Daniel Lee Antidote

Qui est Daniel Lee, directeur artistique de Bottega Veneta et grand vainqueur des Fashion Awards 2019 ?

Photo : Daniel Lee.
03/12/2019

Encore inconnu du grand public il y a un an, le designer britannique a raflé quatre prix lors de la cérémonie qui se tenait hier soir, à Londres.

Organisée ce mardi 2 décembre au Royal Albert Hall de Londres par le British Fashion Council et animée par l’actrice américaine Tracee Ellis Ross, la dernière cérémonie annuelle des Fashion Awards était marquée par le triomphe du directeur artistique de Bottega Veneta, Daniel Lee. Nominé dans pas moins de quatre catégories, le Britannique a raflé tous les prix pour lesquels il concourait. Couronné « British Designer of the Year Womenswear », « Accessories Designer of the Year » et surtout « Designer of the Year », Daniel Lee a également vu son travail pour Bottega Veneta récompensé via l’attribution du prix « Brand of the Year » à la marque propriété du groupe Kering.

Photo : Daniel Lee.

Pourtant, il y a un peu plus d’un an, lors de sa nomination en juin 2018 à la tête de la maison italienne fondée à Vincence en 1966, le designer était encore un parfait inconnu, tant pour la presse que pour le grand public. Diplômé de la prestigieuse Central Saint Martins en 2011, Daniel Lee a fait ses classes chez Maison Margiela et Balenciaga époque Nicolas Ghesquière. Mais c’est surtout chez Céline, où il officiait comme directeur du prêt-à-porter aux côtés de la vénérée Phoebe Philo, que le designer de 33 ans a aiguisé son vocabulaire stylistique, comparable parfois à celui utilisé par Jonathan Anderson chez Loewe ou Bruno Sialelli chez Lanvin. S’insérant dans la brèche ouverte par le départ de Phoebe Philo de chez Céline, Daniel Lee a su profiter de cette absence pour repositionner Bottega Veneta et en faire l’une des marques les désirables du moment. Succédant à l’Allemand Tomas Maier, resté pendant dix-sept ans aux commandes de la marque (une longévité rare dans la mode), Daniel Lee a su rapidement capter l’intérêt d’une industrie pourtant déjà surchargée en réinterprétant notamment les codes emblématiques de la maison vénitienne tel que l’intrecciato, une technique de tressage.

Ainsi, en à peine quatre collections et deux défilés, certaines de ses créations font déjà figures de classiques. Parmi elles, les bottes de motards issus de son premier défilé pour l’automne-hiver 2019-2020, les mules à bouts carrées ou encore le sac « The Pouch », sa première création pour Bottega Veneta, un nom synonyme d’artisanat et de luxe discret ; l’un des rares d’ailleurs à ne pas se reposer sur une avalanche de créations logotées. Car l’intrecciato fait figure de signature. Revisité par Daniel Lee qui l’a agrandi et transposé à la maille pour créer des pulls ajourés et déconstruits, ce motif quadrillé a également migré sur des escarpins devenus cultes grâce à leur matelassé si exagéré que Diet Prada est allé jusqu’à les comparer à des saucissons. Pour l’été 2020, l’intrecciato était même utilisé en version XXL pour le décor du défilé, visible sous un podium fait de plaques de verre.

Photos : Bottega Veneta. De gauche à droite : automne 2019, pre-fall 2019, été 2020, croisière 2020.

Jouant également sur les textures, les volumes et les rapports d’échelle, le designer né à Bradford dans le Yorkshire semble prêt à faire de Bottega Veneta le nouveau moteur de la croissance du groupe Kering. Et sa consécration à Londres hier soir en est le signe, d’autant qu’elle s’est tenue devant certaines des plus grandes personnalités de l’industrie dont Naomi Campbell, sacrée « Fashion Icon », Giorgio Armani, reparti avec l’award du « Outstanding Achievement », Remo Ruffini, PDG de Moncler sacré meilleur « Business Leader » ou encore Donatella Versace, présente pour annoncer que le prix du « British Designer of the Year Menswear » était décerné à Kim Jones (absent car actuellement à Miami où il s’apprête à présenter la collection homme automne 2020 de Dior). Sans oublier Rihanna, qui a remporté le prix de la catégorie « Urban Luxe » pour son label Fenty lancé en mai dernier sous l’égide de LVMH, ou encore l’Australo-Soudanaise Adut Akech, repartie avec avec l’award du mannequin de l’année.

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