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Ce label enterre ses vêtements pour les transformer en vestiges du temps.

Fondé en 2022 par Victoria Baia et Victor Koehler, duo formé à l’École Duperré et finaliste du Festival international de la mode d’Hyères en 2024, le label La Cage conçoit des collections qui nous réconcilient avec le temps long. Empreints de poésie, ses créations entièrement fabriquées en France conjuguent  le vocabulaire du vestiaire cérémoniel et de l’uniforme militaire, à une approche artisanale et une allure élégante. Baptisée « The Wanderer », sa dernière collection automne-hiver 2026/2027 a été présentée en janvier dernier, au sein du showroom SPHERE de la Paris Fashion Week, au Palais de Tokyo.

Inspirée par Albert Dadas, voyageur fou de la fin du XIX siècle qui entreprenait ses périples à l’autre bout du monde sur des coups de tête avant de revenir amnésique, la collection allie manteaux enveloppants, pantalons bouffants, longues chemises de popeline, ceintures de smoking et coiffes réalisés à partir de chutes de tissus récupérées des précédentes collections.

Mais la pièce la plus spéciale est sans doute cette veste tâchée à la doublure grignotée, délabrée après un séjour de plusieurs semaines sous terre. Une technique originale, déjà employée par le duo du label La Cage, qui fait écho au temps long nécessaire à la confection artisanale et métaphorise le caractère éphémère de la mode, tout en offrant une réflexion sur la finitude de nos vêtements.

En choisissant d’enfouir certains de ses vêtements, le duo de La Cage ne se contente pas d’expérimenter une technique. Le label ouvre un champ de réflexion presque philosophique sur la matière et son devenir. Un geste radical, à la croisée de l’art et de l’artisanat, qui transforme la terre en partenaire de création, laissant le temps, l’humidité et les micro-organismes altérer les pièces de manière imprévisible. Une forme de co-design avec la nature, où le vêtement échappe au contrôle total de ses créateurs. Cette démarche soulève ainsi une question essentielle : que reste-t-il d’un vêtement lorsque sa fonction disparaît ?