Les Pussy Riot dénoncent la politique environnementale de Poutine avec un nouveau clip apocalyptique

Article publié le 10 juillet 2019

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Texte : Naomi Clément.
10/07/2019

Le groupe d’activiste et féministes russes est de retour avec l’engagé « BLACK SNOW ».

Les Pussy Riot ont fait de la musique une arme politique. Depuis leur formation en 2011, le collectif militant, qui s’inspire tout à la fois du groupe de punk rock américain Bikini Kill et du mouvement riot grrrl, n’a cessé de dénoncer les travers de nos sociétés dans des performances et morceaux cinglants. Après « Straight Outta Vagina » (2016), dont les paroles et le clip présentaient le sexe de la femme comme « le sexe fort », après « Can’t Breathe » (2015), qui dénonçait la mort d’Eric Garner et les tueries policières aux États-Unis, les Russes s’attaquent aujourd’hui à la crise écologique avec « BLACK SNOW ».

Introduit par une version horrifique de la chanson pour enfants « London Bridge Is Falling Down », ce nouveau titre (en collaboration avec le rappeur saint-pétersbourgeois MARA 37) pointe du doigt les effets désastreux de la pollution qui détruisent peu à peu les campagnes russes – et le reste du monde. « Cette putain de pluie acide n’a pas cessé de pleuvoir depuis l’année dernière, mes yeux sont corrodés », y chantent-elles.

Pour appuyer leurs propos, leurs Pussy Riot ont partagé un clip à l’ambiance anxiogène et dystopique. Vêtues de masques à gaz et de combinaisons Hazmat, les artistes-activistes y apparaissent telles de véritables survivantes, des rescapées d’un monde perdu (faisant écho à Tchernobyl), désormais uniquement composé de rivières rouge sang, de centrales nucléaires fumantes et de neige fondante.

Un message pour le gouvernement russe

En parallèle de « BLACK SNOW », les Pussy Riot ont publié sur leur site une lettre ouverte adressée à « Poutine et ses copains », qui selon elles laissent prospérer des industries comme Nornickel, une société minière qui déverserait sans vergogne dans les airs et les rivières russes des produits composés de fer, de plomb, de pétrole.

Comme le rapporte Dazed, cette lettre s’accompagne d’images horrifiques témoignant des dommages environnementaux qui affectent notamment Norilsk, la ville natale de Nadya Tolokonnikova (l’une des membres des Pussy Riot). « Quand tu vis à Norilsk, tu ne peux pas sortir de chez toi sans t’emmitoufler dans une écharpe », y explique cette dernière. « Pas seulement à cause du blizzard, mais aussi à cause du dioxyde de soufre qui vient te brûler les yeux, le nez, la bouche et les poumons. »

Ce clip et la lettre qui l’accompagne s’inscrivent dans la continuité des actions politiques opérées en début d’année par les féministes, qui avaient pris d’assaut des forêts proches de Norilsk armées de fumigènes et brandissant des banderoles dénonçant les ravages écologiques subis par notre planète. Décidément de tous les combats, elles sont attendues ce jeudi 11 juillet à Birmingham (Alabama, États-Unis) pour un concert anti-lois avortement dont les recettes seront reversées à des organismes de planification familiale américains.

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