

Un an après la sortie son premier album CLUB 12345 en 2018, Bagarre a présenté ce 9 avril « Kabylifornie » : un single à la croisée des genres entre énergie punk rock, influences orientales et phrasé hip-hop, qui s’avère être l’un des titres les plus personnels jamais sortis par le quintette français. Co-produit par Vladimir Cauchemar, ce nouveau morceau explore en effet les racines de Mus, le batteur du groupe, qui s’est construit en équilibre entre ses origines kabyles et son éducation en France, entre ses sessions skate en région parisienne et ses vacances en Algérie. « Je me présente, je m’appelle Mus et je vis ici, on dirait pas comme ça mais j’viens de Kabylifornie », y chante le jeune homme.

Pour illustrer son propos, Bagarre a par la même occasion dévoilé un clip survolté. Réalisé par Pictures & Motion Studio, ce dernier a été tourné en début d’année entre la cité Curial-Cambrai à Paris (dans le 19ème arrondissement), les rues d’Alger et Tizi Ouzou, le village natal des parents de Mus en Kabylie. Un moyen de célébrer les différentes origines de Mus, mais aussi, par extension, l’identité musicale éclectique de Bagarre, qu’il reste impossible de faire entrer dans une seule et même case.

Jessie Reyez et 6LACK offrent une seconde vie à l’enivrant « Imported »

Révélée par l’EP Kiddo et son single « Figures » en 2017, Jessie Reyez confirmait toute l’étendue de son talent le 19 octobre dernier avec Being Human In Public : un second projet de sept titres, qui avait notamment été porté par le morceau « Imported », en collaboration avec le chanteur JRM. Désireuse de raviver la flamme de cet envoûtant single, la chanteuse et guitariste canadienne vient d’en partager une nouvelle version réalisée cette fois-ci aux côtés du rappeur originaire d’Atlanta 6LACK. Son clip est à découvrir ci-dessous.

Sans crier gare, Steve Lacy publie son nouveau single : « N Side »

Assurant le rôle de guitariste au sein du groupe The Internet, Steve Lacy divulguait en 2017 son tout premier projet en solo : Steve Lacy’s Demo. Un EP de cinq pistes, parmi lesquels l’entêtant « Dark Rose », qui avait permis à ce talentueux touche-à-tout de s’imposer comme l’un des artistes les plus ingénieux du moment.

Deux ans après ce premier essai concluant, Steve Lacy, qui a récemment participé à l’élaboration du dernier album de Solange et au prochain de Vampire Weekend, signe son retour avec « N Side ». Un nouveau single vaporeux, qui précise davantage son univers à mi-chemin entre néo-soul et rock lo-fi, et pourrait bien annoncer un premier long format. Le 5 février dernier, The Internet annonçait en effet via Twitter l’arrivée imminente de deux albums solo. Quelques heures plus tard, « N Side » se révélait à nos oreilles. Coïncidence ? Réponse au cours de ces prochaines semaines.

Scratch Massive livre le puissant clip de son morceau « Dancer in the Dark »

Scratch Massive continue de donner vie à son dernier album Garden of Love, paru le 26 octobre dernier. Après avoir illustré le morceau « FANTOME X » en début d’année, le duo, composé de Maud Geffray et de Sébastien Chenut, vient de révéler le sublime clip de « Dancer in the Dark ». Réalisé par Tristan Feres, ce dernier nous immerge dans le quotidien d’une jeune fille malentendante vivant en banlieue parisienne. Un quotidien plutôt sombre et angoissant dans les premières secondes de la vidéo, mais qui gagne peu à peu en lumière et en optimisme, la protagoniste finissant par trouver en elle une véritable paix intérieure.

Aux Inrocks, Maud Geffray donnait plus de détails quant à la naissance du clip de « Dancer in the Dark » : « Quand j’ai rencontré Tristan pour la première fois, il voulait que je fasse la musique de son moyen-métrage. Ses images étaient magnifiques, en 16 mm, des acteurs non-professionnels, c’était un très bel objet et j’ai accepté. Il m’a alors proposé de nous faire un clip, il lui restait de la pellicule. Dancer in The Dark, c’est ce titre qu’il voulait clipper (…). De fil en aiguille, un personnage qui se dessine, une jeune fille, malentendante, elle vit en banlieue parisienne chez sa mère, son quotidien, sa musique intérieure, sa vie, ses désirs de jeune fille, et comment vivre pleinement ? Ressentir la musique ? La danse comme un échappatoire à son obscurité ?… »

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