Art

Olafur Eliasson illumine le Château de Versailles

Article publié le 10 juin 2016

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Photos : Anders Sune Berg / Château de Versailles

L’artiste contemporain danois succède à Anish Kapoor, dont l’oeuvre décriée Dirty Corner avait été mutilée à de nombreuses reprises l’an passé. Olafur Eliasson est l’invité 2016 du château de Versailles pour toute la durée de l’été. Et la lumière fut.

Depuis le 7 juin, se dresse au centre du Grand Canal une vertigineuse cascade de plusieurs dizaines de mètres de haut. Cette oeuvre, dédiée au concepteur du parc André Le Nôtre qui avait eu l’idée d’une fontaine spectaculaire des siècle auparavant, est signée de la main d’Olafur Eliasson.

Jusqu’au 30 octobre 2016, l’artiste danois de 39 ans s’installe au château de Versailles pour y présenter une série d’œuvres. À l’extérieur, un triptyque aquatique composé non seulement de l’impressionnante cascade mais aussi d’un anneau de brume érigé dans le bosquet de l’Étoile et d’un bassin rempli de moraines glaciaires, résidus rocheux venus du Groënland.

«Le Versailles dont j’ai rêvé est un lieu qui responsabilise chacun. Il invite les visiteurs à prendre le contrôle de leur expérience au lieu de simplement consommer et être éblouis par la grandeur. Il leur demande d’ouvrir leurs sens, de saisir l’inattendu, de flâner à travers les jardins, et de sentir le paysage prendre forme à travers leur mouvement», explique l’artiste.

Mais Eliasson ne s’est pas contenté des somptueux parcs de l’édifice construit au XVIIe siècle. La visite des innombrables salles du château est ponctuée des miroirs convexes et des anneaux lumineux du plasticien qui engage ici un dialogue avec le décor baroque du bâtiment. C’est naturellement dans la mythique Galerie des Glaces que la sculpture maîtresse baptisée Your Sense of Unity a trouvé sa place.

L’artiste, bien connu des hautes sphères de l’art contemporain mondial, devient cette année le huitième plasticien à se voir accorder le privilège d’exposer au château de Versailles. Après Jeff Koons, Takashi Murakami ou Joana Vasconcelos, Anish Kapoor déchaînait les passions l’été dernier avec son œuvre Dirty Corner, surnommée Le vagin de la Reine. Les installations astrales plus modérées d’Olafur Eliasson ne devraient pas s’attirer les foudres des plus extrêmes défenseurs de l’héritage du Roi Soleil.

L’exposition d’Olafur Eliasson est à découvrir au château de Versailles, jusqu’au 30 octobre 2016.

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