Kim Petras, la popstar qui oscille entre la bubblegum pop et l’horreur

Article publié le 20 octobre 2020

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Texte par Maxime Retailleau et photos par Jan Welters extraits d’Antidote Statements issue hiver 2020-2021. Stylisme : Yann Weber. Full looks : Louis Vuitton. Coiffure : Iggy Rosales. Make-up : Gilbert Soliz.

Biberonnée aux tubes pop sortis au tournant des années 2000, Kim Petras a quitté son Allemagne natale pour percer dans la musique aux États-Unis, armée d’un don pour enchaîner les toplines imparables et d’une volonté inébranlable. Humble, proche de ses fans et célébrant le travail d’équipe, elle contribue aujourd’hui à réinventer la figure de la popstar tout en rencontrant un succès exponentiel.

Ses premiers concerts, Kim Petras les donne parfois devant un public pouvant se dénombrer sur les doigts d’une seule main. Des débuts pour le moins modestes qui sont pourtant loin de démoraliser la jeune chanteuse de 12 ans, dont la passion pour la musique ne cesse de croître. Pendant que ses camarades de classe révisent leur théorème de Pythagore, elle s’adonne au songwriting et crée ses premières maquettes sur GarageBand, puis au sein de studios d’enregistrement. Après avoir signé un contrat avec Universal Germany qui l’a conduite à composer un jingle pour une marque de détergent, elle comprend que sa carrière risque de ne jamais décoller en Allemagne et s’envole pour la Cité des anges, quittant sans regrets la banlieue de Cologne où elle a grandi.
C’est alors que le vrai voyage commence : celui qui la mène à monter sur scène aux quatre coins des États-Unis, avant de collaborer avec la crème de l’avant-garde pop — Charli XCX (« Unlock It », « Click »), SOPHIE (« 1,2,3 dayz up ») —, puis de sortir son premier album (bien qu’elle ne le reconnaisse pas réellement comme tel, jugeant qu’il ne se concentre pas assez sur une thématique précise), composé après une rupture amoureuse. Puisant dans des registres éclectiques, évoquant The Weeknd (« Icy »), les Daft Punk (« Sweet Spot ») ou encore le hip-hop des années 90 (« Got My Number »), il rassemble 12 morceaux addictifs centrés sur la déception sentimentale et la quête d’un nouveau partenaire.
En mai 2020, elle dévoile ensuite « Malibu », un single enjoué issu de son très attendu premier LP officiel, qu’elle souhaite concevoir comme un « concept album » homogénéisé par un fil rouge fort. L’occasion pour la chanteuse peroxydée — aujourd’hui âgée de 28 ans — d’asseoir sa place de popstar dûment méritée et dont elle a longtemps rêvé. Entretien.
ANTIDOTE : Votre mère est une chanteuse de jazz — en parallèle de sa profession de danseuse — et votre père sait jouer d’un grand nombre d’instruments. Avez-vous le sentiment que ce background familial, au sein duquel la musique occupe une place centrale, vous a aidée à devenir une popstar ?
KIM PETRAS : Oui, ça m’a effectivement influencée. Mais j’ai aussi beaucoup appris par moi-même après avoir reçu un ordinateur portable. Je passais des heures et des heures sur GarageBand, que je connectais à un petit clavier. J’ai alors découvert comment écrire des morceaux et les enregistrer.
Ma mère passait tout le temps des disques d’ABBA. Pour ma part, j’ai grandi en écoutant les Spice Girls et Gwen Stefani. Quand j’ai eu 12 ou 13 ans, j’ai par ailleurs vu un documentaire sur Max Martin et je me suis dit « Je veux devenir une songwriter. » Il a composé de nombreux tubes que j’adorais étant enfant, et j’ai voulu comprendre ce qui faisait que j’aimais tant ces titres pop. Il m’a ensuite fallu passer des années à écrire des centaines de morceaux avant de réussir à le faire habilement.
À 19 ans, vous avez quitté votre commune natale pour rejoindre Los Angeles, afin de réellement lancer votre carrière musicale. Que ressentiez-vous sur le trajet ?
J’étais excitée, mais je ne connaissais personne sur place, à part quelques producteurs que j’avais rencontrés en ligne. J’avais travaillé comme serveuse en Allemagne et économisé l’argent nécessaire pour venir à L.A. afin de devenir songwriter. Je voyais cela comme une porte d’entrée pour ensuite devenir une artiste et produire ma propre musique. J’ai rédigé des paroles pour beaucoup de chanteur·se·s à Los Angeles, dont JoJo et Fergie. Écrire un morceau pour elle m’a d’ailleurs permis de signer un contrat pour sortir mes propres sons.
Tenue : Louis Vuitton.
Ce titre de Fergie n’a cependant jamais été révélé. Savez-vous pourquoi ?
Non… Il n’est juste pas sorti [Rires, NDLR]. C’est très fréquent, cela m’est arrivé plusieurs fois avec différent·e·s chanteur·se·s : l’artiste enregistre le morceau que vous lui avez écrit, vous vous dites « trop bien, ce sera son prochain single, ou bien le titre sera dans son prochain album » et finalement, ça n’aboutit pas. Tous·tes les songwriters de Los Angeles connaissent ça, c’est quelque chose de normal.
Vos premiers morceaux traduisaient votre fantasme de devenir une popstar, alors que vous viviez dans des conditions modestes. Considérez-vous qu’ils possédaient une dimension performative ?
Tout à fait. Durant la première ère, j’écrivais sur la vie que je voulais avoir. Les paroles que je chantais parlaient de vêtements de designer et d’une vie luxueuse, alors que je vivais avec quatre colocataires, que je dormais sur un matelas à même le sol et que je devais me battre pour m’en sortir. Je considère que la pop était un moyen d’échapper à mes problèmes ; c’est le rôle qu’elle a toujours joué pour moi.
Tenue : Louis Vuitton.
Votre premier clip, « I Don’t Want It At All » (2017), en est l’exemple même. Vous y chantez notamment que vous souhaiteriez que quelqu’un paye tous vos vêtements de luxe : considérez-vous ce titre comme un « hymne aux sugar babies », comme certains médias ont pu l’écrire ?
Oui, le sujet de ce morceau, c’est que je veux obtenir ce dont j’ai envie. J’admire les femmes qui parviennent à leurs fins, elles m’obsèdent. Ce single est une sorte d’échappatoire — teinté d’humour — à la réalité, que je trouve assez ennuyeuse.
Ce clip, également porté par la présence de Paris Hilton, vous a permis de réellement lancer votre carrière. Quelle était l’étape suivante ?
J’ai ensuite fait grandir mon public aux États-Unis. Après ce morceau, j’ai entamé une tournée dans tous les clubs gays américains, c’est comme ça que j’ai créé ma fanbase. Je suis allée dans toutes les petites villes, je montais sur scène et je rencontrais beaucoup de monde. J’ai fait ça pendant environ un an, avant de partir en tournée avec Troye Sivan. Après avoir assuré ses premières parties, j’ai entamé de grandes tournées en mon nom. Au départ, je donnais des concerts devant 1 000 personnes, puis vers la fin, il y en avait 6 000. À chaque fois que je sors de nouveaux morceaux, ma fanbase s’agrandit. J’ai de plus en plus d’impact.
Quel est votre meilleur souvenir lié à un de vos concerts ?
Il y en a tellement… Mais ceux que j’ai donnés à New York l’an dernier étaient parmi les plus incroyables que j’ai connus. C’était dans une salle immense où toutes les places étaient sold out pour deux soirs d’affilée. À New York, j’avais dans un premier temps présenté des shows dans de petits clubs de Brooklyn, c’était dingue pour moi de réaliser que j’avais parcouru autant de chemin depuis. J’ai pleuré sur scène, c’était vraiment beau. Mes concerts parisiens m’ont beaucoup marquée aussi, certains amis designers étaient venus me voir, cela m’a galvanisée.
Tenue : Louis Vuitton.
Vous assistez d’ailleurs à des défilés parisiens, dont ceux de Ludovic de Saint Sernin, et vous citez en parallèle régulièrement des marques de luxe dans vos paroles, comme Louis Vuitton. Pourquoi la mode vous plaît-elle tant ?
À mes yeux, la mode et la musique vont main dans la main. Les vêtements permettent d’accentuer ce que vous dites, ils peuvent faire ressortir le fait que vous êtes heureux·se, ou que vous êtes amoureux·se. Quand j’étais petite, j’étais obsédée par les talons et les collants. Regarder des défilés, c’était pour moi la même chose que de visionner des clips. J’ai grandi dans la campagne allemande au milieu des vaches, sans voisins, sans rien, donc cela constituait pour moi une petite fenêtre vers un monde glamour, où la façon dont vous vous habillez et ce que vos vêtements expriment ont une importance. Les grand·e·s designers me fascinent et m’inspirent.
Avez-vous une icône du point de vue du style ?
Ce n’est pas très original, mais je dirais Audrey Hepburn, qui est à la fois sublime et effortless. Et aussi l’idole punk allemande Nina Hagen.
Vous pouviez difficilement citer deux femmes plus opposées.
C’est vrai [Rires, NDLR]. Cela fait écho au fait que j’aime m’habiller de manières très différentes. Certains jours, j’ai envie d’être blonde et d’enfiler une tenue dérivée des tailleurs, des talons et des perles, puis d’autres fois je désire être punk et me couper les cheveux sur un côté. C’est vraiment un moyen d’expression important pour moi. Avant d’enregistrer des morceaux, je prends souvent le temps de me créer un look, car cela m’aide à mieux écrire, à être inspirée.
Tenue : Louis Vuitton.
Ces différents aspects de votre personnalité se retrouvent aussi dans votre musique, à travers laquelle vous n’avez pas hésité à faire le grand écart, de la bubblegum pop sémillante de vos débuts à l’ambiance beaucoup plus sombre et campy de votre double EP Turn Off the Light (sorti en deux temps, en 2018 et 2019), dont le thème s’axe autour de Halloween. Qu’est-ce qui vous a poussée à effectuer ces volte-face ?
J’ai toujours été fascinée par Halloween, que je fêtais quand j’étais petite. Je trouve les monstres vraiment cool et je m’identifie au fait d’être une paria, un monstre [Rires, NDLR]. Je n’étais vraiment pas populaire à l’école, donc j’étais très solitaire. Et depuis un très jeune âge, je raffole des films d’horreur et des thrillers, j’adore ceux de Hitchcock avec Tippi Hedren. Ce sont pour moi les genres cinématographiques les plus palpitants.
Ne craigniez-vous pas de perdre une partie de votre public, ou tout du moins de rendre votre identité artistique confuse, en postant pour l’occasion des photos retouchées de vous transformée en créature gore recouverte de sang, ce qui tranche par exemple avec l’image de la jeune chanteuse blonde vouant un culte à Paris Hilton qu’on découvrait dans le clip de « I Don’t Want It At All » ?
Mon management était en effet inquiet à ce sujet. Mais il s’agit de deux facettes de moi-même : il y a un côté lumineux et drôle et un autre sombre et inquiétant. Je n’ai pas l’impression d’être toujours la même personne. Il y a certains aspects de ma personnalité avec lesquels je joue en les exagérant, puis je passe à autre chose. Ce dont j’ai envie maintenant — qui constituera un nouveau chapitre —est à nouveau très différent. J’aime être versatile et faire plein de choses sans me restreindre à une seule. Je ne cherche pas à rentrer dans une case.
Madonna est selon moi l’une des plus grandes popstars : elle a sans cesse évolué, changé et pour moi, c’est ça, être une artiste. Je me sens vraiment inspirée par son énergie et le fait qu’elle se foutait de ce que les gens pensaient d’elle.
Tenue : Louis Vuitton.
Vous évoquez un « nouveau chapitre » : je suppose qu’il est étroitement lié à votre premier « concept album », que vous préparez actuellement. Comment avance-t-il ?
Je l’avais commencé avant le confinement, puis une fois qu’on nous a imposé de rester chez nous, j’ai passé deux mois sans être très créative. J’étais censée donner mon premier concert à Coachella et il a bien sûr été annulé, comme tout ce que j’avais prévu et je me suis sentie vraiment mal. Puis je me suis remise sur l’album et actuellement, je suis à fond dessus : je ne pense qu’à ça et je lui dédie toutes mes journées. Je crois que je n’ai jamais passé autant de temps sur un disque. Je veux qu’il soit le meilleur projet musical que j’aie jamais créé et je suis optimiste sur le fait qu’il le devienne.
Être une popstar tout en sortant vos morceaux via votre propre label indépendant (BunHead Records), sans l’appui d’une major, doit constituer un vrai challenge. Comment y parvenez-vous ?
J’adore travailler, arriver avec de nouvelles idées et m’impliquer sur plein d’aspects différents. On réfléchit à ce qu’on veut faire avec mes ami·e·s et les personnes en qui j’ai confiance, puis on fait tout ce qu’on peut pour concrétiser ce à quoi on a pensé ensuite, peu importe les problèmes qu’il faut surmonter pour y parvenir. On s’assure que notre vision s’incarne exactement comme nous le voulons.
C’était génial de faire grandir ensemble une vraie fanbase qui soit loyale. C’est très gratifiant, mais il ne faut pas croire que je fais ça toute seule : je collabore avec de super artistes visuels et de grands producteurs qui m’aident à concrétiser mes idées. L’un d’entre eux est Aaron Joseph, qui m’accompagne également en tant que songwriter, tout comme Alex Chapman, qui assurait par ailleurs la première partie de mes tournées avec ses DJ sets. Je travaille avec des ami·e·s, nous formons une équipe créative. Bosser avec les gens que j’aime est la meilleure chose qui soit.
Tenue : Louis Vuitton.
Vous échangez par SMS avec certain·e·s de vos fans — à qui vous envoyez parfois également vos singles ou clips à venir pour leur demander ce qu’ils·elles en pensent — et vous en rejoignez également d’autres sur Animal Crossing pour discuter avec eux·elles en ligne… Pourquoi est-ce si important pour vous d’être proche de votre fanbase, alors que la plupart des popstars préfèrent rester quasi inaccessibles ?
J’aime beaucoup mes fans et j’adore en effet leur parler : j’ai l’impression que nous sommes ami·e·s, ou qu’on est issu·e·s de la même famille. Ce que je suis et ma musique comptent beaucoup pour eux·elles et nombre d’entre eux·elles ont fait leur coming out grâce à moi. La musique pop a eu exactement le même effet sur moi. Quand j’étais petite, les popstars m’ont inspirée et encouragée à devenir ce que je voulais vraiment être, tout comme, à mon tour, j’inspire mes fans aujourd’hui. J’ai reçu des messages de filles et garçons transgenres de 10 ans qui m’ont dit que je leur ai permis de comprendre qu’ils·elles peuvent devenir ce qu’ils·elles veulent.

« La pop était un moyen d’échapper à mes problèmes ; c’est le rôle qu’elle a toujours joué pour moi. »

Avant eux·elles, vous avez été l’une des plus jeunes personnes de la planète à devenir publiquement trans : après avoir pris des hormones à partir de 12 ans, vous avez été opérée à 16 ans pour affirmer votre genre (alors que l’âge légal minimum était alors en principe de 18 ans en Allemagne), suite à quoi vous avez donné plusieurs interviews. En parallèle, vous êtes devenue l’objet de moqueries de la part de nombreux·ses élèves de votre école. Comment avez-vous fait face à cette situation ?
Je ne traînais pas avec grand monde à l’époque, mais j’avais la chance d’avoir une famille et des ami·e·s sur internet qui me soutenaient, ils·elles ont été super. J’ai rapidement décidé de ne pas vraiment me soucier de ce que les autres élèves de l’école disaient de moi. C’est ce qui m’a permis de surmonter ça. Ils·Elles me disaient des choses horribles. Moi je n’ai jamais voulu faire ça à quelqu’un d’autre. Mais je suis sûre qu’ils·elles le regrettent maintenant.
Croyez-vous, comme Nietzsche l’a écrit, que « ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort » ?
Oui, c’est tout à fait vrai. Ayant dû affronter ça à un très jeune âge, j’ai appris à gérer ce genre de situation, à être à l’aise avec le fait que des gens ne m’aiment pas. Quand certaines personnes ont désormais des paroles dures à mon égard sur Internet, j’ai conscience d’avoir enduré des choses bien pires.
Tenue : Louis Vuitton.
Vous avez répété plusieurs fois dans vos précédentes interviews que vous n’êtes pas à l’aise concernant le fait de prendre la parole au sujet des droits des trans, car vous avez réalisé que cela pouvait éclipser votre œuvre musicale. Pensez-vous néanmoins que vous atteindrez bientôt un niveau de célébrité, en tant que popstar, qui vous semblera assez important pour pouvoir vous engager davantage dans la lutte en faveur des droits LGBTQ+ sans avoir à craindre d’être réduite à votre qualité de femme trans ?
Oui, tout à fait. Je me suis retrouvée dans plusieurs documentaires en Allemagne qui parlaient du fait que j’étais une adolescente transgenre, et j’ai été réduite à cela. J’ai eu peur d’être prise pour une freak, mais maintenant, j’en parle ouvertement. J’en ai toujours parlé avec fierté, on pouvait me demander n’importe quoi sur le fait d’être transgenre, mais en effet, à certains moments, cela faisait de l’ombre à ma plus grande passion, à laquelle je dédie toute ma vie et pour laquelle je travaille si dur. J’aimerais être perçue et jugée comme n’importe quel·le autre artiste musical·e : être transgenre ou homosexuel·le ne devrait rien changer. Si une personne apprécie vraiment ma musique, ce n’est pas parce que je suis trans. L’égalité, c’est lorsque quelqu’un dit quelque chose du genre « elle fait de la super musique », qu’on me perçoit comme un être humain et non comme une trans. Dans le monde auquel je rêve, on serait tous·tes égaux·les et jugé·e·s de manière identique, peu importe notre genre ou notre couleur de peau. Mais d’un autre côté, je suis très heureuse d’avoir actuellement de la visibilité et je réalise qu’il est important de se battre pour elle. Beaucoup de gens suivent ce que je fais et dès que j’ai l’occasion de parler du fait d’être transgenre, je le fais avec fierté.
Vous collaborez avec MTV, LogoTV et Trans Lifeline afin d’apporter votre appui à un programme de soutien aux jeunes trans. Ce dernier consiste à leur offrir des bourses afin qu’ils·elles puissent changer leur carte d’identité pour qu’elle leur corresponde, afin de les encourager à aller voter à l’élection présidentielle américaine à venir. Qu’est-ce qui vous a poussée à vous engager dans ce projet ?
Je ferai toujours tout ce qui est en mon pouvoir pour aider ma communauté. Ce type d’action est très importante, je suis très heureuse d’avoir pu la rejoindre.
Avez-vous d’autres projets en cours que l’album sur lequel vous travaillez ?
Je ne peux pas vraiment en parler. Mais cet album s’accompagnera d’une « nouvelle moi ». Récemment, j’ai commencé une thérapie en ligne, car je suis une personne très anxieuse et j’ai voulu savoir ce qui n’allait pas chez moi. Cela m’a aidée à prendre de la hauteur, je suis maintenant plus forte. J’ai beaucoup appris sur moi-même et j’ai l’impression d’avoir plein de choses à partager.
Tenue : Louis Vuitton.
Composer de la musique, est-ce également une forme de thérapie pour vous ?
Complètement. Je surmonte beaucoup de problèmes en écrivant à leur sujet. Quand je compose un morceau, je m’assois et je me concentre sur ce que j’ai vraiment envie de dire, cela me fait beaucoup de bien.
Vous avez composé plus de 500 titres, bien que vous ne les ayez pas tous sortis. Créer un morceau, c’est quelque chose de facile et rapide pour vous, ou cela peut parfois être fastidieux ?
Cela ne me prend parfois que quelques heures, et d’autres fois, j’y passe plusieurs semaines. Mes morceaux préférés sont ceux que je parviens à composer rapidement, j’ai l’impression de les extraire de mon cerveau et puis c’est bon, je n’ai plus besoin de m’en soucier. Il s’agit souvent de ceux dont j’ai les paroles en tête. Mais parfois, je marmonne pour créer la mélodie dans un premier temps, et cela prend ensuite plus de temps. C’était le cas de « Heart to Break », par exemple : il m’a fallu environ trois mois pour le terminer, il doit en exister 20 versions différentes. Quand je sens qu’un titre a du potentiel, je le challenge jusqu’à ce qu’il atteigne sa meilleure forme possible.
Tenue : Louis Vuitton.
Avec quel·le·s artistes rêveriez-vous de faire un featuring ?
J’adorerais collaborer avec Daft Punk, c’est vraiment mon objectif ultime. Et aussi Robyn ou encore BLACKPINK, dont je suis vraiment fan. J’aimerais aussi écrire des morceaux pour Miley Cyrus – qui a l’une des plus belles voix qui soient – et Rihanna, car tout ce qu’elle fait est fantastique.
Où vous voyez-vous dans 10 ans ?
J’adorerais créer des chaussures ou des vêtements. Je veux également continuer à composer de la musique vraiment pure, qui ait réellement du sens pour moi. J’espère que je remplirai des stades, que j’aurai encore progressé en tant qu’artiste.

Cette interview est extraite d’Antidote Statements issue hiver 2020-2021. 

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