Le pop d’Antonioni à la Cinémathèque

Article publié le 29 avril 2015

Share :

À l’occasion du centième anniversaire de la naissance du réalisateur italien, « Antonioni, aux origines du pop » a été inaugurée dans sa ville natale de Ferrare en 2012. Trois ans plus tard, la voici à la Cinémathèque française.
Accompagnée d’une rétrospective de sa carrière, l’exposition propose une jolie sélection de photos, lettres, scénarii, peintures et autres extraits vidéo de l’œuvre du cinéaste. Classique, certes, mais efficace. La scénographie rend honneur à la vivacité de son cinéma : il s’agit d’un parcours dans une seule et même salle, toute en longueur. Dès l’entrée, une toile de Julian Schnabel nous met en confiance : « Antonioni was here ». Ce ne sera pas la seule : l’événement est ponctuée d’œuvres de Mark Rothko ou de Philippe Parreno. Un dialogue s’instaure alors entre elles et le travail d’Antonioni.

À chaque mur sa couleur, à chaque couleur son film culte ou son époque décisive. La Notte, l’Éclipse, Zabriskie Point, et bien sûr, le manifeste Swinging London, Blow-Up. Pour la petite anecdote, la jeune Jane Birkin y fait scandale en s’y montrant seins nus… Une plongée brève mais intense dans l’univers d’un cinéaste curieux, sensible et nomade, qui trouva finalement une certaine forme de sérénité dans la peinture.

Jusqu’au 19 juillet 2015, « Antonioni aux origines du pop » à la Cinémathèque française, 51, rue de Bercy, 75012 Paris

Un texte de Sophie Rosemont

Les plus lus

> voir tout

Qui est Richard Gallo, pionnier de la performance artistique et sex symbol ?

Sex-symbol de l’underground new-yorkais dans les années 1970, le performeur Richard Gallo a fait de sa manière d’être une œuvre d’art à part entière. Au croisement de la mode, du bodybuilding et du théâtre, sa pratique subversive a transformé la rue en une scène expérimentale, où il exhibait sa musculature parfaite et son vestiaire licencieux mêlant esthétique camp, sado-masochisme et glamour hollywoodien.

Rencontre avec Juan Alvear, le nail artist favori des popstars

Il a réalisé des ongles pour Charli XCX, FKA Twigs, Lil Nas X, Arca, Kelsey Lu ou encore Kim Petras. Juan Alvear, alias @nailsbyjuan.nyc sur Instagram, repousse les limites du nail art et remet en cause les normes policées de la beauté en nous plongeant dans un univers de conte de fée sous acide. Rencontre.

Les algorithmes ont-ils mauvais goût ?

Canal de diffusion essentiel pour les artistes contemporains, le réseau social Instagram est en quelque sorte devenu la première galerie virtuelle internationale. S’affranchissant des intermédiaires traditionnels du marché tels que les commissaires d’expositions ou encore les critiques, l’art 2.0 y prospère. Mais n’est-ce pas au risque de sa propre banalisation ?

Tahar Rahim : « On est en train de foutre en l’air la Terre »

Tahar Rahim a débarqué, il y a dix ans, avec la force et l’évidence d’un uppercut. C’est la révélation d’Un Prophète de Jacques Audiard, qui fait sensation à Cannes en 2009, repartant avec le Grand Prix du Jury, et qui décroche, l’année suivante, neuf Césars dont deux pour son jeune acteur (meilleur acteur et meilleur espoir masculin), ce qui n’était jamais arrivé jusqu’alors. Depuis, Tahar Rahim a multiplié les collaborations, en France comme à l’international. Il est aujourd’hui à l’affiche de The Eddy de Damien Chazelle, une série musicale signée Netflix, sortie le 8 mai 2020, où il joue au côté de sa compagne Leïla Bekhti. Retour sur le parcours, les désirs et les rêves d’un comédien exceptionnel.

Rencontre avec l’artiste Will Benedict, dont l’œuvre reflète l’absurdité du monde contemporain

Il a réalisé une vidéo sur une livreuse Uber Eats dominatrice, un mockumentary (« documentaire parodique », en français) dans lequel des humains nus tombent du ciel, une campagne vidéo apocalyptique pour Balenciaga ou encore des émissions culinaires surnaturelles. Fasciné par l’absurdité humaine, l’artiste américain Will Benedict infiltre la médiasphère et décrypte les codes de l’infotainment avec son humour débridé. Rencontre.

Pourquoi le monde de l’art est-il fasciné par l’adolescence ?

Depuis 2016, la curatrice Julia Marchand explore la fascination pour l’adolescence qu’elle a décelée chez de nombreux artistes via son projet curatorial Extramentale, fondé à Arles. Dans cette interview, elle déroule le fil de sa réflexion sur les connivences toujours plus fortes entre art et teenagehood, alors même que le monde adulte retombe selon elle dans l’adolescence.

lire la suite

> voir tout

Art

Découvrez la quatrième série mode de Ferry van der Nat issue d’Antidote : DESIRE