Rick Owens, la mémoire mystique de Joseph Beuys.

C’est seulement récemment que Rick Owens a compris l’origine de l’un de ses gestes les plus iconiques. Après des années à enrouler ses bottes dans un entrelacs de lacets formant un pentagramme — une signature devenue emblématique de ses défilés — le créateur vient de réaliser que cette idée n’était pas née du néant. « Je pensais l’avoir inventé, » confie-t-il, « mais j’ai découvert que mon méga-laçage était en réalité un souvenir de la botte portée par Joseph Beuys dans sa performance de 1965 How To Explain Pictures To A Dead Hare. » Une révélation survenue juste avant le lancement de sa nouvelle collaboration avec Dr. Martens, comme si les esprits s’étaient alignés.

Rick Owens se lance sur OnlyFans avec un compte dédié à ses pieds, au profit de la Fondation d’Allanah Starr.

Alors que le travail de Rick Owens fait actuellement l’objet d’une rétrospective au Palais Galliera baptisée « Temple of Love », le créateur américain a trouvé une nouvelle manière de promouvoir l’amour et de lutter contre la haine. Sur la plateforme de contenus NSFW OnlyFans, il a ouvert un compte afin d’y partager des photos de ses pieds, tatoués des mots « so cunt ». Une manière de ravir les fans de mode fétichistes des pieds mais aussi de récolter de l’argent pour la bonne cause. En effet, comme l’indique la bio de son compte, 100% des recettes récoltées grâce aux abonnements (5$ par mois) permettant d’accéder à ce contenu seront reversées à la Allanah Foundation. Fondée par l’artiste transgenre Allanah Starr, coverstar d’Antidote en 2019, l’organisation offre des bourses et des programmes de mentorat aux artistes émergent·e·s, en particulier issu·e·s de groupes marginalisés. Une manière aussi pour Rick Owens de s’interroger sur son rapport à la vieillesse : cette démarche lui ayant été inspirée par la Comtesse de Castiglione, une mondaine du XIXème siècle et pionnière de la photographie qui, lasse d’être prise en photo en vieillissant, décida de ne plus photographier que ses pieds.

Baptême fashion dans les fontaines du Palais de Tokyo : Rick Owens signe à nouveau un show spectaculaire.

Au Palais de Tokyo, Rick Owens signe un nouveau show spectaculaire, où les silhouettes plongent littéralement dans l’eau avant de ressurgir trempées. Baptême gothique, introspection sur la gloire et la mort, hommage à son propre parcours… Dans cette collection faite de nylon, denim, soie et cuir, Rick Owens explore son ADN : un « elegant sleaze » radical, où shorts découpés, vestes effilochées et capes de cuir frangées composent un vestiaire théâtral et brutal, sublimé par la mise en scène aquatique.

Que faut-il retenir de la Fashion Week de Paris été 2020 ?

Des cols oversized aux hommes en talon en passant par le premier défilé du label sud-coréen Kimhékim au sein du calendrier officiel, voici ce qu’il ne fallait pas manquer lors de la dernière Fashion Week de Paris printemps-été 2020.

La mode nous prépare-t-elle à la fin du monde ?

Depuis plusieurs saisons, un air chaotique souffle sur les podiums. Vêtements de protection, inspirations militaires, scénographies façon décors de films de science-fiction dystopiques : la mode puise dans les craintes de notre époque et s’en fait l’exutoire. Préférant d’ordinaire fuir le monde réel en créant une bulle source de fantasmes, chercherait-elle cette fois à nous ouvrir les yeux ?

Les marques de mode cherchent-elles encore à faire scandale ?

Du défilé « Scandale » d’Yves Saint Laurent aux pénis exhibés chez Rick Owens en 2015, les polémiques collent à la peau de la mode, c’est un fait. Pourtant, si elles ont pu être manipulées à des fins médiatiques par l’industrie, celle-ci commence à prendre ses distances depuis qu’elles menacent de provoquer des sanctions économiques sans précédent, suite à la viralité des dénonciations sur les réseaux sociaux.

Pourquoi la mode se passionne pour le « Camp »

Depuis quelques saisons, l’esthétique camp qui mélange kitsch, mauvais goût et extravagance s’est emparée du monde de la mode. Une réponse à la morosité ambiante dans un monde saturé d’images et d’informations.

Comment la mode fétichiste brise les tabous liés au genre et à la sexualité

Longtemps marginalisé, le fetishwear s’est inscrit ces dernières années comme l’une des tendances les plus marquantes du monde de la mode, au point d’infiltrer le marché grand public. Au-delà de sa dimension esthétique, ce mouvement est aujourd’hui porté par une génération de designers qui veut nous libérer de nos tabous sexuels.