Art

8 œuvres à voir à la Fiac

Article publié le 21 octobre 2016

Share :

Photo : Julie Joubert courtesy of Kamel Mennour

Paris se met du 20 au 23 octobre à l’heure de l’art contemporain à l’occasion de la Fiac, fièrement installée sous la nef du Grand Palais. Revue en images de 8 oeuvres à ne pas manquer, de l’ange dévoré de Damien Hirst au nain graveleux de Paul McCarthy.

Sous la majestueuse verrière du Grand Palais et pour la première fois dans l’enceinte du Petit Palais, se sont donnés rendez-vous cette semaine galeristes et artistes venus du monde entier pour présenter leur sélection annuelle d’œuvres. La 43e édition de la Foire Internationale d’Art Contemporain de Paris qui fédère année après année un public d’acheteurs et d’amateurs toujours plus nombreux accueille jusqu’au 23 octobre l’intelligentsia artistique. Les éminentes figures de ce marché ésotérique estimé aujourd’hui à 51 milliards d’euros exposent ici les travaux d’artistes dont la renommée n’est plus à faire et défendent aussi leur lot de découvertes. Et le millésime 2016 est à l’image du secteur : fascinant et scandaleux.

« COLORED VASES » D’AI WEIWEI

Les vases colorés d’Ai Wewei comptent parmi les œuvres les plus emblématiques et subversives de l’artiste contemporain chinois. La couche de peinture régressive de cette série de pots dissimule la patine de motifs datés de plus de 2000 ans, du temps de la dynastie Han. L’artiste défie ici le caractère sacré que l’on attribue aujourd’hui à ces vases quand ils n’étaient à l’époque que de simples objets du quotidien. À découvrir sur le stand de la Lisson Gallery.

« IT’S COOL TO BE FUN » DE CHLOE WISE

Rendue célèbre grâce à sa sculpture de bagel façon sac Chanel que portait l’actrice India Muenez lors d’un événement organisé par la marque à New-York et sur lequel la presse mode avait sauté, l’artiste canadienne Chloe Wise présente cette année à la Fiac sur l’espace du galeriste Almine Rech « It’s Cool To Be Fun ». À deux jours de la fermeture du salon, l’œuvre a déjà trouvé preneur.

« THE FISHERIES » DE MARK DION

Mark Dion est un plasticien américain connu principalement pour ses représentations scientifiques de la faune et de la flore, souvent sous forme de cabinets de curiosités fantaisistes. Il imagine cette année « The Fisheries » qu’il présente avec Nagel Draxler. La scène est surréaliste : à côté du bureau où se négocient avec sérieux la sélection de la galerie, flottent accrochés à un portique de bois une rangée de poissons d’espèce et de tailles différentes.

« ELIZABETH OF FRANCE, QUEEN OF SPAIN » DE KEHINDE WILEY

Le nom de cette œuvre peut paraître au premier abord antinomique avec le sujet peint. Pourtant, dès lors qu’on s’intéresse de plus près au travail de Kehinde Wiley, le titre de « Elisabeth of France, Queen of Spain » prend tout son sens. Cet artiste américain originaire de Los Angeles a fondé son œuvre sur la réinterprétation de chefs d’oeuvres de la peinture et de la sculpture européens en remplaçant les figures classiques de ces travaux par des Afro-américains célèbres ou repérés dans la rue. Ainsi, il reproduisait l’illustre toile de Napoléon du peintre Jacques-Louis David et préférait au conquérant le rappeur Ice-T. Le tableau présenté chez Daniel Templon, inspiré lui d’un tableau de Frans Pourbus le Jeune, est l’une des œuvres majeures de cette 43e édition de la Fiac.

« BE-HIDE » DE ALICJA KWADE

Elle présentait en 2013 chez Kamel Mennour son premier accrochage en galerie. Trois ans plus tard et toujours aux côtés du galeriste parisien, Alicja Kwade trône au beau milieu du Grand Palais avec son œuvre « Be-Hide ». Dévoué à l’interrogation de notre perception primaire des éléments qui nous entourent, son travail bouscule et trouble. Devant ses œuvres, on ne reste pas statique. Elles sont une invitation à se déplacer pour mieux assimiler les mécanismes de l’illusion.

« ANATOMY OF AN ANGEL » DE DAMIEN HIRST

Si l’on ne devait en citer qu’un, ce serait peut-être lui, ou Jeff Koons. L’artiste contemporain Damien Hirst s’est hissé au fil de sa carrière au rang de superstar de l’art contemporain. Il est l’homme des records, un crâne du XVIIIe siècle incrusté de près de 9000 diamants s’adjugeait en 2007 pour 100 millions de dollars chez Sotheby’s à Londres. Sa sculpture de marbre « Anatomy of an Angel », version autopsiée de « L’Hirondelle » d’Alfred Boucher, déploie ses ailes au Petit Palais. Cette critique de la vanité y a paradoxalement trouvé son plus bel écrin.

« OLD COUPLE ON A BENCH » DE DUANE HANSON

Une visite à la Fiac n’est pas envisageable sans un passage par le stand de la galerie Gagosian. L’américain magnat de l’art contemporain expose cette année une sculpture hyper-réaliste de l’artiste Duane Hanson. Baptisée « Old Couple on a Bench », cette réalisation spectaculaire de 1994 fige et transcende un a priori prosaïque couple tout droit issu de la middle class américaine. L’un des arrêts obligatoires de cette 43e édition de la Fiac.

« WHITE SNOW DWARF (BASHFUL) » DE PAUL MCCARTHY

Les quelques irréductibles partisans de l’autoproclamé « Printemps Français » ne s’en sont toujours pas remis. L’ambigu sapin de Noël gonflé 2014 sur la place Vendôme dans le cadre de l’exposition « Hors les Murs » de la 41e édition de la Fiac avait valu à Paul McCarthy bien des critiques – et accessoirement coups et injures xénophobes. Le plasticien américain revient cet automne à Paris avec « White Snow Dwarf (Bashful) » exposé par la Galerie Valois. Et la couleur du pénis qui a poussé au bout de sa manche est étrangement proche de celle du logo de la Manif Pour Tous. On fait la paix ?

La Fiac a lieu à Paris du 20 au 23 octobre 2016.

À lire aussi :

[ess_grid alias= »antidote-home2″]

Les plus lus

> voir tout

Qui est Richard Gallo, pionnier de la performance artistique et sex symbol ?

Sex-symbol de l’underground new-yorkais dans les années 1970, le performeur Richard Gallo a fait de sa manière d’être une œuvre d’art à part entière. Au croisement de la mode, du bodybuilding et du théâtre, sa pratique subversive a transformé la rue en une scène expérimentale, où il exhibait sa musculature parfaite et son vestiaire licencieux mêlant esthétique camp, sado-masochisme et glamour hollywoodien.

Rencontre avec Juan Alvear, le nail artist favori des popstars

Il a réalisé des ongles pour Charli XCX, FKA Twigs, Lil Nas X, Arca, Kelsey Lu ou encore Kim Petras. Juan Alvear, alias @nailsbyjuan.nyc sur Instagram, repousse les limites du nail art et remet en cause les normes policées de la beauté en nous plongeant dans un univers de conte de fée sous acide. Rencontre.

Les algorithmes ont-ils mauvais goût ?

Canal de diffusion essentiel pour les artistes contemporains, le réseau social Instagram est en quelque sorte devenu la première galerie virtuelle internationale. S’affranchissant des intermédiaires traditionnels du marché tels que les commissaires d’expositions ou encore les critiques, l’art 2.0 y prospère. Mais n’est-ce pas au risque de sa propre banalisation ?

Tahar Rahim : « On est en train de foutre en l’air la Terre »

Tahar Rahim a débarqué, il y a dix ans, avec la force et l’évidence d’un uppercut. C’est la révélation d’Un Prophète de Jacques Audiard, qui fait sensation à Cannes en 2009, repartant avec le Grand Prix du Jury, et qui décroche, l’année suivante, neuf Césars dont deux pour son jeune acteur (meilleur acteur et meilleur espoir masculin), ce qui n’était jamais arrivé jusqu’alors. Depuis, Tahar Rahim a multiplié les collaborations, en France comme à l’international. Il est aujourd’hui à l’affiche de The Eddy de Damien Chazelle, une série musicale signée Netflix, sortie le 8 mai 2020, où il joue au côté de sa compagne Leïla Bekhti. Retour sur le parcours, les désirs et les rêves d’un comédien exceptionnel.

Rencontre avec l’artiste Will Benedict, dont l’œuvre reflète l’absurdité du monde contemporain

Il a réalisé une vidéo sur une livreuse Uber Eats dominatrice, un mockumentary (« documentaire parodique », en français) dans lequel des humains nus tombent du ciel, une campagne vidéo apocalyptique pour Balenciaga ou encore des émissions culinaires surnaturelles. Fasciné par l’absurdité humaine, l’artiste américain Will Benedict infiltre la médiasphère et décrypte les codes de l’infotainment avec son humour débridé. Rencontre.

Pourquoi le monde de l’art est-il fasciné par l’adolescence ?

Depuis 2016, la curatrice Julia Marchand explore la fascination pour l’adolescence qu’elle a décelée chez de nombreux artistes via son projet curatorial Extramentale, fondé à Arles. Dans cette interview, elle déroule le fil de sa réflexion sur les connivences toujours plus fortes entre art et teenagehood, alors même que le monde adulte retombe selon elle dans l’adolescence.

lire la suite

> voir tout

Art

Découvrez la quatrième série mode de Ferry van der Nat issue d’Antidote : DESIRE