Art

« The Dead Don’t Die » : le nouveau film de Jim Jarmusch réveille les morts à Cannes

Article publié le 14 mai 2019

Share :

Photo : The Dead Don’t Die.
14/05/2019

Présenté en ouverture du festival de Cannes ce mardi 14 mai, The Dead Don’t Die sort simultanément en salle. À mi-chemin entre l’horreur et la comédie, le nouveau-long métrage du réalisateur américain Jim Jarmusch s’inscrit dans une vague qui témoigne d’un nouvel engouement pour l’épouvante.

Alors que les films d’horreur connaissent une nouvelle heure de gloire, et que certains d’entre eux ont récemment reçu les louanges de la critique – on pense notamment à Us de Jordan Peele avec Lupita Nyong’o -,  il semble ne rien y avoir d’étonnant à ce que le long-métrage choisi pour lancer les festivités de la 72ème édition du festival de Cannes qui débute ce mardi 14 mai soit un film appartenant au même genre.

Treizième long métrage de Jim Jarmusch et neuvième présenté par le réalisateur à Cannes, The Dead Don’t Die prend vie grâce à un casting « à réveiller les morts », à en lire son affiche qui met en scène une main sortant tout droit des entrailles du cimetière de Centerville, une petite bourgade américaine tranquille et sans histoires, bientôt envahie d’une armada de zombies cannibales, affamés de chair fraîche et assoiffés de café ou de Chardonnay. Aux côtés de l’actrice Sara Driver, la légende du rock Iggy Pop campe l’un d’entre eux, tandis que l’Écossaise Tilda Swinton interprète Zelda Winston, une thanatopracteur bouddhiste qui maquille ses cadavres en Drag Queens et se défend des morts-vivants à l’aide d’un sabre de samouraï. On retrouve également Chloë Sevigny aux côtés de Bill Murray et Adam Driver, composant un trio de policiers pour le moins désemparés qui tentent de protéger les habitants joués par la chanteuse Selena Gomez ou encore le rappeur RZA.

À mi-chemin entre le film d’horreur et la comédie, The Dead Don’t Die (dont la bande-annonce avait été dévoilée le mois dernier) réuni donc un large casting de célébrités. Plus loufoque qu’effrayant, ce long-métrage n’en constitue pas moins une métaphore du monde et une critique de notre société selon son réalisateur, récompensé du Grand Prix du festival de Cannes en 2005 pour Broken Flowers, où les zombies sont utilisés comme une métaphore pour dérouler, en filigrane, un récit écologique.

À lire aussi :

[ess_grid alias= »antidote-home2″]

Les plus lus

> voir tout

Qui est Richard Gallo, pionnier de la performance artistique et sex symbol ?

Sex-symbol de l’underground new-yorkais dans les années 1970, le performeur Richard Gallo a fait de sa manière d’être une œuvre d’art à part entière. Au croisement de la mode, du bodybuilding et du théâtre, sa pratique subversive a transformé la rue en une scène expérimentale, où il exhibait sa musculature parfaite et son vestiaire licencieux mêlant esthétique camp, sado-masochisme et glamour hollywoodien.

Rencontre avec Juan Alvear, le nail artist favori des popstars

Il a réalisé des ongles pour Charli XCX, FKA Twigs, Lil Nas X, Arca, Kelsey Lu ou encore Kim Petras. Juan Alvear, alias @nailsbyjuan.nyc sur Instagram, repousse les limites du nail art et remet en cause les normes policées de la beauté en nous plongeant dans un univers de conte de fée sous acide. Rencontre.

Les algorithmes ont-ils mauvais goût ?

Canal de diffusion essentiel pour les artistes contemporains, le réseau social Instagram est en quelque sorte devenu la première galerie virtuelle internationale. S’affranchissant des intermédiaires traditionnels du marché tels que les commissaires d’expositions ou encore les critiques, l’art 2.0 y prospère. Mais n’est-ce pas au risque de sa propre banalisation ?

Tahar Rahim : « On est en train de foutre en l’air la Terre »

Tahar Rahim a débarqué, il y a dix ans, avec la force et l’évidence d’un uppercut. C’est la révélation d’Un Prophète de Jacques Audiard, qui fait sensation à Cannes en 2009, repartant avec le Grand Prix du Jury, et qui décroche, l’année suivante, neuf Césars dont deux pour son jeune acteur (meilleur acteur et meilleur espoir masculin), ce qui n’était jamais arrivé jusqu’alors. Depuis, Tahar Rahim a multiplié les collaborations, en France comme à l’international. Il est aujourd’hui à l’affiche de The Eddy de Damien Chazelle, une série musicale signée Netflix, sortie le 8 mai 2020, où il joue au côté de sa compagne Leïla Bekhti. Retour sur le parcours, les désirs et les rêves d’un comédien exceptionnel.

Rencontre avec l’artiste Will Benedict, dont l’œuvre reflète l’absurdité du monde contemporain

Il a réalisé une vidéo sur une livreuse Uber Eats dominatrice, un mockumentary (« documentaire parodique », en français) dans lequel des humains nus tombent du ciel, une campagne vidéo apocalyptique pour Balenciaga ou encore des émissions culinaires surnaturelles. Fasciné par l’absurdité humaine, l’artiste américain Will Benedict infiltre la médiasphère et décrypte les codes de l’infotainment avec son humour débridé. Rencontre.

Pourquoi le monde de l’art est-il fasciné par l’adolescence ?

Depuis 2016, la curatrice Julia Marchand explore la fascination pour l’adolescence qu’elle a décelée chez de nombreux artistes via son projet curatorial Extramentale, fondé à Arles. Dans cette interview, elle déroule le fil de sa réflexion sur les connivences toujours plus fortes entre art et teenagehood, alors même que le monde adulte retombe selon elle dans l’adolescence.

lire la suite

> voir tout

Art

Découvrez la quatrième série mode de Ferry van der Nat issue d’Antidote : DESIRE