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Walker Evans : les visages de l’Amérique au Centre Pompidou

Article publié le 20 mai 2017

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Photo : Walker Evans

Le Centre Pompidou consacre du 26 avril au 14 août 2017 une grande rétrospective au photographe Walker Evans, la première en France.

Dès ses débuts en tant que photographe, Walker Evans (1903-1975) rencontre un succès immédiat qui le mènera à travailler notamment pour les prestigieux Time et Fortune magazine et comme professeur de photographie.

Photographiant tour à tour la classe ouvrière ou la classe moyenne, l’Amérique profonde de la Grande Dépression ou celle grandiose et rayonnante des années 1920, l’effervescence new-yorkaise ou les visages charbonneux des mineurs, il offre un regard à la fois empathique et documentaire sur les évolutions sociales et les décors de son pays.

Présentée de façon chronologique, c’est tout naturellement que l’exposition du Centre Pompidou s’engage sur ses premiers « jeunes » travaux. L’homme – qui rêvait de devenir écrivain – s’inspire de la littérature moderne dans une Amérique post-première Guerre Mondiale en plein bouleversement et propose des clichés abstraits où les jeux d’ombres, de lumières et de réflexions possèdent un rôle central et développent une esthétique faite de noir et blanc lumineux.

Il produit la majeure partie de son œuvre entre la fin des années 1920 et le début des années 1940. En témoin privilégié de l’accession des États-Unis au rang de « Superpuissance », il photographie dans un style vernaculaire (le grand thème de l’exposition) d’abord l’insouciance des années fastes avant le terrible krach boursier de 1929.

Loin de se défiler, Walker Evans part à la rencontre de ceux qui font et défont une Amérique en pleine crise, tout en prenant le temps de s’arrêter capturer sa toile : devantures de boutiques, bords de routes, objets anodins – pense-t-on –, fermes, campagnes, métros. Il parcourt les routes comme d’autres avant-lui à la recherche de visages et de regards marqués par le labeur qu’imposait l’époque. Alors que l’Amérique se rêve en leader du nouveau monde, il propose une poignante vision de ses plus précaires mercenaires.

« Une bonne exposition est une leçon pour le regard », a dit Walker Evans. Celle dont il fait l’objet au Centre Pompidou plus de quarante ans après sa mort ne déroge pas à la règle.

L’exposition Walker Evans est à découvrir au Centre Pompidou de Paris jusqu’au 14 août 2017.

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