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Paris-Shanghai : l’anonymat à l’échelle mondiale.

Glenn Martens signe un défilé spectaculaire, où la matière prend le dessus mais derrière cette démonstration visuelle, Margiela déploie une stratégie plus large : installer sa présence en Chine, et inscrire son langage dans une nouvelle géographie du luxe.

Margiela exporte l’anonymat.

Glenn Martens convoque l’imaginaire d’un marché aux puces après sa fermeture et ouvre son défilé Maison Margiela à Shanghai avec une technique radicale : la porcelaine brisée puis reconstituée. Des robes en huit couches d’organza imprimé, de la céramique cassée à la main puis fixée pièce par pièce sur une base de tissu. 500 pièces de céramique pour une seule robe. 300 heures de fabrication. Le spectacle technique est total. Des tapisseries trop abîmées pour être restaurées, réparées paillette par paillette. Des peintures du XIXe siècle récupérées, drapées sans jamais être coupées. Fragilité, récupération, fragment. Ce vocabulaire n’est pas nouveau pour la maison. L’échelle l’est.

Le défilé du 1er avril à Shanghai lance MMFolders, un programme de 12 jours. Quatre villes chinoises, quatre expositions thématiques. Les pièces Artisanal à Shanghai. Les masques d’anonymat à Beijing. Les Tabi à Chengdu, l’expérience bianchetto à Shenzhen. Chaque ville reçoit un code de la maison, décliné en dispositif muséal. Margiela ne se contente pas de défiler en Chine. La maison déploie ses codes dans quatre villes, installe des expositions thématiques dans chacune. Une opération d’envergure.

L’anonymat, principe fondateur de la maison, s’ex-porte. Un langage reconnaissable qui circule, assez codifié pour être activé dans quatre villes. Paris n’est plus le seul centre. L’artisanat reste le même, mais l’infrastructure mondiale change tout. Le retrait est devenu une stratégie d’expansion.