Inspiré du Roi Lion, le nouvel album de Beyoncé se lit comme une “lettre d’amour à l’Afrique”

Article publié le 19 juillet 2019

Texte : Naomi Clément.
Photo : Beyoncé.
19/07/2019

Pour célébrer l’arrivée au cinéma du nouveau Roi Lion, la diva présente un disque porté par ses nombreux featurings avec des artistes africains.

La sortie en salles du remake du Roi Lion, le 17 juillet, était sans aucun doute l’une des plus médiatisées de l’été. Et pour cause : en plus de revisiter un classique du catalogue Disney, le dernier long métrage de Jon Favreau a été interprété par un casting cinq étoiles, composé notamment de Donald Glover (Simba), Seth Rogen (Pumba) mais aussi Beyoncé (Nala). Cette dernière vient d’ailleurs de donner vie à The Lion King: The Gift, un album entièrement inspiré par l’histoire de Simba.

Selon la chanteuse, qui l’a entièrement produit, ce disque a été pensé comme une ode à l’Afrique. Outre la présence de plusieurs grands noms du hip-hop américain, comme Kendrick Lamar, Pharrell Williams, Jay-Z, Tierra Whack, Saint Jhn ou Michael Uzowuru, The Lion King: The Gift est porté par les voix de nombreux artistes africains. Parmi eux : les Nigérians Mr Eazi et Burna Boy, déjà bien installés sur le devant de la scène anglo-saxonne, mais aussi des figures encore peu connues du grand public, telles que le Ghanéen Shatta Wale, la Sud-Africaine Moonchild Sanelly, ou la chanteuse Tiwa Savage, native du Lagos.

« Cette bande-son est une lettre d’amour à l’Afrique, et je voulais m’assurer de trouver les meilleurs talents issus d’Afrique, et non pas juste d’utiliser leurs sons et de les interpréter à ma manière, expliquait Beyoncé à ABC News. Je voulais que ce projet reflète avec authenticité toute la beauté de la musique africaine. » Et le pari est relevé : si certains morceaux s’inscrivent dans les registres pop (« BIGGER », « SPIRIT ») et hip-hop (« MOOD 4EVA ») déjà maîtrisés par l’artiste, d’autres, à l’instar de « FIND YOUR WAY BACK », « DON’T JEALOUS ME » ou « ALREADY », sont marqués par des productions résolument afrobeat.

Certains diront de Beyoncé qu’elle n’a pris aucun risque, l’afrobeat connaissant depuis quelques années un véritable engouement en Occident, notamment en Angleterre. Nombreux sont en effet les artistes britanniques de descendance africaine qui, à l’instar de J Hus, Kojo Funds ou Not3s, ont incorporé à leur ADN hip-hop des sonorités afrobeat, donnant vie à un nouveau genre souvent appelé l’afroswing.

En réalisant cet album, la superstar contribue pourtant à mettre en lumière une scène africaine encore trop largement ignorée par les ondes mainstream américaines, réaffirmant au passage son désir de porter les talents de ce continent. Déjà en 2011, Beyoncé enrôlait les membres de Tofo Tofo, un groupe de danseurs originaire du Mozambique, pour concevoir et interpréter la chorégraphie du clip mémorable de son « Run The World (Girls) ». En 2016, elle a ensuite fait appel à l’artiste nigérian Laolu Senbanjo pour penser le maquillage d’inspiration tribale aperçu dans plusieurs clips tirés de Lemonade

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