Rencontre avec Sons of An Illustrious Father, le groupe d’Ezra Miller, Lilah Larson et Josh Aubin

Article publié le 25 octobre 2019

Share :

Texte : Maxime Delcourt.

Photos : Sons of an Illustrious Father (Ezra Miller,  Lilah Larson, Josh Aubin) par Byron Spencer, pour Antidote Magazine : Pride hiver 2019-2020. Stylisme : Yann Weber. Coiffure : Yumiko Hikage. Maquillage : Patrick Glatthaar. Set design : Pandora Graessl.

Ezra Miller : « On a choisi de se définir comme “queer” pour éviter d’être rattachés à un genre musical en particulier. »

Sons Of An Illustrious Father, c’est l’histoire d’Ezra Miller, Lilah Larson et Josh Aubin, trois potes d’enfance dont la complicité saute immédiatement aux yeux. Plusieurs fois pendant l’entretien, les trois comparses s’interrompent, balancent des private jokes, se chamaillent et affichent des sourires qui tranchent avec le sérieux de leur deuxième album, Deus Sex Machina : Or, Moving Slowly Beyond Nikola Tesla : un disque socialement concerné, où il est question d’écologie, de l’impact des nouvelles technologies sur notre quotidien, de racisme et de réflexions en faveur des droits des communautés LGBTQI+.

Le trio américain n’enfile pour autant jamais le costume de prêcheur. Ce sont avant tout des artistes en quête d’échappatoire, qui envisagent l’art comme un moyen d’explorer et d’exprimer différents aspects de leur personnalité. Ainsi, quand Ezra Miller joue dans les blockbusters hollywoodiens (Les Animaux fantastiques, Avengers,…), Josh Aubin s’adonne à la peinture et Lilah Larson à une carrière solo dans la musique. On se dit alors qu’ils n’ont que peu l’occasion de se retrouver, et ce serait sans doute vrai s’ils n’habitaient pas ensemble dans une ferme. C’est probablement là-bas, au cœur du Vermont, au nord-est des États-Unis, que s’est développée leur complicité, celle que l’on retrouve aussi bien dans leurs morceaux, qui doivent autant à Patti Smith et à David Bowie qu’au blues et à la folk, que lors de cette après-midi passée à leurs côtés. Quelques heures au cours desquelles on les aura vu danser, théâtraliser leurs échanges et poser avec les différentes tenues préparées pour la séance photo. Le tout, avec un naturel charmant.

À gauche :  Sons of an Illustrious Father – Ezra Miller, Lilah Larson et Josh Aubin sont habillés en Antidote Studio.

À droite : Sons of an Illustrious Father – Ezra Miller, Lilah Larson et Josh Aubin. Pull set chemises, Prada. 

Antidote. À vous regarder, on a l’impression que prendre la pose devant un objectif est quelque chose de naturel pour vous.
Lilah Larson. Je ne sais pas trop comment l’expliquer… mais c’est vrai que c’est un exercice auquel on se confronte de plus en plus souvent. Et c’est toujours assez étrange : au début, on se demande ce qu’on fait là, tout paraît assez abstrait, puis on finit par se prendre au jeu, par comprendre ce qui est en train de se créer.
Ezra Miller. C’est une autre forme d’expression pour nous. Ça permet de s’amuser, certes, mais c’est surtout l’occasion de mettre en avant d’autres aspects de notre personnalité et de notre musique. On voit ça comme un prolongement de notre univers. J’envisage la mode comme une façon d’explorer des univers inconnus, de tenter des choses inédites pour surprendre – mon entourage, ou moi-même.

D’où cette fameuse tenue au Met Gala 2019…
Ezra Miller.
Oui, on essaye de transmettre des idées, de la folie et tout un imaginaire sans parler. Encore une fois, c’est un moyen de communication.
Lilah Larson. Après, on n’en fait pas une obligation non plus. Là, le shooting est fini, on redevient donc nous-mêmes : des jeunes adultes habillés en jean noir comme n’importe qui d’autre. L’extravagance doit rester un jeu.

Ezra Miller : « La musique que l’on fait est proche de celle que l’on fantasmait d’entendre étant plus jeunes. »

Avez-vous toujours eu ce goût pour l’extravagance ? À l’adolescence, par exemple, vous étiez comment ?
Lilah Larson.
Oula… J’étais souvent de très mauvaise humeur à cette époque… J’avais beaucoup de mal avec l’autorité, je pensais même que c’était cool de paraître assez sombre, de ne jamais sourire, d’envoyer bouler les adultes. De ne pas être aimable, tout simplement. Au début, ça a ses avantages d’agir ainsi, mais on risque de finir seule si on continue à adopter ce genre de comportement à l’âge adulte.
Josh Aubin. On aurait fini comme des punks ridicules si on avait continué à être aussi austères. Mais je pense que tout adolescent a le droit d’agir ainsi. C’est un moyen pour lui d’apprendre à gérer ses émotions, à se construire un avis et une personnalité en marge de la société. Moi, par exemple, à l’adolescence, j’écoutais aussi bien Green Day et Nirvana que la BO du Roi Lion, et je m’en suis très bien sorti [rires].

J’ai l’impression que l’expérience adolescente est quelque chose qui vous fascine. Au point d’organiser régulièrement des concerts pour les moins de 21 ans aux États-Unis…
Lilah Larson. On a toujours pensé que c’était dans la nature des choses de permettre aux plus jeunes d’accéder le plus rapidement possible à la musique live, donc on profite d’avoir un peu de pouvoir pour mettre ça en place dès que l’occasion se présente.
Josh Aubin. La musique se doit d’être accessible à tous. Donc on fait en sorte que nos concerts le soient.
Ezra Miller. Et puis ça nous permet de revisiter une part de notre enfance également. Je pense que la musique que l’on fait est proche de celle que l’on fantasmait d’entendre étant plus jeunes. Alors on crée des évènements pour les adolescents en pensant à ceux auxquels on aurait rêvé de participer il y a quelques années.

Sons of an Illustrious Father – Ezra Miller, Lilah Larson et Josh Aubin. Hoodies, Antidote Merch. Pantalons, Antidote Studio. Chaussures, Prada.

Ça veut dire que vous voulez devenir des teenage idols ?
(Rires collectifs)
Ezra Miller.Tu imagines ? Ça voudrait dire que l’on serait obligés d’être constamment défoncés, que l’on serait harcelés en permanence et que l’on jouerait systématiquement dans des stades remplis de milliers de fans hystériques. C’est quelque chose qui fait assez peur, en fin de compte.

J’imagine que vous êtes bien mieux au calme dans votre ferme du Vermont ?
Ezra Miller.
Tu n’imagines même pas à quel point ce lieu nous fait du bien.
Lilah Larson. C’est notre Neverland à nous, sans le côté malsain que peut renfermer ce terme. En vrai, c’est surtout un lieu où nous avons la chance de pouvoir créer tranquillement tous ensemble. On a passé plusieurs années en tournée dans des bus à se demander comment on pourrait devenir de meilleures personnes et comment on pourrait travailler de façon plus efficace. On se sait donc très chanceux à l’heure actuelle.

Travailler dans un bel et grand appartement de Los Angeles ou New York, ça vous paraissait inenvisageable ?
Lilah Larson.
Évidemment ! Là où l’on vit, tout est beaucoup plus beau, plus paisible. Même quand on n’y est pas, on y pense. C’est une sorte de refuge, à la fois créatif et spirituel, réel et imagé.
Josh Aubin. Il y a de très beaux coins en Californie ou à New York, mais c’est vrai que l’on prend plus de plaisir dans le Vermont, ça nous permet d’apprécier davantage les moments où l’on débarque en ville. Surtout, on compose de façon très libre, très spontanée au sein de cette ferme où l’on a accumulé tout un tas de fournitures et d’instruments – en plus des poules et des chèvres, bien sûr. C’est comme si on mettait toutes les chances de notre côté pour stimuler notre potentiel créatif.

Pourtant, Deus Sex Machina : Or, Moving Slowly Beyond Nikola Tesla a majoritairement été écrit à Londres, non ?
Lilah Larson. Oui, mais c’est tout simplement parce qu’on n’avait pas encore acheté ce lieu. Ce qui n’a pas empêché d’enregistrer dans de très bonnes conditions, d’ailleurs. Tout le monde était très talentueux et très sympa avec nous. On n’a que de bons souvenirs de cet enregistrement.
Ezra Miller. Il faut dire que l’on improvisait pendant des heures. Tout était très fluide. C’est un peu comme si ce disque était une nécessité pour nous, qu’il existait en nous depuis un moment et qu’on se devait de l’expulser de notre corps.

Aujourd’hui, vous avez tous des projets différents. Lilah, tu as un projet solo, Josh, tu peins, tandis que toi, Ezra, tu joues dans plusieurs films hollywoodiens. Ce n’est pas trop compliqué de se retrouver et de composer ?
Ezra Miller.
Personnellement, je sais que j’ai besoin de m’exprimer via différentes formes d’art. Elles répondent toutes à des talents différents, à des exigences différentes, et je pense que cela permet de nourrir une certaine créativité. Dès lors, le fait d’aller tourner un film, de participer à un shooting ou d’enregistrer un titre en solo, c’est une façon pour chacun d’entre nous de pousser notre créativité, de favoriser notre expression.
Josh Aubin. Au final, tous ces écarts finissent de toute façon par nourrir le travail commun, comme s’il y avait quelque chose d’inconscient qui nous reliait et nous permettait de nous comprendre assez rapidement.
Ezra Miller. Et puis, pour tout dire, ça me rendrait heureux d’apprendre que quelqu’un a découvert Sons Of An Illustrious Father grâce à un de mes films ou à une peinture de Josh. Ce serait même flatteur.

Votre dernier album commence ainsi : « If I don’t die tonight, I’m gonna dance until I do, and if you’re not too afraid I wanna dance with you ». Pourquoi avoir choisi d’entamer ce disque avec ces mots ?
Lilah Larson.
« U.S. Gay » a été écrit au sein d’une période extrêmement triste. C’est une sorte de réaction à toutes les fusillades qu’il y a eu ces dernières années aux États-Unis, et particulièrement à l’une d’entre elle : celle de juin 2016 à Orlando, dans la boite de nuit LGBTQI+ le Pulse, où des queers latino ont été tués justement parce qu’ils étaient homosexuels… Ça nous a particulièrement touchés, à tel point que c’est presque devenu une évidence d’en faire notre morceau d’ouverture. Il fallait que l’on en parle, que l’on tente de sensibiliser les gens sur ces questions.
Ezra Miller. Le choix du titre est également très éloquent. « U.S. Gay », c’est une façon de provoquer, de dire que l’Amérique est un pays homosexuel et que tout part de là [rires]. On ne voulait pas simplement réagir, on voulait également susciter des réactions.

Ezra Miller : « On se doit de transformer la brutalité de ce monde en quelque chose de beau. C’est le rôle de l’art.  »

Dans vos morceaux et vos interviews, vous parlez souvent des communautés LGBTQI+. Vous pourriez aller encore plus loin pour défendre cette cause ? Vous engager politiquement ou organiser des manifestations, par exemple ?
Ezra Miller
. Non, on veut simplement être plus commerciaux, faire des publicités pour Pepsi et encaisser l’argent [rires].
Lilah Larson. Plus sérieusement, on veut continuer à en parler de la façon qui nous semble la  plus juste. C’est sûr que la situation est urgente, qu’il faut continuer le combat et lutter contre ces agressions anti-homosexuels qui surviennent chaque jour, mais on n’a pas forcément les moyens à l’heure actuelle de faire beaucoup plus.
Ezra Miller. Aujourd’hui, il y a tout un tas de problèmes : le réchauffement climatique, l’abandon des populations immigrées, la montée du nationalisme… On aurait donc tout un tas de raisons de se révolter, que ce soit dans nos morceaux ou ailleurs. Mais il faut aussi savoir pourquoi on est doué pour le moment, ce pour quoi on a le talent et le temps de s’engager de la façon la plus efficace.

Sons of an Illustrious Father – Ezra Miller. Chemise et pantalon, Gucci. Cravate, Dries Van Noten. Lunettes, Komono. Josh Aubin. Veste et chemise, Gucci. Lunettes, Komono. Lilah Larson. Combinaison, Gucci. Lunettes, Komono.

C’est pour cela que vous vous revendiquez publiquement comme queer ? Pour montrer que c’est une fierté, qu’il faut en parler sans honte ?
Ezra Miller.
Pour tout dire, on a choisi de se définir comme « queer » pour éviter d’être rattachés à un genre musical en particulier. Sachant que nos morceaux doivent autant à la folk et au psychédélisme qu’à la pop ou aux musiques électroniques, ça nous semblait être préférable de choisir une étiquette qui n’ait aucune connotation musicale.
Lilah Larson. C’est aussi le mot qui nous correspond le mieux. Parce qu’il renvoie à une ouverture d’esprit, mais aussi parce qu’il nous rapproche d’artistes autrefois considérés comme queers. Je pense notamment à Dusty Springfield, à David Bowie ou même à Little Richard. Si, de près ou de loin, on peut être associés à eux, ce serait un honneur.
Ezra Miller. Malheureusement, il faut aussi reconnaître que la grande majorité des artistes queers restent encore inconnus à l’heure actuelle. Or, je peux te l’affirmer, il y en a une flopée qui sont extrêmement talentueux et qui finiront par percer. Que les institutions le veuillent ou non.

Justement, vous n’avez pas l’impression que ça pourrait devenir trop pesant d’être la voix d’une communauté ?
Lilah Larson.
Je ne dirais pas que c’est pesant ou stressant. Après tout, c’est juste un moyen de prendre nos responsabilités. Mais on se doit aussi de rester humbles. Ce n’est pas parce que la communauté LGBTQI+ nous supporte que l’on doit prendre la grosse tête et endosser le rôle de porte-parole. Le fait que des gens viennent nous voir après les concerts pour nous dire que nos morceaux ont changé leur vie, c’est déjà beaucoup.

Devenir des porte-paroles, ça vous effraie ?
Lilah Larson.
Disons qu’on a la chance d’être affiliés à tout un tas de communautés sans vraiment en faire partie. Ce qui est appréciable. D’autant que l’on ne peut être de vrais représentants sachant que l’on jouit quand même de nombreux avantages au sein de nos sociétés actuelles : certes, nous sommes queers, mais nous sommes aussi trois blancs issus de classes sociales non défavorisées et ayant l’opportunité de se faire entendre. Ce n’est pas donné à tout le monde.
Ezra Miller. C’est vrai. Et c’est d’ailleurs pour ça qu’on ne parle pas uniquement de la communauté LGBTQI+ dans notre album. Comme le dit Lilah, on a la chance d’être des privilégiés, donc on se doit de transformer la brutalité de ce monde en quelque chose de beau. C’est le rôle de l’art. Dans notre morceau « Extraordinary Rendition », on fait référence à une forme d’enlèvement pratiquée par la CIA pour torturer les prisonniers en dehors du territoire américain, tandis que le titre « Unarmed » est une façon pour nous de dire que la créativité est un excellent moyen de lutter face aux horreurs du monde.

Il y a aussi « Samscars », dans lequel vous soulignez l’importance de la famille et du choix de sa communauté…
Lilah Larson. On vit ensemble, donc l’idée de communauté est très forte chez nous. On est d’ailleurs très curieux de savoir comment notre identité peut être modifiée par nos relations.
Ezra Miller. Sincèrement, je pense que notre son serait bien plus conventionnel et contiendrait nettement moins de folie si on n’entretenait pas cette relation entre nous. C’est pour ça que l’on chante sur ce genre de thèmes, parce qu’on sait à quel point le fait de pouvoir se faire confiance les uns les autres nous encourage à tenter des morceaux complètement fous.

À gauche : Sons of an Illustrious Father – Ezra Miller, Lilah Larson et Josh Aubin.

À droite : Sons of an Illustrious Father – Ezra Miller. Pull et chemise, Prada. Pantalon, Antidote Studio. Lilah Larson et Josh Aubin : Chemises et pantalons, Prada.

Comme cette reprise de « Don’t Cha » des Pussycat Dolls, que vous venez de publier ?
Ezra Miller.
Là, c’est différent : c’est juste qu’en écoutant ce single, on s’est dit que ça nous correspondait parfaitement. On n’en a même pas parlé. On était en club, le morceau est passé, on s’est regardé et on a compris qu’il fallait se l’approprier.

Ces dernières années, vos vies ont pas mal changé. Vous pensez que ça peut impacter la composition de vos futurs morceaux ?
Lilah Larson.
J’espère qu’on va signer un contrat de plusieurs millions de dollars avec une grosse maison de disques. Sinon, tout cela n’a aucun sens [rires].
Josh Aubin. À force de plaisanter avec ça, les gens vont vraiment finir par penser que l’on est obsédés par l’argent…
Ezra Miller. Tu as raison ! Du coup, pour parler plus sérieusement, on va dire qu’on a la chance de vivre une époque où tout se mélange, où les genres musicaux sont de plus en plus hybrides et où tout est permis. Surtout, on est trois songwriters, ce ne sont donc pas les idées qui peuvent manquer.

Pensez-vous que ce soit une force d’être trois songwriters différents au sein d’un même groupe, d’interchanger régulièrement les rôles ?
Ezra Miller.
C’est une évidence ! Ça rend le processus de composition beaucoup plus simple, on ne connaît jamais la panne d’inspiration… Le seul problème, finalement, c’est d’avoir beaucoup trop de chansons en stock, on n’a pas le temps de toutes les enregistrer.
Lilah Larson. Franchement, je suis persuadée que si tous les groupes qui fonctionnent avec un seul songwriter changeaient leurs habitudes et laissaient les autres membres s’exprimer, derrière le micro ou à la composition, cela donnerait naissance à de bien meilleures titres. Et tout le monde s’en porterait mieux.

À gauche : Sons of an Illustrious Father – Ezra Miller , Lilah Larson et Josh Aubin. Couvertures, Versace Home.

À droite : Sons of an Illustrious Father – Ezra Miller , Lilah Larson et Josh Aubin. Chemises, Givenchy.

Sons Of An Illustrious Father, c’est l’histoire d’Ezra Miller, Lilah Larson et Josh Aubin, trois potes d’enfance dont la complicité saute immédiatement aux yeux. Plusieurs fois pendant l’entretien, les trois comparses s’interrompent, balancent des private jokes, se chamaillent et affichent des sourires qui tranchent avec le sérieux de leur deuxième album, Deus Sex Machina : Or, Moving Slowly Beyond Nikola Tesla : un disque socialement concerné, où il est question d’écologie, de l’impact des nouvelles technologies sur notre quotidien, de racisme et de réflexions en faveur des droits des communautés LGBTQI+.

Le trio américain n’enfile pour autant jamais le costume de prêcheur. Ce sont avant tout des artistes en quête d’échappatoire, qui envisagent l’art comme un moyen d’explorer et d’exprimer différents aspects de leur personnalité. Ainsi, quand Ezra Miller joue dans les blockbusters hollywoodiens (Les Animaux fantastiques, Avengers,…), Josh Aubin s’adonne à la peinture et Lilah Larson à une carrière solo dans la musique. On se dit alors qu’ils n’ont que peu l’occasion de se retrouver, et ce serait sans doute vrai s’ils n’habitaient pas ensemble dans une ferme. C’est probablement là-bas, au cœur du Vermont, au nord-est des États-Unis, que s’est développée leur complicité, celle que l’on retrouve aussi bien dans leurs morceaux, qui doivent autant à Patti Smith et à David Bowie qu’au blues et à la folk, que lors de cette après-midi passée à leurs côtés. Quelques heures au cours desquelles on les aura vu danser, théâtraliser leurs échanges et poser avec les différentes tenues préparées pour la séance photo. Le tout, avec un naturel charmant.

Sons of an Illustrious Father – Ezra Miller, Lilah Larson et Josh Aubin sont habillés en Antidote Studio.

Sons of an Illustrious Father – Ezra Miller, Lilah Larson et Josh Aubin. Pull set chemises, Prada. 

Antidote. À vous regarder, on a l’impression que prendre la pose devant un objectif est quelque chose de naturel pour vous.
Lilah Larson. Je ne sais pas trop comment l’expliquer… mais c’est vrai que c’est un exercice auquel on se confronte de plus en plus souvent. Et c’est toujours assez étrange : au début, on se demande ce qu’on fait là, tout paraît assez abstrait, puis on finit par se prendre au jeu, par comprendre ce qui est en train de se créer.
Ezra Miller. C’est une autre forme d’expression pour nous. Ça permet de s’amuser, certes, mais c’est surtout l’occasion de mettre en avant d’autres aspects de notre personnalité et de notre musique. On voit ça comme un prolongement de notre univers. J’envisage la mode comme une façon d’explorer des univers inconnus, de tenter des choses inédites pour surprendre – mon entourage, ou moi-même.

D’où cette fameuse tenue au Met Gala 2019…
Ezra Miller.
Oui, on essaye de transmettre des idées, de la folie et tout un imaginaire sans parler. Encore une fois, c’est un moyen de communication.
Lilah Larson. Après, on n’en fait pas une obligation non plus. Là, le shooting est fini, on redevient donc nous-mêmes : des jeunes adultes habillés en jean noir comme n’importe qui d’autre. L’extravagance doit rester un jeu.

Ezra Miller : « La musique que l’on fait est proche de celle que l’on fantasmait d’entendre étant plus jeunes. »

Avez-vous toujours eu ce goût pour l’extravagance ? À l’adolescence, par exemple, vous étiez comment ?
Lilah Larson.
Oula… J’étais souvent de très mauvaise humeur à cette époque… J’avais beaucoup de mal avec l’autorité, je pensais même que c’était cool de paraître assez sombre, de ne jamais sourire, d’envoyer bouler les adultes. De ne pas être aimable, tout simplement. Au début, ça a ses avantages d’agir ainsi, mais on risque de finir seule si on continue à adopter ce genre de comportement à l’âge adulte.
Josh Aubin. On aurait fini comme des punks ridicules si on avait continué à être aussi austères. Mais je pense que tout adolescent a le droit d’agir ainsi. C’est un moyen pour lui d’apprendre à gérer ses émotions, à se construire un avis et une personnalité en marge de la société. Moi, par exemple, à l’adolescence, j’écoutais aussi bien Green Day et Nirvana que la BO du Roi Lion, et je m’en suis très bien sorti [rires].

J’ai l’impression que l’expérience adolescente est quelque chose qui vous fascine. Au point d’organiser régulièrement des concerts pour les moins de 21 ans aux États-Unis…
Lilah Larson. On a toujours pensé que c’était dans la nature des choses de permettre aux plus jeunes d’accéder le plus rapidement possible à la musique live, donc on profite d’avoir un peu de pouvoir pour mettre ça en place dès que l’occasion se présente.
Josh Aubin. La musique se doit d’être accessible à tous. Donc on fait en sorte que nos concerts le soient.
Ezra Miller. Et puis ça nous permet de revisiter une part de notre enfance également. Je pense que la musique que l’on fait est proche de celle que l’on fantasmait d’entendre étant plus jeunes. Alors on crée des évènements pour les adolescents en pensant à ceux auxquels on aurait rêvé de participer il y a quelques années.

Sons of an Illustrious Father – Ezra Miller, Lilah Larson et Josh Aubin. Hoodies, Antidote Merch. Pantalons, Antidote Studio. Chaussures, Prada.

Ça veut dire que vous voulez devenir des teenage idols ?
(Rires collectifs)
Ezra Miller.Tu imagines ? Ça voudrait dire que l’on serait obligés d’être constamment défoncés, que l’on serait harcelés en permanence et que l’on jouerait systématiquement dans des stades remplis de milliers de fans hystériques. C’est quelque chose qui fait assez peur, en fin de compte.

J’imagine que vous êtes bien mieux au calme dans votre ferme du Vermont ?
Ezra Miller.
Tu n’imagines même pas à quel point ce lieu nous fait du bien.
Lilah Larson. C’est notre Neverland à nous, sans le côté malsain que peut renfermer ce terme. En vrai, c’est surtout un lieu où nous avons la chance de pouvoir créer tranquillement tous ensemble. On a passé plusieurs années en tournée dans des bus à se demander comment on pourrait devenir de meilleures personnes et comment on pourrait travailler de façon plus efficace. On se sait donc très chanceux à l’heure actuelle.

Travailler dans un bel et grand appartement de Los Angeles ou New York, ça vous paraissait inenvisageable ?
Lilah Larson.
Évidemment ! Là où l’on vit, tout est beaucoup plus beau, plus paisible. Même quand on n’y est pas, on y pense. C’est une sorte de refuge, à la fois créatif et spirituel, réel et imagé.
Josh Aubin. Il y a de très beaux coins en Californie ou à New York, mais c’est vrai que l’on prend plus de plaisir dans le Vermont, ça nous permet d’apprécier davantage les moments où l’on débarque en ville. Surtout, on compose de façon très libre, très spontanée au sein de cette ferme où l’on a accumulé tout un tas de fournitures et d’instruments – en plus des poules et des chèvres, bien sûr. C’est comme si on mettait toutes les chances de notre côté pour stimuler notre potentiel créatif.

Pourtant, Deus Sex Machina : Or, Moving Slowly Beyond Nikola Tesla a majoritairement été écrit à Londres, non ?
Lilah Larson. Oui, mais c’est tout simplement parce qu’on n’avait pas encore acheté ce lieu. Ce qui n’a pas empêché d’enregistrer dans de très bonnes conditions, d’ailleurs. Tout le monde était très talentueux et très sympa avec nous. On n’a que de bons souvenirs de cet enregistrement.
Ezra Miller. Il faut dire que l’on improvisait pendant des heures. Tout était très fluide. C’est un peu comme si ce disque était une nécessité pour nous, qu’il existait en nous depuis un moment et qu’on se devait de l’expulser de notre corps.

Aujourd’hui, vous avez tous des projets différents. Lilah, tu as un projet solo, Josh, tu peins, tandis que toi, Ezra, tu joues dans plusieurs films hollywoodiens. Ce n’est pas trop compliqué de se retrouver et de composer ?
Ezra Miller.
Personnellement, je sais que j’ai besoin de m’exprimer via différentes formes d’art. Elles répondent toutes à des talents différents, à des exigences différentes, et je pense que cela permet de nourrir une certaine créativité. Dès lors, le fait d’aller tourner un film, de participer à un shooting ou d’enregistrer un titre en solo, c’est une façon pour chacun d’entre nous de pousser notre créativité, de favoriser notre expression.
Josh Aubin. Au final, tous ces écarts finissent de toute façon par nourrir le travail commun, comme s’il y avait quelque chose d’inconscient qui nous reliait et nous permettait de nous comprendre assez rapidement.
Ezra Miller. Et puis, pour tout dire, ça me rendrait heureux d’apprendre que quelqu’un a découvert Sons Of An Illustrious Father grâce à un de mes films ou à une peinture de Josh. Ce serait même flatteur.

Votre dernier album commence ainsi : « If I don’t die tonight, I’m gonna dance until I do, and if you’re not too afraid I wanna dance with you ». Pourquoi avoir choisi d’entamer ce disque avec ces mots ?
Lilah Larson.
« U.S. Gay » a été écrit au sein d’une période extrêmement triste. C’est une sorte de réaction à toutes les fusillades qu’il y a eu ces dernières années aux États-Unis, et particulièrement à l’une d’entre elle : celle de juin 2016 à Orlando, dans la boite de nuit LGBTQI+ le Pulse, où des queers latino ont été tués justement parce qu’ils étaient homosexuels… Ça nous a particulièrement touchés, à tel point que c’est presque devenu une évidence d’en faire notre morceau d’ouverture. Il fallait que l’on en parle, que l’on tente de sensibiliser les gens sur ces questions.
Ezra Miller. Le choix du titre est également très éloquent. « U.S. Gay », c’est une façon de provoquer, de dire que l’Amérique est un pays homosexuel et que tout part de là [rires]. On ne voulait pas simplement réagir, on voulait également susciter des réactions.

Ezra Miller : « On se doit de transformer la brutalité de ce monde en quelque chose de beau. C’est le rôle de l’art.  »

Dans vos morceaux et vos interviews, vous parlez souvent des communautés LGBTQI+. Vous pourriez aller encore plus loin pour défendre cette cause ? Vous engager politiquement ou organiser des manifestations, par exemple ?
Ezra Miller
. Non, on veut simplement être plus commerciaux, faire des publicités pour Pepsi et encaisser l’argent [rires].
Lilah Larson. Plus sérieusement, on veut continuer à en parler de la façon qui nous semble la  plus juste. C’est sûr que la situation est urgente, qu’il faut continuer le combat et lutter contre ces agressions anti-homosexuels qui surviennent chaque jour, mais on n’a pas forcément les moyens à l’heure actuelle de faire beaucoup plus.
Ezra Miller. Aujourd’hui, il y a tout un tas de problèmes : le réchauffement climatique, l’abandon des populations immigrées, la montée du nationalisme… On aurait donc tout un tas de raisons de se révolter, que ce soit dans nos morceaux ou ailleurs. Mais il faut aussi savoir pourquoi on est doué pour le moment, ce pour quoi on a le talent et le temps de s’engager de la façon la plus efficace.

Sons of an Illustrious Father – Ezra Miller. Chemise et pantalon, Gucci. Cravate, Dries Van Noten. Lunettes, Komono. Josh Aubin. Veste et chemise, Gucci. Lunettes, Komono. Lilah Larson. Combinaison, Gucci. Lunettes, Komono.

Sons of an Illustrious Father – Ezra Miller. Chemise et pantalon, Gucci. Cravate, Dries Van Noten. Lunettes, Komono. Josh Aubin. Veste et chemise, Gucci. Lunettes, Komono. Lilah Larson. Combinaison, Gucci. Lunettes, Komono.

C’est pour cela que vous vous revendiquez publiquement comme queer ? Pour montrer que c’est une fierté, qu’il faut en parler sans honte ?
Ezra Miller.
Pour tout dire, on a choisi de se définir comme « queer » pour éviter d’être rattachés à un genre musical en particulier. Sachant que nos morceaux doivent autant à la folk et au psychédélisme qu’à la pop ou aux musiques électroniques, ça nous semblait être préférable de choisir une étiquette qui n’ait aucune connotation musicale.
Lilah Larson. C’est aussi le mot qui nous correspond le mieux. Parce qu’il renvoie à une ouverture d’esprit, mais aussi parce qu’il nous rapproche d’artistes autrefois considérés comme queers. Je pense notamment à Dusty Springfield, à David Bowie ou même à Little Richard. Si, de près ou de loin, on peut être associés à eux, ce serait un honneur.
Ezra Miller. Malheureusement, il faut aussi reconnaître que la grande majorité des artistes queers restent encore inconnus à l’heure actuelle. Or, je peux te l’affirmer, il y en a une flopée qui sont extrêmement talentueux et qui finiront par percer. Que les institutions le veuillent ou non.

Justement, vous n’avez pas l’impression que ça pourrait devenir trop pesant d’être la voix d’une communauté ?
Lilah Larson.
Je ne dirais pas que c’est pesant ou stressant. Après tout, c’est juste un moyen de prendre nos responsabilités. Mais on se doit aussi de rester humbles. Ce n’est pas parce que la communauté LGBTQI+ nous supporte que l’on doit prendre la grosse tête et endosser le rôle de porte-parole. Le fait que des gens viennent nous voir après les concerts pour nous dire que nos morceaux ont changé leur vie, c’est déjà beaucoup.

Devenir des porte-paroles, ça vous effraie ?
Lilah Larson.
Disons qu’on a la chance d’être affiliés à tout un tas de communautés sans vraiment en faire partie. Ce qui est appréciable. D’autant que l’on ne peut être de vrais représentants sachant que l’on jouit quand même de nombreux avantages au sein de nos sociétés actuelles : certes, nous sommes queers, mais nous sommes aussi trois blancs issus de classes sociales non défavorisées et ayant l’opportunité de se faire entendre. Ce n’est pas donné à tout le monde.
Ezra Miller. C’est vrai. Et c’est d’ailleurs pour ça qu’on ne parle pas uniquement de la communauté LGBTQI+ dans notre album. Comme le dit Lilah, on a la chance d’être des privilégiés, donc on se doit de transformer la brutalité de ce monde en quelque chose de beau. C’est le rôle de l’art. Dans notre morceau « Extraordinary Rendition », on fait référence à une forme d’enlèvement pratiquée par la CIA pour torturer les prisonniers en dehors du territoire américain, tandis que le titre « Unarmed » est une façon pour nous de dire que la créativité est un excellent moyen de lutter face aux horreurs du monde.

Il y a aussi « Samscars », dans lequel vous soulignez l’importance de la famille et du choix de sa communauté…
Lilah Larson. On vit ensemble, donc l’idée de communauté est très forte chez nous. On est d’ailleurs très curieux de savoir comment notre identité peut être modifiée par nos relations.
Ezra Miller. Sincèrement, je pense que notre son serait bien plus conventionnel et contiendrait nettement moins de folie si on n’entretenait pas cette relation entre nous. C’est pour ça que l’on chante sur ce genre de thèmes, parce qu’on sait à quel point le fait de pouvoir se faire confiance les uns les autres nous encourage à tenter des morceaux complètement fous.

Sons of an Illustrious Father – Ezra Miller, Lilah Larson et Josh Aubin.

Sons of an Illustrious Father – Ezra Miller. Pull et chemise, Prada. Pantalon, Antidote Studio. Lilah Larson et Josh Aubin : Chemises et pantalons, Prada.

Comme cette reprise de « Don’t Cha » des Pussycat Dolls, que vous venez de publier ?
Ezra Miller.
Là, c’est différent : c’est juste qu’en écoutant ce single, on s’est dit que ça nous correspondait parfaitement. On n’en a même pas parlé. On était en club, le morceau est passé, on s’est regardé et on a compris qu’il fallait se l’approprier.

Ces dernières années, vos vies ont pas mal changé. Vous pensez que ça peut impacter la composition de vos futurs morceaux ?
Lilah Larson.
J’espère qu’on va signer un contrat de plusieurs millions de dollars avec une grosse maison de disques. Sinon, tout cela n’a aucun sens [rires].
Josh Aubin. À force de plaisanter avec ça, les gens vont vraiment finir par penser que l’on est obsédés par l’argent…
Ezra Miller. Tu as raison ! Du coup, pour parler plus sérieusement, on va dire qu’on a la chance de vivre une époque où tout se mélange, où les genres musicaux sont de plus en plus hybrides et où tout est permis. Surtout, on est trois songwriters, ce ne sont donc pas les idées qui peuvent manquer.

Pensez-vous que ce soit une force d’être trois songwriters différents au sein d’un même groupe, d’interchanger régulièrement les rôles ?
Ezra Miller.
C’est une évidence ! Ça rend le processus de composition beaucoup plus simple, on ne connaît jamais la panne d’inspiration… Le seul problème, finalement, c’est d’avoir beaucoup trop de chansons en stock, on n’a pas le temps de toutes les enregistrer.
Lilah Larson. Franchement, je suis persuadée que si tous les groupes qui fonctionnent avec un seul songwriter changeaient leurs habitudes et laissaient les autres membres s’exprimer, derrière le micro ou à la composition, cela donnerait naissance à de bien meilleures titres. Et tout le monde s’en porterait mieux.

Sons of an Illustrious Father – Ezra Miller , Lilah Larson et Josh Aubin. Couvertures, Versace Home.

Sons of an Illustrious Father – Ezra Miller , Lilah Larson et Josh Aubin. Chemises, Givenchy.

À lire aussi :

À lire aussi :

Les plus lus

> voir tout

Comment Patrick Cowley a reinventé le disco en inventant la sulfureuse Hi-NRG

Entre les années 1970 et 1980, les premiers pas de la libération homosexuelle et l’arrivée de la pandémie du VIH, la Hi-NRG, un dérivé électronique du disco inventé de toutes pièces par le producteur Patrick Cowley, fait danser les gays dans d’immenses clubs entre San Francisco, New York, Londres et Paris. Histoire d’un courant musical aux effluves de poppers, qui n’aura duré qu’une poignée d’années mais a complètement transformé la pop et la dance music.

Musique

Sound 83 : le nouvau mix de Vittos pour Antidote

L’artiste espagnol, dont le DJ set lors de la Desire Party d’Antidote a révélé tout le talent, est de retour avec un troisième mix exclusif pour MagazineAntidote.com. Listen to the beat.

Musique

Sound 82 : le nouvau mix de Vittos pour Antidote

Après avoir livré un DJ set incandescent lors de la dernière soirée d’Antidote (célébrant la sortie du numéro Desire), et dévoilé un premier mix composé en exclusivité pour notre site la semaine dernière, le jeune virtuose des platines Vittos est de retour cette semaine avec un second mix électronique inédit. Enjoy.

Musique

Sound 81 : le premier mix de Vittos pour Antidote

Après avoir livré un DJ set magnétique lors de la Desire Party célébrant la sortie de notre numéro printemps-été 2020, l’artiste espagnol Vittos s’apprête à dévoiler quatre mixes exclusifs sur Antidote (au rythme d’un par semaine), dont voici le tout premier. À écouter sans modération.

Musique

Bamao Yendé et Le Diouck explosent les frontières avec l’EP « 55 Degrees »

Le patron de Boukan Records dévoile un premier EP enregistré aux côtés de son acolyte Le Diouck, et s’impose définitivement comme le fervent défenseur d’une musique électronique brute, énergique et fiévreuse.

Musique

Interview : le rappeur emo-futuriste Laylow sort un album sur une intelligence artificielle

Persuadé à raison d’évoluer en marge d’un rap français obsédé par les streams, Laylow fait de son premier véritable album, « Trinity », une œuvre radicale où son verbe se fait économe, au service d’un univers extrêmement visuel. L’opus tire son nom d’une intelligence artificielle inventée, conseillant le rappeur dans sa vie émotionnelle. Rencontre.

Musique

lire la suite

> voir tout

Musique

Pourquoi il ne fallait pas rater la Desire Party d’Antidote