« Pregnancy Empowerment » : un nouveau seuil de visibilité

Depuis quelques années, un basculement s’opère. La grossesse, longtemps dissimulée ou reléguée hors champ, gagne en visibilité grâce, notamment, à quelques moments culturels marquants – poke Riri & Queen B. Ni les premières ni les seules, mais leurs images massivement partagées ont ouvert une brèche. Aujourd’hui, un autre niveau de pregnancy empowerment apparaît : moins glamour, plus brut, plus vulnérable, plus sociétal. Un espace où les personnes enceintes reprennent la souveraineté de leur récit, lorsque leurs conditions personnelles le permettent, en montrant ce que cet état traverse réellement. Le dernier post de la créatrice Ester Manas s’inscrit pleinement dans cette dynamique – et mérite d’être remercié, et célébré, pour cela.
Underexposure Culture : ce que la mode n’avait pas vu venir.

Après deux décennies d’amplification continue, la mode s’est rendue incontournable et omniprésente. Mais l’abondance use plus vite que l’absence. Elle va devoir affronter une génération que nous nommons ici Underexposure Culture, qui n’attend plus d’elle qu’elle impose sa puissance, mais qu’elle apprenne à se faire plus discrète. Le prochain territoire ne sera ni visible ni viral : il sera humain.
Cynthia Erivo et Amnesty unissent leurs voix contre les violences faites aux femmes accusées d’être des sorcières.

Traiter une femme de « sorcière » n’appartient pas au passé : c’est encore une arme utilisée contre les plus vulnérables, souvent âgées, isolées ou trop libres pour rentrer dans les normes. Cynthia Erivo rejoint Amnesty International pour soutenir celles qui paient le prix de ces accusations.
L’ex, cette relation sous-cotée, ou l’ère de la Post Love Relationship

C’est probablement la relation la plus stigmatisée, et pour cause. Pourtant, chez la Gen Z et les jeunes millénial·e·s, une autre tendance se dessine : un lien apparaît après la rupture, un « après » que l’on pourrait nommer ici Post Love Relationship (PLR). Une relation encore largement sous-cotée, mais qui dit beaucoup de nos façons d’aimer aujourd’hui. Cet article cherche à la nommer, à l’expliquer, à l’analyser et, à travers elle, à comprendre les nouvelles formes de liens qui structurent nos vies et ce qu’elles révèlent de notre génération.
Juges malgré nous, la fatigue morale.

On vit dans un monde où l’injustice se diffuse en direct, visible depuis nos écrans, à la seconde près. On a vu des corps tomber, des villes s’effondrer, des vies s’éteindre avant même que la justice ne s’en mêle. Et dans ce décalage, quelque chose s’est rompu. On a compris qu’on pouvait tout voir sans que rien ne change. Les institutions se taisent, les puissants s’excusent, les tribunaux vacillent sous le poids du temps.Alors, une autre forme de morale a pris place : collective, horizontale, immédiate. Les réseaux sociaux sont devenus nos places publiques, nos tribunaux, nos cris d’alerte. Nous sommes devenus juges malgré nous. Pas parce qu’on le voulait, mais parce qu’il est moralement difficile de faire autrement. Et à force de vouloir réparer, on finit par s’épuiser. Porter sur nos épaules un monde qu’on n’a pas construit, mais qu’on refuse de laisser s’effondrer.
RIP : quand la mort s’invite dans nos flux.

Nos réseaux sociaux n’ont pas été pensés pour accueillir les morts. Et pourtant, ils sont devenus des cimetières digitaux, des mémoriaux improvisés. À chaque disparition, intime ou publique, surgissent des stories noires, des RIP en lettres capitales, des carrousels d’images et des hashtags collectifs. Ces hommages intriguent, émeuvent ou dérangent. Sont-ils impudiques ? Sincères ? Superficiels ? Ils révèlent surtout comment la mort s’est dissoute dans le flux et comment nos rituels de deuil ont glissé du lieu de recueillement au feed, de la pierre tombale au flux.
Quand tout le monde dit ce qu’il voit. La mode sous jugement permanent.

Jean Paul Gaultier par Duran Lantink, premier défilé du designer pour la maison. Le show n’est pas encore terminé que la toile s’enflamme déjà. Très vite, les commentaires s’écrivent par centaines. Visiblement, ça n’a pas plu à beaucoup. Personnellement, j’ai trouvé ça beau, pas tout, mais suffisamment pour saluer son talent. Sous l’effet du flux, des opinions qui s’accumulent et des algorithmes, à tort ou à raison, un doute s’installe en moi. Mon avis est-il juste ? Par conviction ou par esprit de contradiction, je suis déterminé à ne pas participer à cette vague d’influence négative. Cette unanimité numérique destructrice m’a frappé, traversant toutes les typologies de commentateurs : journalistes, influenceurses, amateurices de mode. C’est comme si, en ligne, il ne pouvait plus y avoir de nuance. Tout doit être tranché, immédiat, validé ou rejeté.
Camille Etienne : « On n’est plus une société de l’effort, on est une société du confort »

Après avoir grandi au cœur des montagnes savoyardes et intégré Sciences Po, Camille Étienne s’est imposée comme l’une des figures phares de l’activisme écologique, notamment en diffusant des vidéos virales sur Youtube, où elle insiste sur la nécessité d’agir au plus vite pour limiter le dérèglement climatique. À travers cet entretien, elle évoque comment sortir de l’impuissance face à la destruction des écosystèmes, revient sur ses actions de désobéissance civile et les menaces de mort qu’elle a reçues, et explique comment elle a contribué à faire changer d’avis Emmanuel Macron sur l’exploitation minière des fonds marins, initiant ainsi un mouvement international.
STEP’N ou comment gagner de l’argent en marchant

STEP’N est un crypto-game « move to earn » qui garantit un revenu quotidien à ses utilisateur·rice·s quand ils·elles marchent ou courent. Le projet est encore en phase bêta, mais il a déjà connu un engouement important dans la cryptosphère. Prémices d’une nouvelle économie qui permet de créer des jobs-loisirs ou modèle dystopique voué à disparaître ?
Oulaya Amamra : « On chuchote beaucoup, et on ne hurle pas assez »

L’affiche de deux films à la rentrée (Fumer fait tousser, de Quentin Dupieux, et Citoyen d’honneur, de Mohamed Hamidi), dans des registres extrêmement différents qui révèlent toute l’étendue de sa polyvalence, Oulaya Amamra a achevé sa mue et s’impose comme l’une des actrices françaises phares de sa génération.
Oulaya Amamra : « We whisper a lot, and we don’t yell enough. »

Starring in two films this fall (Smoking Causes Coughing by Quentin Dupieux, and Citoyen d’honneur by Mohamed Hamidi), in extremely different registers that reveal the full extent of her talent, Oulaya Amamra has completed her moult and established herself as one of the leading French actresses of her generation.
Pourquoi le concept de « décroissance » est-il tabou ?

Alors que, sur fond de crise climatique et énergétique majeure, les décideur·se·s de tous bords nous encouragent à faire preuve de sobriété dans nos modes de consommation, un tabou demeure : celui d’une éventuelle décroissance. Dans un système dont croître est la raison d’être, comment s’autoriser à changer de paradigme ? Petit tour d’horizon de celles et ceux qui ont posé les jalons de ce courant de pensée et de leurs arguments.
Why is the concept of « degrowth » taboo?

Against the backdrop of a major climate and energy crisis, decision-makers of all stripes are encouraging us to be tempered in our consumption patterns, yet one taboo remains: a potential degrowth. In a system in which growth has been the raison d’être, how we can enable ourselves to change the paradigm? A brief overview of those who have laid the groundwork for this line of thought and their arguments.