Quand tout le monde dit ce qu’il voit. La mode sous jugement permanent.

Jean Paul Gaultier par Duran Lantink, premier défilé du designer pour la maison. Le show n’est pas encore terminé que la toile s’enflamme déjà. Très vite, les commentaires s’écrivent par centaines.  Visiblement, ça n’a pas plu à beaucoup. Personnellement, j’ai trouvé ça  beau, pas tout, mais suffisamment pour saluer son talent. Sous l’effet du flux, des opinions qui s’accumulent et des algorithmes, à tort ou à raison, un doute s’installe en moi. Mon avis est-il juste ? Par conviction ou par esprit de contradiction, je suis déterminé à  ne pas participer à cette vague d’influence négative.  Cette  unanimité numérique destructrice m’a frappé, traversant toutes les  typologies  de commentateurs : journalistes, influenceurses, amateurices de mode.  C’est comme si, en ligne, il ne pouvait plus y avoir de nuance. Tout doit être tranché, immédiat, validé ou rejeté.

Le Big Bang de Chanel par Matthieu Blazy.

Sans conteste le plus attendu de la saison SS26, le tout premier détilé Chanel par Matthieu Blazy, venu de Bottega Veneta, semble être parvenu à relever le niveau d’une Fashion Week pour beaucoup décevante. Entre tweed repensé, artisanat arty, et silhouettes incarnant l’esprit mi-élégant, mi-décontracté de Gabrielle Chanel, la collection dévoilée sous un système solaire, fait office de véritable big bang pour la maison française.