Demna Gvasalia quitte Vetements après avoir ébranlé le monde de la mode

Article publié le 16 septembre 2019

Photo : Demna Gvasalia.
16/09/2019

Dans une annonce faite ce week-end au site américain WWD, le designer géorgien a annoncé à la surprise générale qu’il quittait le label co-fondé avec son frère Guram et qui a révélé son talent.

En ce début de fashion month printemps-été 2020, les nouvelles concernant les directeurs artistique des labels street les plus influents de la planète mode n’en finissent pas de surprendre. Alors qu’on apprenait la semaine dernière que Virgil Abloh, aux commandes d’Off-White et des collections masculines de Louis Vuitton entamait une pause de trois mois pour se reposer, ce week-end, c’est au tour du créateur Demna Gvasalia d’annoncer son départ du label Vetements. Dans un communiqué transmis en exclusivité au journal américain WWD, le Géorgien révèle en effet qu’il quitte la direction artistique de la marque qu’il a créé il y a 5 ans avec son frère Guram, tandis que ce dernier continuera à assurer les fonctions de directeur général. « J’ai l’impression d’avoir accompli ma mission » explique Demna Gvasalia dans le communiqué où il révèle quitter ses fonctions pour « pour poursuivre d’autres aventures ».

Diplômé de la très réputée Académie Royale des Beaux-Arts d’Anvers, Demna Gvasalia a apporté avec Vetements un vent de fraîcheur dans la mode et a ouvert la voie à une nouvelle génération de créatifs. À l’origine de la vague de streetwear qui a déferlé plusieurs années durant sur le luxe, le designer de 38 ans et son label Vetements ont influencé durablement l’ensemble du secteur, tant du point de vue du style que de son fonctionnement. Présenté dès ses débuts comme un collectif, Vetements s’est, en quelques saisons seulement, imposée comme l’une des marques à suivre les plus cool du moment. Avec ses collections avant-gardistes, son sens de l’humour et son penchant pour le détournement parfois provoquant, le label a révélé le talent de son fondateur au monde entier, le propulsant sur le devant de la scène. Un succès fulgurant, qui en 2015, poussait le groupe Kering à le choisir pour succéder à Alexander Wang chez Balenciaga, où il garde son poste et continuera à réinterpréter l’héritage de la maison parisienne qui défilera à Paris le 29 septembre prochain.

Formé auprès du créateur belge Walter Van Beirendonck avant de rejoindre Maison Margiela en 2009 – dont l’influence du fondateur sur son travail est considérable – puis Louis Vuitton en 2013 où il travaille sur les collections féminines sous Marc Jacobs puis Nicolas Ghesquière, Demna Gvasalia n’a pas encore annoncé le nom de son successeur mais s’est dit confiant quant à l’avenir du label créé « parce que la mode l’ennuyait ». « Vetements est devenue une entreprise capable de faire évoluer son héritage seule pour écrire un nouveau chapitre » a-t-il confié. « Ce que Demna a accompli ces dernières années constitue un chapitre essentiel dans l’histoire de Vetements » a quant à lui déclaré son frère Guram. « Vetements a toujours été un collectif d’esprits créatifs. Nous continuerons à repousser les limites, en respectant les codes et les valeurs authentiques de la marque et en continuant à soutenir une créativité honnête et un talent authentique ».

Basé à Zurich en Suisse depuis 2017, le label dont la collection printemps-été 2020 a été présentée dans le McDonald’s des Champs-Élysées pendant la Fashion Week masculine de Paris en juin dernier devrait d’ailleurs, selon la déclaration faite à WWD, dévoiler très prochainement « de nouveaux projets et des collaborations inattendues ». L’aube d’une nouvelle ère « de croissance et d’expansion majeure » à en croire Guram Gvasalia, même si nombreux sont ceux qui s’interrogent déjà sur la survie du label sans son père fondateur et pleurent sur Instagram le départ de celui qui a su élever le prosaïque au rang du luxe.

À lire aussi :

À lire aussi :

[ess_grid alias= »antidote-home2″]

Les plus lus

Mode, ego & psycho : quand l’habit fait le mood

Si l’intérêt de l’anthropologie, de la sociologie ou de la philosophie pour la mode et ses productions est documenté et relayé depuis de nombreuses années, celui que lui portent la psychologie, la psychanalyse ou encore la psychiatrie demeure étrangement dans l’ombre. Pourtant, pour peu que l’on s’y penche, force est de constater que la mode et les objets qu’elle produit pour permettre à chacun de composer sa propre « parure » – selon le terme d’usage en anthropologie – intéressent depuis plusieurs décennies les acteur·rice·s de ces disciplines. Entre la publication d’ouvrages sur les liens unissant mode et inconscient, la mise en place d’expérimentations analysant l’impact des vêtements sur nos capacités cognitives, l’intégration de vestiaires spécifiques dans le cadre de certaines thérapies, voire l’appropriation par les marques de luxe elles-mêmes de discours ayant recours au champ lexical de la psychologie, retour sur l’intérêt mutuel que se portent mode et sciences cognitives.

Lire la suite

Fashion, ego & psyche: when clothes make the mood

While anthropological, sociological, and philosophical interest in fashion and its output has been well documented and conveyed for many years, psychology, psychoanalysis, and even psychiatry have remained strangely in the shadows. However, after careful consideration, one can’t help but notice that fashion and the objects it produces in order to enable people to compose their own “ornamentation” – as it is referred to in anthropology – have long been of interest to researchers in these disciplines. From the publication of works detailing the connections between fashion and the unconscious, to experiments analyzing the impact of clothing on our cognitive capacities, the incorporation of specific wardrobes in certain therapeutic treatments, and even the appropriation of the lexical field of psychology in statements made by luxury brands, let’s take a look at fashion and the cognitive sciences’ mutual attraction.

Lire la suite

Le calendrier des soirées de la Paris Fashion Week homme SS23

Voici notre guide des soirées où il fera bon voir et être vu, arriver tard et partir plus tôt que prévu.

Lire la suite

Série mode : la collection Acne Studios printemps-été 2022 vue par Antidote

Issue du nouveau numéro d’Antidote, dont le thème est « Persona », cette série mode signée par la photographe britannique Betsy Johnson met en scène la collection Acne Studios printemps-été 2022 conçue par Johnny Johansson et dévoilée en septembre 2021 à la Fashion Week de Paris sur la danseuse de l’Opéra de Paris Letizia Galloni.

Lire la suite

La collection pre-fall 2022 de Valentino, incarnée par Violet Chachki et Gottmik pour Antidote

Duo de drag-queens iconique, Violet Chachki et Gottmik se glissent dans les pièces de la collection pre-fall 2022 de Valentino conçue par Pierpaolo Piccioli pour cette série mode dichotomique, issue du dernier numéro d’Antidote, dont le thème est « Persona ».

Lire la suite

Newsletter

Soyez le premier informé de toute l'actualité du magazine Antidote.