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L’évènement David Hockney au Centre Pompidou

Photo : David Hockney, Portrait of an artist (Pool with two figures), 1971

L’inclassable peintre et artiste britannique David Hockney célèbre plus de 60 années de créations au Centre Pompidou de Paris, et y fêtera au passage son 80ème anniversaire.

C’est l’exposition que tout le monde attendait cette année. Déjà présentée à la Tate Modern de Londres avant de rejoindre le MET de New York en novembre prochain, le passage parisien peut se targuer de compter une quarantaine de tableaux de plus que son homologue londonien (167 au total), et deux fois plus de superficie que celle de New York.

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David Hockney

Présentée de manière chronologique, l’exposition nous invite à découvrir à chaque nouvelle pièce un morceau de la vie artistique et personnelle de l’artiste. Né d’une famille modeste à Bradford en Angleterre en 1937, il a seulement 11 ans lorsqu’il décide de devenir artiste, il officie alors pour le magazine de l’école où il publie des caricatures et réalise des posters. « Quand j’avais 11 ans, les affiches publicitaires en couleurs constituaient les seules manifestations artistiques dans une ville comme Bradford. Je pensais que celles-ci étaient le seul moyen de gagner sa vie pour un artiste » , confesse-t-il en 1976 dans Hockney by Hockney. En 1954, c’est en brun et âgé de 17 ans qu’il conçoit son collage autoportrait sur papier-journal. L’année suivante, il vend son premier tableau, un portrait de son père, pour la modique somme de 10£.

1961 marque une année charnière dans la vie de David Hockney. Celui qui a déjà adopté un style vestimentaire emprunté à l’excentrique peintre anglais Stanley Spencer (frange, écharpe rouge, blazer bleu, cravate jaune et grosses lunettes) entreprend son premier grand voyage outre atlantique et tombe sur une publicité « Blond have fun ». Il décide alors de se teindre les cheveux en un blond peroxydé qui devient alors sa marque de fabrique : « cette “crinière de cheveux blonds” devint l’élément majeur de son personnage public. En 1962, lorsqu’il commence à attirer l’attention de la presse, ses cheveux teints devinrent un signe d’anticonformisme, de jeunesse (…), un signe de son homosexualité, bien que les médias ne les aient pas interprétés ainsi », analyse Simon Faulkner dans Dealing with David Hockney en 1995.

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Photo : David Hockney, A Bigger Splash, 1967

L’attention des médias acquise, c’est désormais avec son art que David Hockney va éblouir la face du monde. Dans une époque obsédée par l’abstraction, lui s’entête à la représentation : «Il pratique un art pictural figuratif dans un contexte plutôt hostile. Dans la filiation de Matisse, sa peinture veut séduire, faire plaisir, célébrer la beauté et la complexité de la vie, position plutôt marginale à notre époque », explique le commissaire de l’exposition Didier Ottinger. En 1964, il peint sa première piscine, une obsession dans l’œuvre d’Hockney. Trois ans plus tard, il accouche de son chef d’œuvre, A Bigger Splash, une autre piscine peinte en une quinzaine de jours. Le travail de David Hockney nous renvoie à l’éternel rêve américain et à l’hédonisme de la vie californienne, sa lumière et ses couleurs. Il s’inspire aussi bien de Matisse que Bacon, Dubuffet ou même Picasso, peint l’érotisme d’une homosexualité qu’il assumait au grand jour, les grands paysages, et des piscines, beaucoup. Son œuvre, ultra-graphique, prend également des formes multiples : photos, vidéos, dessins, livres, et bien sûr peinture, sa vraie grande passion : « C’est merveilleux de tremper son pinceau dans la peinture, de laisser des taches sur n’importe quoi, même sur une bicyclette. Encore aujourd’hui, je pourrais passer une journée entière à peindre une porte d’une seule et même couleur », confie-t-il d’ailleurs au Figaro.

L’exposition David Hockney est à découvrir au Centre Pompidou jusqu’au 23 octobre.

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