De quoi l’engouement des créateur·rice·s de mode pour l’ésotérisme est-il le signe ?

Article publié le 1 octobre 2020

Texte : Henri Delebarre. Article extrait d’Antidote Karma Issue Hiver 2021-2022.

Surabondance de motifs astrologiques, références aux arts divinatoires, dissémination de symboles mystérieux nécessitant une initiation pour être décodés, utilisation de cristaux « protecteurs », ou incantations New Age… Les créateur•rice•s de mode sont de plus en plus nombreux•euses à s’inspirer de l’ésotérisme, allant même parfois jusqu’à s’enticher de certaines des pratiques qui lui sont liées. Renforcé par le bouleversement causé par la pandémie de Covid-19 et les confinements successifs qu’elle a entraînés, ce sursaut cabalistique traduit un besoin de reconnexion à l’autre, au monde et à la nature tout en permettant à la mode d’étayer sa propre mythologie et au•à la designer d’asseoir son statut de médium.

S’il désigne d’abord un enseignement philosophique réservé à un cercle d’initié·e·s en capacité de le comprendre, le terme « ésotérisme » s’est aujourd’hui éloigné de son sens premier pour regrouper un ensemble de pratiques allant de l’astrologie à la sorcellerie en passant par la lithothérapie, la numérologie, la cartomancie ou encore le chamanisme. Un glissement de sens qui n’est pas anodin. Car selon Saveria Mendella, spécialiste du langage de la mode et doctorante à l’EHESS en anthropo-linguistique et philosophie du langage, « si le mot “ésotérisme” change de sens, il subsiste. Ce qui signifie que la société continue d’en avoir besoin. » Autrefois jugées ridicules, car évoluant en marge de la rationalité scientifique, les disciplines ésotériques suscitent aujourd’hui un nouvel engouement. Notamment auprès des jeunes générations, qui en font la promotion sur les réseaux sociaux où se multiplient les communautés de néo-sorcières et où se démocratisent divers rituels censés apporter paix et bien-être en dépit du maelström actuel.
Car situé à mi-chemin entre le développement personnel – dont il est un dérivé – et la spiritualité, l’ésotérisme contemporain, ou « grand public », tel que le définit le sociologue et historien des religions Damien Karbovnik, traduit une quête de sens, un besoin de care holistique et une nécessité d’apporter des réponses aux questions existentielles qui nous animent et subsistent malgré l’éloignement progressif de notre société des religions traditionnelles. « La sécularisation du monde nous a conduit à re-chercher de la spiritualité », analyse Serge Carreira, spécialiste de la mode et du luxe et maître de conférences à Sciences Po. Et l’historien de la mode Xavier Chaumette de compléter : « Lors de son avènement, la République laïque, par le biais de l’école et de ses hussards noirs, a mené une bataille contre les superstitions et croyances populaires. Mais ces dernières persistaient très fortement dans les milieux populaires et donc dans la mode, où la plupart des gens étaient issus de ces milieux. La vie était très dure. On se raccrochait à la superstition. » Dans la couture, faire tomber ses ciseaux ou se piquer le doigt avec son aiguille sont ainsi des signes censés annoncer le malheur, tandis que broder l’un de ses cheveux dans une robe de mariée devrait donner accès au bonheur.

 

Xavier Chaumette perçoit également une autre cause historique. « La mode est en grande partie un monde de femmes. Or, jusque dans les années 1950-1960, celles-ci étaient maintenues dans l’ignorance, dans une forme de crédulité. Coudre ou broder était souvent la seule chose qu’elles savaient faire. Quand elles venaient d’un milieu populaire, elles avaient le choix entre se lancer dans les métiers de la couture ou devenir bonnes. Mais c’était très dur de faire carrière. Celles qui y sont arrivées – Gabrielle Chanel, Madeleine Vionnet, Jeanne Lanvin – sont presque toutes issues de milieux populaires. Je pense que la superstition les aidait à tenir, à avoir de l’espoir », poursuit-il.

Construire des mythes contemporains

Aujourd’hui prolongé par nombre de créateur·rice·s de mode contemporain·e·s tels que Boramy Viguier, qui dissémine régulièrement des motifs mystiques sur ses pièces, l’engouement de la mode pour l’ésotérisme est donc loin d’être un phénomène nouveau. Superstitieuse notoire, marquée par son éducation religieuse dans un couvent, Gabrielle Chanel, qui vivait entourée de porte-bonheur et de boules de cristal, était par exemple une grande adepte de numérologie et d’astrologie. Le lion, son signe astrologique, le cinquième du zodiaque, et le chiffre cinq sont omniprésents dans l’univers de la maison. Sans cesse réactivés par Karl Lagerfeld, puis Virginie Viard, comme lors du défilé Croisière 2022 organisé aux Carrières de Lumières des Baux-de-Provence, là même où Jean Cocteau, ami de la couturière, a tourné l’un des chefs-d’œuvre du cinéma ésotérique (Le Testament d’Orphée, 1960), ces codes participent à la construction d’une mythologie autour de la marque et de sa fondatrice – dont les consommateur·rice·s sont particulièrement friand·e·s. En témoignent les millions de vues générées par les vidéos « Inside Chanel », disponibles sur la chaîne YouTube de la maison et qui, dédiées au lion, au chiffre cinq ou encore au camélia, initient au langage Chanel.
« L’ésotérisme contribue à établir la figure mythique de l’artiste, cet être qui perçoit les choses différemment et puise dans quelque chose que le commun des mortel·le·s ne peut pas voir, ce qui lui donne le talent de créer. Ses pratiques permettent par ailleurs à la mode d’entretenir son côté déjanté », considère Saveria Mendella. Preuve en est la légende selon laquelle la maison Louis Vuitton aurait fait appel à un chaman avant son défilé Croisière 2019, organisé en extérieur, à Saint-Paul-de-Vence, pour faire cesser la pluie.

Serge Carreira : « Utiliser ces motifs ésotériques permet de s’adresser à sa communauté, d’initier un engagement. Ces valeurs, ces croyances, qui sont connues et reconnues par lela consommateurrice à qui la marque s’adresse, renforcent le sentiment d’appartenir à une communauté et d’être une initiée. »

Chez Dior, les références ésotériques contribuent là aussi à façonner le mythe d’une maison qui doit sa fondation aux prédictions d’une diseuse de bonne aventure, Madame Delahaye, qui comme le raconte Christian Dior dans son autobiographie Christian Dior & Moi, lui « ordonna » de créer sa propre maison au cours d’une consultation. Depuis l’arrivée de Maria Grazia Chiuri à sa direction créative, elle-même fan de tarologie, la marque multiplie ainsi les clins d’œil aux astres et arts divinatoires chers au couturier fondateur, qui au-delà d’avoir entièrement confiance en sa voyante, avait fait du huit son chiffre fétiche et pris pour habitude de coudre des brins de muguet dans l’ourlet de ses modèles, tour à tour nommés « Horoscope », « Cartomancienne » ou encore « Bonne étoile ». Intitulé « Le Château du tarot », le film présentant la ligne Haute Couture été 2021 de Maria Grazia Chiuri, dont chaque look incarnait une carte, ressuscitait ce goût pour l’ésotérisme inhérent à l’ADN de Dior. Quelques heures avant la présentation de la collection, la maison allait même jusqu’à dévoiler trois vidéos dans lesquelles les petites mains des ateliers, les membres du studio de création et Maria Grazia Chiuri consultaient une cartomancienne, dont la première question était : « Quel est votre signe astrologique ? ». Des motifs ésotériques que l’on retrouvait ensuite sur certaines pièces de la collection.

Pour Serge Carreira, « utiliser ces motifs ésotériques permet de s’adresser à sa communauté, d’initier un engagement. Ces valeurs, ces croyances, qui sont connues et reconnues par le·la consommateur·rice à qui la marque s’adresse, renforcent le sentiment d’appartenir à une communauté et d’être un·e initié·e. » Une analyse que partage Saveria Mendella, pour qui « l’association d’un vêtement à un symbole faisant écho à notre individualité ou à notre intimité, tel que les signes du zodiaque, permet aux marques de faire une sorte de sur-mesure davantage moral que physique. »
Enclines à fédérer et avides de suggérer ce sentiment d’appartenance à une communauté d’initié·e·s pour donner l’impression à leur clientèle qu’elle entretient avec elles un lien privilégié, les marques s’engouffrent dans la brèche de l’ésotérisme. On assiste ainsi, depuis plusieurs saisons, à une avalanche de motifs astrologiques. À tel point que Saveria Mendella s’interroge sur « une possible perte de leur sens, due à cette sur-utilisation ». Fendi été 1993, GmbH hiver 2020-2021, Dries Van Noten hiver 2021-2022, ou encore les médailles en joaillerie : les occurrences astrologiques sur les vêtements et autres accessoires de mode ont traversé les époques et sont devenues innombrables. Dès l’hiver 1938, Elsa Schiaparelli y faisait d’ailleurs explicitement référence avec sa bien nommée collection « Astrologique », qui comprenait une veste bleu nuit brodée de motifs astraux, parmi lesquels les 12 signes zodiacaux, une planète ou encore la Grande Ourse. Un clin d’œil au surnom donné à la couturière, proche des surréalistes – eux·elles-mêmes féru·e·s d’ésotérisme –, par son oncle, un célèbre astronome qui comparait les grains de beauté sur la joue gauche de sa nièce à la constellation en question.

En quête d’une connexion à la nature et au cosmos

Cette analogie entre l’être humain et le cosmos est d’ailleurs omniprésente dans la mode actuelle, qui use des symboles ésotériques pour métaphoriser notre besoin de nous reconnecter au monde après la pandémie de Covid-19 et l’isolation liée aux confinements successifs qu’elle a entraînés. Initiée dès l’Antiquité, puis illustrée au Moyen Âge via les représentations de l’homme zodiacal – telle que celle figurant dans le manuscrit Les Très Riches Heures du duc de Berry –, qui établissent une correspondance entre les astres et les parties du corps humain, cette connexité se retrouve par exemple dans la collection féminine été 2021 du label Kiko Kostadinov. Après s’être inspirées pour l’été 2020 de la muse grecque de l’astronomie et de l’astrologie, Uranie, les designers-philosophes Laura et Deanna Fanning, grandes adeptes d’ésotérisme, construisaient toute leur collection conçue durant le confinement autour de l’étoile : un symbole d’espoir et de bonne fortune qui, au-delà de la voûte céleste, symbolise aussi le microcosme qu’est l’être humain, à travers sa forme de pentagramme. Dans le communiqué de presse explicitant leurs intentions, les deux créatrices expliquaient avoir été en partie inspirées par la Wicca, un mouvement religieux New Age dans lequel le pentacle – dont les cinq branches représentent à la fois les cinq éléments et les cinq extrémités du corps humain – est omniprésent. Vouant un culte à la déesse de la nature Gaïa – à laquelle faisait également écho la collection Croisière 2022 de Dior, présentée en juin dernier à Athènes – et à celle de la magie et de la lune, Hécate, les wiccans glorifient la Terre mère. Une célébration que l’on retrouve dans nombre de collections ésotériques actuelles. Preuve en est, par exemple, le mystérieux prologue du film présentant la collection hiver 2021-2022 de Burberry, également composée de pièces constellées d’étoiles. Incarnant la mère Nature, la rappeuse Shygirl y récite une ode remerciant la Terre pour ses offrandes.
Amalgame de croyances diverses popularisées en Occident dans les années 1960-70 dans un contexte de désenchantement généralisé similaire à celui que nous vivons aujourd’hui, le New Age, dont d’autres courants comme les « théories Gaïa » traduisent cette même volonté de reconnexion à la Terre, fait ainsi son grand retour dans la mode, comme via les mantras « Lose Yourself » ou « Meditate » apparus sur des T-shirts chez Paco Rabanne et Ashley Williams. Renforcé pendant et à la suite de la crise sanitaire, mais aussi en réponse à la solastalgie, un terme qui désigne l’anxiété éprouvée face au dérèglement climatique, le retour du New Age se traduit par une prolifération de références ésotériques, qui ne retranscrivent d’ailleurs pas toujours le zeitgeist de manière positive. Chez Sankuanz, par exemple, pensé comme une sorte de punition, de châtiment de la nature envers l’humanité, le choc de la crise sanitaire se traduit sur des vêtements brûlés, bardés de piques et agressifs envers celui·celle qui les porte, dont le front porte parfois la trace d’une cicatrice en forme de rune Othala. Cher au label et omniprésent dans sa collection automne-hiver 2021/2022, où il constelle certaines pièces, ce signe ésotérique utilisé dans le néo-paganisme avant d’être détourné par les suprémacistes blancs symbolise encore une fois l’appartenance de l’être humain à une structure qui le dépasse, ainsi que l’héritage ancestral et la famille. Ailleurs, chez Vetements ou sur les Nike Air Max 97 détournées (sans l’autorisation de la marque) dans une esthétique sataniste par Lil Nas X en collaboration avec le collectif d’artistes MSCHF, qui ont suscité la polémique en raison de leurs semelles transparentes contenant du sang, on retrouve des pentagrammes, inversés cette fois. Ces derniers ne symbolisent alors plus la figure de l’homme dans sa relation au cosmos, mais celle de Baphomet, une représentation du diable sous la forme d’un bouc.
Néanmoins plus lumineuses que sombres pour la plupart, les multiples références ésotériques New Age se doublent souvent de messages écolos. Très portée sur l’éco-conception, Gabriela Hearst suivait ainsi les pas de sa prédécesseure Natacha Ramsay-Levi et jouait les naturopathes pour sa première collection chez Chloé. S’appuyant sur la lithothérapie, elle disposait autour du cou de certains mannequins des colliers en citrine ou en quartz, des cristaux offerts par la nature et censés protéger ou guérir en agissant sur les chakras. « Nous devons revenir à des produits respectueux, (…) mais nous ne pourrons pas y parvenir si nous ne respectons pas d’abord la source qui nous les offre », confiait-elle en mai 2021 dans une interview à WWD, expliquant sa décision de ne publier que des photos en gros plans de plantes ou d’animaux sur le compte Instagram de la marque, accompagnées de légendes philosophiques invitant à la réflexion.

Saveria Mendella : « Aujourd’hui, les rappels ésotériques servent surtout à faire du•de la créateur•rice un•e médiateur•rice assumé•e qui interroge et propose d’autres manières de voir le monde, d’autres modes de pensée. »

Gabriela Hearst est loin d’être la seule créatrice engagée dans la construction d’une mode durable à doubler son discours de références ésotériques. Chez GmbH, on retrouvait ainsi dès l’été 2020 des imprimés à l’effigie du Nazar boncuk, une amulette turque qui vise à protéger contre le mauvais œil, tandis que pour l’été 2021, le label berlinois ornait ses T-shirts en coton biologique de motifs ésotériques anciens tels qu’un soleil ou une main de Fatma, censée protéger contre le malheur et les maladies. De son côté, la créatrice Marine Serre, qui a pris pour logo la Lune, un symbole de féminité cher aux « sœurcières » et aux éco-féministes (selon qui les cycles menstruels correspondraient à celui du satellite naturel de la Terre), mêlant spiritualité, féminisme et écologie, proposait pour l’hiver 2021 une collection en grande partie composée de pièces « upcyclées » et de fibres recyclées. Baptisée « Core », un terme désignant tout à la fois « le cœur », « le noyau », « l’âme » ou « l’essence », la collection, qui invitait à se recentrer sur l’essentiel, comprenait une série de pièces seconde peau où la Lune se mêlait à une multitude d’autres motifs hautement symboliques tels qu’un labyrinthe, un soleil ou une salamandre, animal totem du label et métaphore de l’« upcycling », puisqu’elle aurait le pouvoir de s’auto-régénérer. Désireuse d’offrir une seconde vie aux tissus ou vêtements, Marine Serre a ainsi fait de la réincarnation l’une des pierres angulaires de son label. « Aujourd’hui, les rappels ésotériques servent surtout à faire du·de la créateur·rice un·e médiateur·rice assumé·e qui interroge et propose d’autres manières de voir le monde, d’autres modes de pensée », analyse Saveria Mendella.

Asseoir la figure du designer-médium

Le lien entre l’ésotérisme et une dimension curative, tant envers l’être humain qu’à l’égard de la planète, se trouve poussé à son paroxysme à travers le concept du « vêtement-remède », prenant autant soin du macrocosme, via des procédés éco-responsables, que du microcosme qu’est le·la consommateur·rice. Pour sa collection au nom évocateur d’« Another World », qui marquait ses débuts à la Fashion Week de Londres, en juin 2021, et s’inspirait des créatures féériques invisibles de la mythologie de son pays d’origine, le créateur gallois Paolo Carzana profitait des contraintes du confinement pour se tourner vers des ressources à sa portée ou offertes par la Terre. Taillées dans des tissus ou des plaids réemployés, ses créations souvent ouvertes sur le cœur doivent entièrement leurs couleurs à des pigments naturels fabriqués à partir de campêche, de curcuma ou encore de racines de garance. Des plantes dont le designer espère que les propriétés médicinales se transmettront à la personne qui portera ses vêtements.

En dehors de chez Marine Serre et de chez Paolo Carzana, la symbolique du cœur était également omniprésente dans la collection « Gucci Aria », célébrant le centenaire d’une maison de mode qui vend désormais ses propres bâtons d’encens senteur « Esotericum » et faisait, en 2018, jouer le rôle d’une voyante à l’actrice Tippi Hedren dans une campagne. Véritable manifeste philosophique et ésotérique d’Alessandro Michele, qui nous confiait en 2016 considérer son père comme « un chaman », la collection « Gucci Aria » (« air », en italien) livre une ode au souffle de la vie et aux nombreuses réincarnations de la marque au fil des décennies. « Inspirer, c’est laisser entrer le monde en nous et expirer, c’est se projeter soi-même dans le monde dans lequel nous sommes », explique le philosophe Emanuele Coccia, cité par Michele dans le communiqué de presse quasi hermétique pour quiconque ne maîtrise pas le langage du directeur artistique de Gucci. Chantre d’une mode-penseuse, le designer y file la métaphore de la réincarnation, parle de « cosmogonie » ou paraphrase Walter Benjamin. À la fin du film présentant la collection, dans un jardin d’Éden où résonne l’incantation céleste « waiting for the stars to align » de Vitalic, une mannequin jette une minaudière en forme de cœur humain en l’air, comme pour le « rendre à l’univers », expliquait Alessandro Michele à The Business of Fashion. « Gucci Aria » synthétise ainsi l’ensemble des raisons qui poussent la mode à avoir recours aux symboles ésotériques, sources d’inspiration quasi intarissables dans lesquelles puisent les créateur·rices : mythologiser l’histoire d’une marque – qui possède ses codes et ses fidèles –, initier un retour à la nature et une reconnexion de l’être humain au cosmos, mais aussi asseoir la figure du designer dans son rôle de médium. Car comme le chante Vitalic, le recours de la mode à l’ésotérisme rappelle que cette dernière « ne peut échapper au besoin de savoir / Ce que contient le futur ». Et alors que le principe même de la mode est de mourir pour mieux renaître en annonçant l’avenir, saison après saison, les signes ésotériques ne peuvent que séduire les créateur·rice·s, dont les marques se réincarnent en permanence et dont les collections constituent comme une compilation de chants de cygnes. « La mode vit constamment dans l’avenir, elle doit prédire ce qui va être porté en 2022, 2023… Or il n’a jamais été aussi difficile de “pré-voir”. Elle choisit donc tout naturellement de s’en remettre aux astres », conclut Xavier Chaumette.

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