Mathias Kiss

Article publié le 17 juin 2015

Art

S’ouvrant sur une pièce où est suspendue, impériale, une corniche dorée destituée de son emploi originel, l’exposition Ornementation Brutaliste ne se laisse pas facilement oublier. Tout comme son auteur, Mathias Kiss, qui sait comme personne transformer le brut en or. Et sans lui enlever de sa puissance.
Il faut dire que ses débuts remontent à loin. À 14 ans, il travaillait déjà de ses mains, comme apprenti de peintre vitrier. Très vite, il intègre les Compagnons. Pendant quinze ans, il participe activement à des chantiers sur des prestigieux monuments historiques tels l’Opéra Garnier ou le Louvre. Il acquiert de l’expérience, avec humilité et exaltation.
En 2000, nouvelle étape pour Mathias Kiss, dont la première exposition personnelle se tient à la galerie Teisso, à Paris. Deux ans plus tard, il fonde l’agence de design Attilalou avec le maître artisan Olivier Piel, qui se penche sur la décoration intérieure, ose des installations novatrices et des scénographies insolites. Collectionneurs d’art, musiciens, créateurs, designers… Ses clients ne jurent que par l’audace des propositions de ce studio.
En l’espace d’une décennie, Mathias Kiss s’est fait un nom en solo, grâce à l’engouement dont bénéficient certaines de ses créations comme le Miroir Froissé (qui détourne le concept de sculpture) ou les séries 90°Golden Snake. Doté d’une culture imparable, se moquant des tabous, il lie les expériences de l’art contemporain au respect des traditions architecturales. L’intime rencontre l’universel– en a témoigné La KissRoom en 2013, une chambre introspective créée pour durer 1000 nuits. Car Mathias Kiss connaît suffisamment bien le classicisme pour le twister, avec un sens aiguisé de la narration. Les ciels se peignent sur les murs, l’or est partout, les angles se jouent même du mobilier… Si le rendez-vous est à prendre cet été à la galerie NextLevel, mais une chose est sûre : il y en aura beaucoup d’autres à venir.

Jusqu’au 18 juillet, Ornementation Brutaliste à la NextLevel Galerie, 8 rue Charlot 75003 Paris.

Un texte de Sophie Rosemont

Les plus lus

Pourquoi la figure du clown fascine le monde créatif ?

Des mèmes de Donald Trump déguisé aux blockbusters tels que Joker ou Ça, le personnage initialement comique du clown s’affirme désormais comme une figure dramatique, voire inquiétante. Une nouvelle stature qui inspire la mode, la musique et l’art contemporain, attirés par son aura sulfureuse.

Lire la suite

Qui est Richard Gallo, pionnier de la performance artistique et sex symbol ?

Sex-symbol de l’underground new-yorkais dans les années 1970, le performeur Richard Gallo a fait de sa manière d’être une œuvre d’art à part entière. Au croisement de la mode, du bodybuilding et du théâtre, sa pratique subversive a transformé la rue en une scène expérimentale, où il exhibait sa musculature parfaite et son vestiaire licencieux mêlant esthétique camp, sado-masochisme et glamour hollywoodien.

Lire la suite

Rencontre avec Juan Alvear, le nail artist favori des popstars

Il a réalisé des ongles pour Charli XCX, FKA Twigs, Lil Nas X, Arca, Kelsey Lu ou encore Kim Petras. Juan Alvear, alias @nailsbyjuan.nyc sur Instagram, repousse les limites du nail art et remet en cause les normes policées de la beauté en nous plongeant dans un univers de conte de fée sous acide. Rencontre.

Lire la suite

Les algorithmes ont-ils mauvais goût ?

Canal de diffusion essentiel pour les artistes contemporains, le réseau social Instagram est en quelque sorte devenu la première galerie virtuelle internationale. S’affranchissant des intermédiaires traditionnels du marché tels que les commissaires d’expositions ou encore les critiques, l’art 2.0 y prospère. Mais n’est-ce pas au risque de sa propre banalisation ?

Lire la suite

Tahar Rahim : « On est en train de foutre en l’air la Terre »

Tahar Rahim a débarqué, il y a dix ans, avec la force et l’évidence d’un uppercut. C’est la révélation d’Un Prophète de Jacques Audiard, qui fait sensation à Cannes en 2009, repartant avec le Grand Prix du Jury, et qui décroche, l’année suivante, neuf Césars dont deux pour son jeune acteur (meilleur acteur et meilleur espoir masculin), ce qui n’était jamais arrivé jusqu’alors. Depuis, Tahar Rahim a multiplié les collaborations, en France comme à l’international. Il est aujourd’hui à l’affiche de The Eddy de Damien Chazelle, une série musicale signée Netflix, sortie le 8 mai 2020, où il joue au côté de sa compagne Leïla Bekhti. Retour sur le parcours, les désirs et les rêves d’un comédien exceptionnel.

Lire la suite

Newsletter

Soyez le premier informé de toute l'actualité du magazine Antidote.