Plus d’un milliard de streams sur Spotify : qui est D4vd, le nouveau prodige de l’indie pop ?

Article publié le 1 décembre 2023

Texte : Rachid Majdoub. Tenues : Saint-Laurent par Anthony Vaccarello. Photographe et styliste : Yann Weber. Coordination mode : Mathéo Ferreira. Assistant.e Styliste : Abla Sbihi. Technicien : Alexandre. Production : Aurea Productions.

D4vd n’est pas un artiste comme les autres. On peut le situer entre un Frank Ocean et un Steve Lacy, mais sa musique est unique et hybride. À 18 ans seulement, le chanteur américain repéré et signé par le label de Billie Eilish a entièrement composé son premier projet, Petals to Thorns, sur son téléphone, depuis le placard de sa sœur. Et ses premiers succès ne tardent pas : « Here With Me » et « Romantic Homicide » parcourent désormais le monde, en
D4vd n’est pas un artiste comme les autres. On peut le situer entre un Frank Ocean et un Steve Lacy, mais sa musique est unique et hybride. À 18 ans seulement, le chanteur américain repéré et signé par le label de Billie Eilish a entièrement composé son premier projet, Petals to Thorns, sur son téléphone, depuis le placard de sa sœur. Et ses premiers succès ne tardent pas : « Here With Me » et « Romantic Homicide » parcourent désormais le monde, en streaming comme en tournée. Adoubé par SZA et rêvant de collaborer avec Drake – à qui il a envoyé un DM au cours de cette interview –, D4vd nous envoûte dès ses débuts. Si un bel avenir l’attend, il vit au présent ; un présent teinté de romantisme, de roses blanches dépourvues de sang, et de gaming : car si D4vd a débuté la musique pour habiller ses streams de ses propres bandes-son, il compte toujours devenir le meilleur joueur de Fortnite au monde, tout en chantant ses amours à plein temps. 

RACHID MAJDOUB : Salut D4vd, comment tu vas ?
D4vd :
Bien et toi ? 
Ça va, merci ! C’est un plaisir de t’avoir avec nous. J’aime beaucoup ta musique et je crois que c’est plus ou moins ta première interview française, n’est-ce pas ?
Je pense que oui ! Je suis honoré, merci.
Merci à toi ! Où es-tu actuellement ?
En ce moment, j’en ai aucune idée ! Je dois être à Denver demain et je viens de me réveiller dans le bus de tournée et actuellement, je suis dans un hôtel en terre inconnue. La seule chose dont je suis sûr, c’est que je suis aux États-Unis [rires, NDLR]. 

D4vd : « J’ai commencé à jouer à Fortnite en 2017, donc quand le jeu est sorti. Je voulais devenir pro et gagner de l’argent, donc je jouais environ 12 heures par jour et je postais mes vidéos de gameplay sur YouTube. Le truc, c’est que j’utilisais beaucoup de musiques copyrightées, ce qui fait que mes vidéos ne pouvaient pas être monétisées. À un moment, je me suis dit : pourquoi ne pas faire mes propres morceaux à la place ? »

Ta tournée n’en finit plus !
Oui, je suis sur la partie américaine. J’ai joué à Chicago hier.
Et c’était comment ?
C’était génial, évidemment ! Le public était fantastique. Il connaissait toutes les chansons, c’était fou.
Trop cool ! Et avant ça, comment était ton week-end et quels sont tes plans pour aujourd’hui dans cette ville inconnue ?
Pour l’instant, je vais aller me chercher un nouveau téléphone car le mien est cassé. Je l’ai pété en faisant le con. Et ce week-end, j’étais en marathon d’interviews.
J’imagine que c’est important pour ton téléphone, car je vois sur tes réseaux que tu aimes beaucoup prendre des selfies.
Carrément bro ! J’adore ça, c’est l’un de mes trucs préférés au monde !
À la base, tu étais un gamer et tu streamais sur Twitch. Est-ce vrai que tu t’es tourné vers la musique pour faire des bandes originales pour tes vidéos, ou c’est une légende ?
[Rires, NDLR] C’est totalement vrai ! J’ai commencé à jouer à Fortnite en 2017, donc quand le jeu est sorti. Je voulais devenir pro et gagner de l’argent, donc je jouais environ 12 heures par jour et je postais mes vidéos de gameplay sur YouTube. Le truc, c’est que j’utilisais beaucoup de musiques copyrightées, ce qui fait que mes vidéos ne pouvaient pas être monétisées. À un moment, je me suis dit : pourquoi ne pas faire mes propres morceaux à la place ? Et le jour suivant, je suis allé dans le placard de ma sœur et j’ai commencé à faire du son sur mon iPhone. BandLab est arrivé, j’ai appris à l’utiliser via des tutos sur YouTube et j’ai sorti ma première chanson en décembre 2021, elle s’appelait « Runaway ».

D4vd : « Le placard de ma sœur c’était mon studio, j’y allais tous les jours et toutes les nuits. Elle dormait et je pouvais crier à l’intérieur, elle ne m’entendait pas. »

Depuis, tu as réalisé tous tes titres avec ton tél sur BandLab et le tout dans le placard de ta petite sœur. Peux-tu me raconter l’histoire de la conception de ce tout premier projet, Petals to Thorns, que tu as fait seul ?
En fait, j’ai tout fait seul excepté le morceau avec Lil Baby, qu’on a fait ensemble. J’avais tout un tas de titres, mais je ne savais pas trop quoi en faire, alors j’ai tout repris à zéro. J’avais déjà les pièces du puzzle et un thème dans ma tête, il ne me restait plus qu’à tout assembler. Je voulais que ce soit une sorte de transition entre l’amour romantique et la séparation.
J’ai tout assemblé dans le placard de ma sœur c’est vrai, j’ai fait neuf morceaux en une nuit dont « Sleep Well » et « Worthless ». J’avais donc les chansons, le thème et de quoi rendre un ensemble cohérent. Avant ça, je n’avais jamais construit de projet à part entière et le plus difficile pour moi a été que ça ne ressemble pas à une bête succession de titres, une mixtape, une compilation ou une sélection aléatoire de singles… Je voulais que ça ressemble à une rose, que ce soit beau, mais aussi introspectif et qu’à la fin, ça fasse réfléchir. Le but étant qu’une fois arrivé au bridge du dernier morceau, les gens aient envie de réécouter ; c’était le plus important pour moi.
Le placard de ma sœur c’était mon studio, j’y allais tous les jours et toutes les nuits. Elle dormait et je pouvais crier à l’intérieur, elle ne m’entendait pas [rires, NDLR]. Avec cet album, je voulais faire ressentir le sentiment de perte après une relation et tout le process qui va avec.
Tu as tout écrit, composé et enregistré seul, mais qu’en est-il du mix, du mastering et de tout le processus technique ?
C’est intéressant, mais sur BandLab, il n’y a pas de processus de mix, donc je n’ai rien mixé. Ce que tu entends, c’est du brut. Tout est compilé directement sur l’appli, regarde… [il montre son téléphone et scrolle à l’infini, NDLR] : des centaines et des centaines de fichiers, plein de morceaux qui ne sont pas terminés.
Je n’utilise pas de micro pro pour enregistrer, mais juste ces écouteurs filaires [qu’il montre, NDLR]. Les gens m’envoient des instrumentals et je commence à bosser dessus avec eux, avant de les importer dans l’application et d’y ajouter les voix… puis c’est terminé. 

D4vd : « Concrètement, la rose symbolise mon identité, spécifiquement la rose blanche. La rose rouge représente le romantisme, l’amour. Quand on en retire le rouge sang, elle devient blanche, pâle, comme la vie sans amour. À mes yeux, les plus belles choses sont celles qui sont blessées à l’intérieur. C’est pour ça que je vois cette rose blanche comme quelque chose de magnifique. »

C’est fou, parce que les chansons sonnent vraiment bien. Et cela montre que tout est possible si on veut faire de la musique sans studio, sans argent pour enregistrer…
Exactement !
Pour le public français, pourrais-tu me donner trois titres qui permettent de découvrir ton univers, ou « multivers » comme tu aimes l’appeler ?
Je dirais « Romantic Homicide », « Separate » et « You and I ».
Parlons de ton univers : qu’est-ce que la rose représente pour toi ?
Concrètement, la rose symbolise mon identité, spécifiquement la rose blanche. La rose rouge représente le romantisme, l’amour. Quand on en retire le rouge sang, elle devient blanche, pâle, comme la vie sans amour. À mes yeux, les plus belles choses sont celles qui sont blessées à l’intérieur. C’est pour ça que je vois cette rose blanche comme quelque chose de magnifique. Même si elle a perdu son éclat en perdant son amour, elle reste belle. C’est une métaphore : au même titre que la tige de la rose a des épines, l’amour est une chose magnifique, mais qui peut faire mal.
Ta musique est romantique, mélancolique, parfois triste. Quel est ton état d’esprit en ce moment, dans la vie de tous les jours ? Est-ce celui qui se reflète dans ta musique ?
Oui, il y a une partie de moi dans chaque chanson. Je suis heureux, mais je vais chercher des émotions intenses au fond de moi pour produire ma musique. À l’époque, j’ai suivi des cours à domicile et je me sentais très seul. Je puise beaucoup et au maximum dans cette période de ma vie pour donner vie à mon art et à ma musique. Rassure-toi cela dit, j’ai pas mal de chansons plus joyeuses qui arrivent !
Pour moi, tu es un artiste hybride. Par exemple, je décèle des vibes à la Frank Ocean chez toi, comme sur le morceau « Sleep Well » ; il y a aussi un peu de XXXTentacion dans ton titre « Worthless » ; côté composition, tu me fais penser à Steve Lacy, qui a lui aussi produit sa musique sur son téléphone. On peut aussi ressentir un mélange de Daniel Caesar, John Lennon voire même du Bob Dylan dans certaines mélodies un peu plus rock [rires, NDLR] !
[Rires, NDLR] Ils sont ma plus grande inspiration. J’adore Frank Ocean, il m’inspire depuis longtemps, bien au-delà de sa musique. Il a une créativité sans borne. Pour Steve Lacy, je ne savais même pas qu’il faisait de la musique avec son téléphone. Moi j’utilise BandLab depuis février 2022. Mais oui, j’aime beaucoup Steve Lacy. Parmi mes autres inspirations, je citerais Billie Eilish bien sûr, et Michael Jackson. 
Je ne sais pas si c’est vraiment visible pour toi, mais si tu regardes bien derrière moi, tu devrais voir certaines de mes passions et inspirations…
Oui ! Je vois Drake, Travis Scott, Tyler, Pop Smoke… Kobe Bryant !
Exactement ! Et j’aimerais savoir à mon tour qui sont ceux et celles qui ont pu t’inspirer, toi ou ton art ?
Concernant l’art, j’adore Basquiat. Et sinon, l’artiste que j’adore par-dessus tout, c’est Michael Jackson, il m’a donné l’inspiration de faire de la musique ; ou encore Frank Sinatra et Chet Baker.
Moi aussi, il n’est pas derrière moi j’ai pensé à MJ. À quel point t’a-t-il inspiré ?
Il m’a inspiré dans ma carrière, mon voyage musical. Ce qu’il a fait, c’est extraordinaire. Il est l’un des plus grands artistes de tous les temps. Je ne fais pas dix pour cent de ce qu’il a été capable de faire.
Aussi, tu t’inspires de l’univers des mangas et des animes, et tu as créé plusieurs personnages qui composent ton multivers. Peux-tu me présenter IT4MI par exemple ? J’ai vu que ça voulait dire « souffrance » en Japonais.
Exactement, « itami » veut dire « souffrance » en japonais, c’est dérivé de Tokyo Ghoul, où le personnage a deux personnalités. C’est devenu mon alter ego. J’ai toujours voulu créer un antagoniste dans mes histoires. J’ai toujours voulu écrire une histoire où le héros est son propre ennemi, et où il réalise à la fin qu’il s’est trouvé. Il représente tout ce que je ne veux pas être : colérique, etc. Son but, c’est de montrer aux autres la souffrance, parce qu’il a beaucoup souffert. Il apparaît dans mes clips et mes vidéos animées, c’est vraiment le méchant de mon univers. Je jouais beaucoup aux jeux vidéo à l’époque, j’allais devenir pro à Fortnite. Du coup j’essaye de créer un joueur de jeu vidéo qui buzzerait sur les réseaux sociaux. 
Tu kiffes quels mangas ?
Jujutsu Kaisen, Vinland Saga et Demon Slayer sont des références pour moi. 
Sans transition, pour une question de la plus haute importance : est-ce que j’ai rêvé ou est-ce qu’on peut s’attendre à un featuring avec Drake ? Je dis ça parce que j’ai vu qu’un certain post et quelques commentaires sur les réseaux ont alimenté cette rumeur…
[Rires, NDLR] Je t’avoue que je ne sais pas du tout si Drake sait que j’existe, mais si oui, tu peux t’attendre à quelque chose un jour. Dès que je chope un contact, crois-moi, je tenterai le coup !
Oui, tu dois lui demander car juste hier soir, j’ai vu qu’il avait demandé à J. Cole d’être sur son prochain album, donc je pense que c’est le meilleur moment pour lui parler !
Sérieux ?! Vas-y je vais lui envoyer un DM de suite ! [Il prend son téléphone, ouvre Instagram et envoie un message privé à Drake, NDLR] Je viens de lui écrire « Yo ! ». Peut-être le début d’une grande histoire, on verra bien ! [rires, NDLR]
J’espère que ça arrivera et je veux être dans le studio ce jour-là ! [rires, NDLR]
Allez, faisons ça ! [rires, NDLR]

D4vd : « Là où j’habitais, il ne se passait pas grand chose, je faisais l’école à la maison et j’allais bosser. Je ne faisais pas grand chose, et j’écrivais des poèmes tous les jours. Je me levais le matin pour aller au taf, je rentrais pour l’école, je jouais à Fortnite pendant des heures au lieu de faire mes devoirs, mais j’écrivais toujours plus de poèmes. »

Qu’est-ce que ça fait d’être signé sur le même label que Billie Eilish ?
Je n’aurais jamais pu imaginer quelque chose d’aussi incroyable. Quand j’ai sorti mon morceau sur TikTok, tout le monde se l’est approprié. C’est vraiment ce son qui a fait la différence. Et après, le label de Billie Eilish m’a repéré. J’étais stupide à l’époque, je pensais que c’était le label qu’elle avait créé et non celui sur lequel elle était signée et sous contrat. Quel débile ! Dans tous les cas, c’était complètement dingue.  
Revenons rapidement en arrière : tu as grandi à Houston, Texas. Ton enfance là-bas s’est passée comment ?
Pour être honnête, c’était assez ennuyeux. Je suis né dans le Queens à New York et j’y ai vécu pendant sept ans avant de bouger au Texas, là où mon père avait trouvé un nouveau job. Quand j’étais à New York, mes parents m’ont envoyé en école privée, puis je suis allé dans le public pour mes années à l’école élémentaire. Juste après, j’ai fait mes 6th et 7th grades [équivalents de la 6ème et la 5ème, NDLR] à domicile donc c’était cool, mais vraiment dur. J’ai eu la chance de faire pas mal d’activités extra-scolaires pendant cette période : du foot et du basket, même si j’étais le pire joueur possible et imaginable. J’ai perdu tellement de matchs et j’étais invisible pendant tous les grands rendez-vous, c’était terrible !
Moi aussi j’ai joué au basket étant plus jeune, mais dès que je suis arrivé dans la catégorie adultes, j’ai arrêté. Ils étaient trop grands et j’étais loin d’être Victor Wembanyama [rires, NDLR] !
T’es un bon ! Dis-toi que j’ai joué contre des adultes quand j’étais au collège, c’était fou !
En France, on imagine le Texas comme une terre vide avec des chevaux et des cowboys. Dans un tel cadre, comment as-tu trouvé ta ou tes passions ?
C’était pas si dur. J’ai bossé à Starbucks pendant trois mois quand j’avais 17 ans. J’avais demandé un temps partiel et ils m’ont donné des shifts de huit heures, donc j’étais pas super content. Là où j’habitais, il ne se passait pas grand chose, je faisais l’école à la maison et j’allais bosser. Je ne faisais pas grand chose, et j’écrivais des poèmes tous les jours. Je me levais le matin pour aller au taf, je rentrais pour l’école, je jouais à Fortnite pendant des heures au lieu de faire mes devoirs, mais j’écrivais toujours plus de poèmes.
Aujourd’hui tu as des hits, tu voyages à travers le monde grâce à ta musique, et je vois même que tu es adoubé par une certaine SZA  : comment on gère tout ça à 18 ans seulement ?
En fait, c’est assez facile pour moi. Étant donné que j’ai été scolarisé à domicile et enfermé chez moi pendant quatre ans, ça me fait carrément du bien de voyager autour du monde dans mon bus de tournée. Pour être honnête, j’attends et je suis toujours prêt à accueillir ce qui se dressera devant moi. Je vis ma vie au jour le jour. C’est très inspirant pour l’artiste que je suis… Quoique, je pense que je ne me considère pas encore comme tel ; j’ai encore beaucoup à accomplir, mais j’aime ce que je vis actuellement.
Belle mentalité ! Et comment était ta tournée en Europe, plus spécifiquement ton show à Paris ? T’as kiffé ?
La France, c’était fantastique. Sans même parler du public, vous êtes trop chauds au niveau culinaire. C’est chez vous que j’ai mangé le meilleur pain de ma vie, vous êtes des maîtres en la matière [rires, NDLR] !
Tu as aimé manger quoi d’autre ici  ?
Je me suis aussi régalé avec les croissants, les pepperoni et la mozza sur une baguette, c’était trop bon. Et  beaucoup de pâtisseries ! J’ai kiffé manger sucré à Paris, beaucoup de chaussons aux pommes et d’autres trucs du genre.
T’as pu apprendre quelques mots de français ?
J’ai appris à dire « bonjour », « au revoir », mais pas grand chose d’autre j’avoue…
C’est déjà bien ! Tu as aussi assisté à de grands défilés de mode, tu te vois te faire une place dans ce monde ?
Oui bien sûr, en tout cas j’aimerais beaucoup. Je me dois de me montrer dans ces événements et d’être toujours stylé pour me faire un nom. Je pense avoir le sens du style et aujourd’hui, je suis encore en pleine construction du mien.
On arrive bientôt à la fin de cette interview, mais avant, j’ai encore quelques questions rapides mais existentielles. D’abord : qu’est-ce que tu aimes dans la vie ?
La famille, Dieu et la musique.
Qu’est-ce que tu détestes dans la vie ?
Hum… pas grand chose. Ah, je déteste l’ignorance. 

D4vd : « Personne n’est irremplaçable. C’est pour ça que j’aime faire beaucoup de musique et être actif sur les réseaux sociaux, parce que si je ne le fais pas, demain, il y aura un autre d4vd et je ne le souhaite pas. Je suis parti pour rester ! »

Es-tu heureux ?
Oui bien sûr ! Il y a deux ans, je ne l’étais pas vraiment, mais aujourd’hui, je le suis.
Tu as trouvé le bonheur grâce à la musique ? Car si je ne m’abuse, il y a deux ans, c’est quand tu as commencé, non ?
Oui, la musique a clairement eu beaucoup d’influence et joue aujourd’hui un grand rôle dans mon bonheur. Elle m’a donné la possibilité de m’exprimer, en quelque sorte. Quand j’écrivais de la poésie juste pour moi, c’était morose. En revanche, je trouve que la musique, c’est quelque chose de plus fort encore, qui me permet de dire beaucoup plus de choses. Ça me permet de me connecter avec les gens et de voir que certaines personnes sont sur la même longueur d’onde que moi, c’est fantastique.
Quel est ton plus grand rêve ?
Aujourd’hui, c’est de faire la meilleure musique possible. Je n’ai pas d’autres rêves que ça. Je ne suis pas du genre à planifier des trucs, mais si je devais me fixer un objectif, ce serait d’être le plus grand YouTuber Fortnite de tous les temps. 
Tout le monde peut jouer avec toi sur Fortnite ?
Oui, mon pseudo est public donc n’importe qui peut jouer avec moi si jamais.

Aurais-tu un conseil à donner à celles et ceux qui depuis leur chambre rêvent de faire de la musique ?
Je leur dirais qu’il faut qu’ils soient très égoïstes avec leur musique. Je veux dire par là que vous devez ignorer ce que font les uns et les autres et faire votre propre truc. Soyez uniques et faîtes la musique qui vous ressemble et vous représente.
Il ne faut pas faire tout le temps là même chose. Pour avoir de l’impact, il faut qu’il y ait à un moment une coupure dans ce que tu fais. Il n’y a que comme ça que les gens se rendent compte de ton évolution. Il y a vachement plus de gens qui disent « ah je me souviens qu’il a fait ce truc-là » que de gens qui disent « Ah, il a toujours été comme ça ». Donc en gros, à mes yeux, il faut suivre la tendance pendant un petit temps et proposer quelque chose qui vous ressemble vraiment sur la durée. Il n’y a que comme ça que vous serez reconnu·e·s.
Personne n’est irremplaçable. C’est pour ça que j’aime faire beaucoup de musique et être actif sur les réseaux sociaux, parce que si je ne le fais pas, demain, il y aura un autre d4vd et je ne le souhaite pas. Je suis parti pour rester !
Pour finir, j’aimerais te montrer un petit extrait de l’un des plus grands écrivains et philosophes français, Jean d’Ormesson. Il s’agit de l’une de ses citations les plus connues, qui correspond bien à ton message et que je te traduis : « Je n’ai jamais cessé d’être heureux […] Merci pour les roses, merci pour les épines. La vie n’est pas une fête perpétuelle, c’est une vallée de larmes, mais c’est aussi une vallée de roses. Et si vous parlez des larmes, il ne faut pas oublier les roses et si vous parlez des roses, il ne faut pas oublier les larmes. »
C’est très vrai… il a raison et je trouve que cette citation me va bien. Je pense que c’est pour cette raison que je fais de la musique. J’aime passer de la joie à la tristesse et tout ce qu’il y a entre les deux. Les jours où tu ries, tu ries des jours où tu pleures et les jours où tu pleures, tu pleures les jours où tu ries.
Il y aura toujours des hauts et des bas, tout dépend d’où tu en es dans ta vie. Je veux continuer à faire de la musique pour les gens, quel que soit le moment où il·elle·s en sont. Je vais continuer d’essayer de faire la meilleure musique possible pour que n’importe qui puisse se reconnaître en elle. Peu importe qui vous êtes ou d’où vous venez, je ferai en sorte que vous vous reconnaissiez dans au moins une chanson. 

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