Lantink nous donne à voir, et c’est à prendre ou à laisser.
Marlene Dietrich n’a jamais demandé la permission. Actrice, icône, figure queer bien avant que le terme ne circule, elle portait le smoking non pas pour ressembler à un homme, mais pour n’avoir à ressembler à personne. À une époque où cela relevait encore du scandale, elle assumait ses relations avec des femmes avec une désinvolture rare. C’est cette figure que Lantink convoque.
Dans sa garde-robe, un vieux t-shirt imprimé de son visage lance la collection. À partir de là, tout s’organise autour de ce qu’elle représentait : brouiller les codes, déplacer les rôles, retourner les clichés.

Tout l’ADN de la maison est là. Sans la révérence.
Le défilé a eu lieu le 8 mars. Le trio est clair : Lantink, Dietrich, la Journée internationale des droits des femmes. Dietrich devient ici une figure tutélaire. Une femme libre et puissante, qui a marqué son époque par sa défiance envers les normes. Ce n’est pas un hasard. Lantink choisit une femme qui refusait les cases le jour même où l’on rappelle qu’elles existent encore.

Dans un moment où la mode marche sur des œufs, où une erreur peut devenir fatale, et où l’on cherche plus facilement l’unanimité qu’une idée, Lantink avait commencé par provoquer la division. Ce n’était pas une erreur. C’était une position.
Ses débuts chez Jean Paul Gaultier avaient divisé. Certains y voyaient une provocation gratuite, d’autres un souffle nécessaire. Cette saison, la question ne se pose presque plus. Lantink a trouvé son rythme chez Gaultier. Un terrain où brouiller les genres n’a jamais été une provocation, mais une tradition.