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Quand l’IA s’allie à une stratégie humaine pour faire passer un faux titre pour du Jorja Smith – jusqu’à frôler les charts.

« I Run » n’a pas simplement exploité les capacités de l’IA. Le morceau a été enveloppé dans tout un dispositif humain pensé pour faire croire à un inédit de Jorja Smith. Une voix transformée par IA, oui – mais aussi des hashtags précis, des légendes ambiguës, des visuels travaillés, une diffusion répétée sur TikTok et SoundCloud. Rien, dans la manière dont le titre circulait, n’invitait à douter: au contraire, tout convergeait pour installer l’idée que c’était elle.

La voix, pourtant, n’était pas la sienne. Elle appartenait à Harrison Walker, alias HAVEN., puis remodelée via un logiciel d’IA. Mais pour FAMM, le label de Jorja, ce n’est pas là l’essentiel : la confusion n’était pas un accident de perception, mais un choix. Une stratégie d’ambiguïté, où l’effort humain a rendu limitation plausible, désirable, et difficile à démentir.

Quand Jorja a écrit « It’s not me », le morceau avait déjà circulé à grande échelle. Selon FAMM, chaque retrait du titre a été suivi d’une nouvelle mise en ligne via un autre distributeur, comme pour préserver l’élan et maintenir lillusion. Spotify a confirmé que « I Run » violait sa politique contre l’usurpation d’identité vocale. Mais le système lui-même avait déjà validé le morceau : engagement massif, playlists, algorithmes favorables. « I Run » a frôlé les charts avant même que la supercherie soit nommée.

Après la suppression, une version non IA — enregistrée par la chanteuse Kaitlin Aragon – a été publiée. C’est cette version qui est ensuite entrée dans les classements, atteignant le Top 10 du Billboard Hot 100 et cumulant des millions d’utilisations sur TikTok. Mais la dynamique initiale s’était bâtie ailleurs: sur une illusion soigneusement assemblée.

Ce que révèle « I Run » dépasse la question de l’IA. Il montre comment une technologie de transformation vocale peut devenir efficace non pas seule, mais lorsqu’un dispositif humain l’encadre, la scénarise, et lui donne l’apparence d’un vrai inédit. Comment la combinaison de l’intention, de l’algorithme et de l’ambiguïté peut tromper un public en quelques jours — et presque faire entrer un faux titre dans les classements officiels.

« I Run »n’est pas une erreur de perception. C’est une démonstration: l’IA ne devient dangereuse que lorsqu’elle s’allie à ceux qui choisissent de l’être.

C’est là que se situe le vrai basculement.