Rencontre avec Corine Sombrun, défenseuse des vertus de la transe

Article publié le 12 novembre 2021

Texte : Sophie Abriat. Article extrait d’Antidote Karma Issue Hiver 2021-2022.

En 2001, en Mongolie, Corine Sombrun reçoit « l’étincelle chamanique » alors qu’elle entre subitement en transe lors d’une cérémonie rituelle. Une révélation totalement inattendue, suivie d’une longue formation qu’elle poursuit tout en collaborant en parallèle avec des chercheur•ses afin de démontrer que la transe est un phénomène cognitif. Par-delà la quête de ses vertus thérapeutiques, l’autrice s’interroge également sur son impact à l’égard de notre rapport au vivant et au sacré.

Il y a 20 ans, la journaliste Corine Sombrun assiste, en Mongolie, à une cérémonie chamanique dans le cadre d’un reportage pour BBC World. Alors que le tambour du chaman Balgir résonne jusqu’à ses oreilles, son corps commence à trembler, puis la journaliste se met à frapper ses cuisses. « J’ai senti un son sortir de ma gorge. Comme un cri de loup. Très fort, très puissant… », écrit-elle dans son dernier ouvrage, La Diagonale de la joie (Albin Michel, 2021). L’autrice perd le contrôle de ses gestes et la perception de son corps est modifiée. Elle a la sensation d’avoir un museau, des pattes et des griffes. Pour le chaman qui préside la cérémonie, cela ne fait aucun doute : Corine Sombrun vient d’être désignée par les esprits pour devenir elle-même une chamane et reçoit ce jour-là « l’étincelle chamanique ». Balgir l’enjoint alors de développer son don avec une chamane du peuple Tsaatan nommée Enkhetuya. D’abord réticente, Corine Sombrun finit par accepter. Pendant plusieurs années, elle suit une formation à l’issue de laquelle elle accède au statut d’udgan – terme qui désigne les femmes ayant reçu le don et l’initiation aux traditions chamaniques mongoles. Rapidement, elle reconnaît dans ses expériences de transformation certaines caractéristiques de la transe, qui facilite l’accès à un état modifié de conscience. Rationnelle, Corine Sombrun veut en savoir plus et entend démontrer, avec l’aide de la science, qu’il s’agit là d’un phénomène cognitif et non de l’expression d’un phénomène culturel lié à la tradition chamanique. Dans le but d’élargir le spectre de la connaissance scientifique, elle se prête à de multiples études menées sur son cerveau, de l’électroencéphalogramme à l’imagerie cérébrale par IRM et apprend à déclencher l’état de transe par sa seule volonté en perfectionnant sa méthode. Plus tard, en 2019, Corine Sombrun crée avec le professeur Francis Taulelle, directeur de recherche au CNRS, le TranceScience Research Institute, qui regroupe une équipe internationale de chercheur·se·s spécialisé·e·s dans différents domaines. Après 20 ans de recherche, il est prouvé que la transe correspond à un mode de fonctionnement potentiel du cerveau, au même titre que l’état méditatif. L’étendue des vertus thérapeutiques qui en découlent reste cependant encore à découvrir ; tout comme ses implications philosophiques dans la connaissance de soi et le rapport au vivant.
ANTIDOTE : Quels souvenirs gardez-vous de votre première transe en Mongolie ?
CORINE SOMBRUN : De la surprise, de la peur, de la honte, mais aussi de l’incompréhension. Je me demande pourquoi ma culture n’a pas été capable de me prévenir que cela pouvait arriver. Cette expérience a vraiment bousculé toutes mes certitudes. Le rapport que ces populations ont conservé avec l’invisible est extraordinaire. En Occident, nous l’avons totalement perdu.
Quel est le rôle d’un·e chaman·e au sein de la société mongole ?
Il·Elle y assure le lien entre le monde des esprits et celui des humains. Dans l’écosystème traditionnel tsaatan, ce rapport à l’invisible est fondamental. La transe permettrait d’accéder à ce monde des esprits et ainsi d’obtenir des informations qui vont être utiles à la communauté. Les esprits sont perçus comme les gardiens de l’harmonie globale, on ne prend pas de décisions sans les consulter, au risque de créer des dissonances. L’être humain n’est pas capable, seul, de mesurer les conséquences de ses actes.

Dans votre livre Les Tribulations d’une chamane à Paris (Albin Michel, 2009), vous racontez votre retour en France après votre apprentissage des rituels chamaniques. Vous dites alors avoir l’impression d’être dotée d’un « port infrarouge » capable de recevoir la carte de visite « vibratoire » des gens. À ce moment-là, vous sentez-vous chaman·e ?
Non, pas du tout. Je ne me suis jamais retrouvée dans ce terme et j’estime que ce serait une usurpation si je l’utilisais. Je ne fais d’ailleurs aucune consultation. Je me concentre sur la transe comme une pratique qui permet une amplification cognitive. Nos recherches ont permis de démontrer que ces capacités sont en sommeil chez chacun·e de nous mais ne sont que peu sollicitées, voire pas du tout. Le chamanisme s’inscrit dans une culture et des rituels bien particuliers.
À votre retour, vos proches vous sollicitent pour des demandes en tout genre (trouver l’amour, guérir d’un cancer, d’une dépression, etc.). Comment réagissez-vous à l’époque ?
En France, mon expérience vécue en Mongolie a suscité deux réactions diamétralement opposées : certain·e·s ont pensé que j’étais dingue ; d’autres se sont à l’inverse imaginé·e·s que je pouvais les aider à résoudre tous leurs problèmes… Dans les deux cas, les gens y croient ou vous rejettent sans se poser de questions, c’est regrettable.
Pourquoi avez-vous voulu en savoir plus d’un point de vue scientifique sur la transe ? Est-ce parce que vous redoutiez de croire en quelque chose d’a priori non rationnel ? Dans Les Tribulations d’une chamane à Paris, vous écrivez que « moins on a la preuve de l’existence de quelque chose, plus on peut y croire ».
Avec mes quelques années de pratique en Mongolie, j’ai compris à quel point l’état de transe était intéressant, dans la mesure où je ressentais moins la douleur, j’avais plus de force, je recevais plus d’informations. Et puis, un phénomène de dissociation me permettait de découvrir de moi-même quelque chose de différent de ce que je percevais d’habitude. J’ai pensé qu’il était temps de prendre ces phénomènes au sérieux. En Occident, pour cela, il n’y a qu’une façon de faire : passer par la science. En 2001, on disait des chamanes qu’ils étaient des simulateur·rice·s. À cette époque, c’était la position majoritaire des anthropologues, qui affirmaient que la transe était une forme de théâtralisation. Or, je ressentais un changement profond de mon comportement, je savais que c’était lié à l’effet du son du tambour sur mon cerveau. Je voulais qu’on arrête de dire ces bêtises et la seule solution était de recourir aux sciences « dures ». Je me suis prêtée à de nombreuses investigations, menées en utilisant les méthodes EEG et IRM, pour permettre l’observation et la compréhension de ces phénomènes.

« Des études anthropologiques ont montré que sur 480 sociétés traditionnelles étudiées dans le monde, 90 % ont une forme institutionnalisée de pratique de la transe. Il n’y a qu’en Occident qu’on ne l’utilise plus. »

Lorsque vous avez cherché à en savoir plus d’un point de vue scientifique en France, on a d’abord considéré vos symptômes comme pathologiques. Vous vous êtes heurtée à un scepticisme radical. Comment expliquez-vous que la science n’ait pas jusqu’alors étudié sérieusement ce phénomène de transe ?
Au départ, mon médecin m’a quand même donné les coordonnées d’un psychiatre ! La transe est connotée comme quelque chose de psychopathologique, elle est perçue comme une bizarrerie. Elle peut aussi faire peur, il m’arrive encore de recevoir des menaces. Il faut se replonger 30 ans en arrière : quand on parlait de méditation comme d’une pratique sectaire. En France, le corps médical est particulièrement sceptique, plus qu’en Suisse, en Belgique ou au Canada, où l’étude de ces phénomènes est mieux acceptée. Cependant, le doute est bénéfique, il permet d’interroger les certitudes. D’ailleurs, je doute beaucoup moi-même. Mais une fois que les hypothèses sont validées scientifiquement, on est alors certain·e de quitter le domaine des croyances. À ce jour, nous avons démontré beaucoup d’éléments et mon travail consiste à former des professionnel·le·s de santé, dont des psychiatres, à la transe.
En dehors de la transe cognitive auto-induite, par quelles autres manières peut-on entrer dans cet état ?
Par la danse, les percussions, des techniques de respiration, la prise de plantes psychoactives (ayahuasca, iboga, peyotl) ou encore des substances de synthèse. Des études anthropologiques ont démontré que sur 480 sociétés traditionnelles étudiées dans le monde, 90 % ont une forme institutionnalisée de pratique de la transe. Il n’y a qu’en Occident qu’on ne l’utilise plus, ce qui ne veut cependant pas dire qu’on ne l’a pas utilisée. Les sorcières ou les druides ont probablement eu recours à la transe, mais on en a perdu la trace.

Aujourd’hui, on consulte des horoscopes ou des voyantes…
L’humain a besoin de croire en ces choses, ça le rassure. C’est le mécanisme d’illusion de contrôle : quand on a peur de ne pas maîtriser une situation, on enfile notre T-shirt porte-bonheur, ça fait partie de notre construction psychologique. Tout le monde a besoin de croire que quelque chose de magique peut se passer quand on éprouve des difficultés.
Pourquoi les autorités soviétiques ont-elles voulu éradiquer le chamanisme en Sibérie ?
Le chamanisme, comme le bouddhisme, était considéré comme impropre à la modernité. Pendant la période communiste, les chaman·e·s et les moines bouddhistes ont été assassiné·e·s ou enfermé·e·s. La pratique du chamanisme a alors été totalement interdite.
Depuis, les recherches scientifiques orchestrées sous votre impulsion ont permis de démontrer que si la transe produit une forme de dissociation, elle n’est en rien pathologique.
Oui, tout à fait. En 2007, j’ai rencontré le neuropsychiatre Pierre Flor-Henry, de l’Alberta Hospital d’Edmonton, au Canada, qui a réalisé les premiers électroencéphalogrammes de mon cerveau en transe. Dix ans plus tard, il a présenté les résultats dans une publication scientifique. Selon ses données, la transe modifie les circuits du fonctionnement cérébral, sans être pathologique.
Pourquoi a-t-il fallu autant de temps pour aboutir à cette conclusion ?
Il fallait justement sortir de l’idée que la transe était soit une pathologie, soit une mise en scène. Les avancées des études sur la méditation et l’hypnose ont tout d’abord permis de faire évoluer les mentalités. Ensuite, nous avons réussi à démontrer que la majorité des gens pouvaient accéder à la transe via les outils que nous avions développés.
Comment avez-vous pu prouver cela ?
En Mongolie, on estime qu’environ 0,001 % de la population accède à la transe. Ces personnes sont considérées comme chaman·e·s, soit une trentaine sur trois millions d’habitant·e·s. Comme les études ont montré que mon cerveau était dans les normes, je me suis dit que le son du tambour, utilisé dans les cérémonies pour permettre au·à la chaman·e d’accéder à la transe, n’était pas suffisamment efficace pour provoquer une transe chez la majorité des gens. J’ai donc décidé de mettre au point des outils sonores plus performants.
Ce sont vos fameux « soundloops » ?
Oui c’est cela : des boucles de sons modélisés avec des chercheur·se·s qui ne ressemblent plus du tout à du tambour et qui sont travaillées de manière à produire un effet sur le cerveau. La première fois que nous les avons testées, c’était sur un public non averti : des étudiant·e·s aux Beaux-Arts de Nantes ; 80 % d’entre eux·elles ont vécu une transe telle que je l’avais vécue en Mongolie, avec plus ou moins de profondeur, bien sûr, car chacun·e vit des transes différentes. Nous avons ensuite amélioré nos outils et aujourd’hui 90 % des sujets à qui nous les faisons écouter accèdent à une forme de transe. Certains cerveaux résistent, mais on ne sait pas encore pourquoi. Les quelques pistes explorées doivent encore être prouvées.
Aujourd’hui, enseignez-vous la transe cognitive auto-induite ?
Oui, à travers le Trancelab Training Institute, dédié à la formation à la transe cognitive auto-induite. Nous sommes encore très peu nombreux·ses à pouvoir réaliser des formations. Nous formons en priorité des médecins, des chercheur·se·s et des psychiatres qui, en vivant des transes, vont pouvoir en étudier les applications thérapeutiques.
Concrètement, à quoi sert la transe cognitive auto-induite ?
L’utilisation est propre à chacun·e, mais on note deux grands axes : d’abord, une transformation des processus internes. Si on a vécu des traumas, la transe permet de les faire ré-émerger, de les retraverser et de les transformer à partir de ce nouveau vécu pour, in fine, les réparer. Ensuite, elle permet d’accéder à une perception différente de l’environnement. C’est l’axe « interaction ». Le cerveau étant moins focalisé sur la réflexion, la sensation de connexion avec l’environnement est amplifiée, un peu comme lorsqu’on va se promener en forêt et qu’on a tout d’un coup l’impression que tout s’ouvre autour de nous… Cela permet de réaliser à quel point collaborer avec le vivant est important. Tout ce qui nous entoure peut nous apprendre quelque chose. La vision occidentale égocentrée, qui nous fait croire qu’on est les maîtres·ses du monde, est transformée quand on vit ces états modifiés de conscience. Plus on les amplifie, plus on développe une relation horizontale avec notre environnement. On gagne en humilité.

« Si on a vécu des traumas, la transe permet de les faire ré-émerger,  de les retraverser et de les transformer à partir de ce nouveau vécu pour, in fine, les réparer. »

Pour les chaman·e·s, l’édifice religieux, l’espace sacré, c’est la nature. Dans La Diagonale de la joie, vous écrivez que « nous sommes devenus trop bruyants, trop voyants, trop arrogants pour avoir encore l’humilité d’écouter simplement le vivant ». La pratique de la transe à l’échelle collective a-t-elle un rôle à jouer dans notre reconnexion au vivant ?
La pensée analytique nous fait prendre des décisions dont on mesure peu les conséquences, notamment d’un point de vue écologique. L’intelligence plus intuitive est une sorte de boussole qui nous permet de mieux discerner les conséquences de nos actes. On réalise alors l’absurdité de notre société – qui n’a plus les pieds sur terre –, car la transe redonne accès au sens de la vie. Globalement, elle permettrait d’avoir une société moins égocentrée et donc plus ouverte à son environnement.
Vous écrivez, dans Les Tribulations d’une chamane à Paris : « J’ai découvert que mes rêves d’Occidentale, ma notion de réussite sociale n’intéressaient absolument pas Enkhetuya. » Vous questionnez la place très importante de l’ego dans notre société et notre état de dépendance vis-à-vis de la consommation. Pensez-vous que les Occidentaux·les manquent de spiritualité ?
Oui, mais ce n’est pas notre faute, étant donné qu’on n’a rien d’autre que ce plaisir-là, celui de consommer. On parle d’isolement, mais en quoi est-on isolé·e ? On l’est dans notre mental, dans notre égocentrisme. Dès qu’on vit des états de transe, on est connecté·e à l’ensemble. Si je vois un sac dans un magasin et que je me saigne pour réussir à me le payer, qu’est-ce que je vais vivre après ? Quelles seront les conséquences de cet achat compulsif, qui est juste là pour compenser le mal-être dans lequel je me trouve ? J’ai vécu en transe des expériences extatiques et de spiritualité extraordinaires, donc c’est sûr, ça remet en perspective nos priorités. Après ça, le sac, on s’en fiche, car on a vécu des choses tellement belles, tellement riches que l’on ressent de la gratitude pour son environnement, pour soi-même. Cette gratitude est vraiment la source de la joie. Celle qu’on peut ressentir quand on voit une aurore boréale. On est tous·tes en lien, en interdépendance et c’est beau de ressentir cette connexion.
Vous sentez-vous parfois en décalage ?
Non, dans la mesure où chacun évolue à sa vitesse. Je comprends ce décalage, car notre société a formaté des humains qui ont ce programme-là, mais maintenant, il est temps de passer à autre chose, de développer toutes nos intelligences.

Vous racontez que la chamane Enkhetuya a commencé à construire un camp en 2010, avec de petits chalets loués par des Occidentaux·les venu·e·s « faire du chamanisme ». Aujourd’hui, plus de 3 000 chaman·e·s se disputent la manne que représente ce tourisme. Enkhetuya ne s’est-elle pas elle-même éloignée des principes qu’elle a vous dispensés ?
Non, elle ne s’en pas éloignée, car pour elle-même, elle continue toujours de pratiquer les rituels de la même façon ; en revanche, les Mongol·e·s se sont adapté·e·s au tourisme et il·elle·s n’ont pas résisté à l’envie et au besoin de gagner de l’argent. Il·elle·s sont devenu·e·s à leur tour dépendant·e·s des produits de consommation. C’est la mondialisation qui a induit ça. Il·elle·s continuent pour eux·elles-mêmes à respecter les traditions ; en revanche, pour les touristes, il·elle·s s’adaptent tout en acceptant la manne d’argent que cela représente. Leurs enfants ont envie d’avoir des téléphones portables et eux·elles veulent plus de confort, des maisons, des voitures… C’est inéluctable, aucune culture n’a résisté à ça ! C’est la même chose en Amazonie. L’endroit où j’ai reçu mon initiation chamanique a totalement changé. Les camps pour touristes se succèdent et des jet-skis sillonnent le lac. Tout le paysage a été massacré, quand j’ai vu ça j’ai pleuré pendant deux jours.
Quel regard portez-vous sur la jeunesse, qui s’intéresse aux questions de l’écologie et de la spiritualité ? Sommes-nous en train de faire un chemin inverse par rapport à ce qui se passe en Mongolie, comme si on déconstruisait la matière avec laquelle on a été formaté·e ?
Les jeunes ont compris qu’on avait abusé de la société de consommation en Occident, on commence à réaliser que ce n’est pas ça qui nous rend heureux·se·s ; au contraire, ça nous rend dépendant·e·s de biens matériels. Les jeunes sont dans une quête de sens et je suis optimiste pour la suite, car ils·elles ont compris quelque chose que les Mongol·e·s et les sociétés traditionnelles n’ont pas encore saisi… La jeunesse a besoin de vivre pour quelque chose qui a du sens et qui soit bénéfique pour la communauté, pas uniquement pour gagner de l’argent. Quelque chose change. La crise sanitaire accélère d’ailleurs cette prise de conscience. Elle nous a permis de réaliser à quel point la nature nous manque et à quel point les vraies relations sociales nous ont fait défaut durant cette période. Elle a mis le doigt sur ce qu’on a trop longtemps négligé. Intellectuellement, on savait tout ça, mais là, ça nous a permis au moins d’en prendre conscience dans notre chair. Avec peut-être l’espoir d’un monde plus conscient.
Est-ce qu’on vous contacte pour tester la transe auto-induite ? J’imagine que beaucoup de gens doivent avoir envie d’essayer…
Il y a énormément de demandes, mais pas encore assez de formateur·rice·s pour pouvoir y répondre, ce qui viendra peut-être un jour. Ce qu’on veut, c’est faire en sorte que les gens découvrent ça en sécurité, le fassent dans un cadre éthique. Je dis toujours « on ne va rien vous apprendre, parce que cet état de transe on l’a tous·tes déjà vécu au moins dans les situations d’urgence ou dans les moments d’inspiration ». On ne va pas vous faire découvrir cet état de conscience, on va vous apprendre à le solliciter à volonté, c’est le principe de la formation. Il est ensuite nécessaire de s’entraîner, il faut en moyenne deux mois pour être capable d’auto-induire facilement une transe. On leur apprend également à en sortir sans risques.
Est-ce que la science peut toujours tout expliquer ?
La science est encore loin de pouvoir expliquer ces phénomènes ! On peut observer des changements de signatures cérébrales dans le cerveau, ça montre qu’il se passe quelque chose, mais on ne comprend pas pourquoi ça se passe. Il faudra encore des années de recherche, autant que pour la méditation et l’hypnose.

 

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