Les 4 artistes à ne pas rater à la Biennale des photographes du monde arabe

Article publié le 16 septembre 2017

Art

Photo : Abdo Shanan
Texte : Maxime Retailleau

Leurs œuvres dépeignent le monde arabe contemporain à travers des regards neufs et novateurs. À découvrir jusqu’au 12 novembre.

Suite au succès de la première Biennale des photographes du monde arabe contemporain à Paris en 2015, une deuxième édition est organisée cette année à l’initiative de l’IMA et de la Maison Européenne de la Photographie. Voici quatre artistes à ne pas manquer.

Youcef Krache

Photo : Youcef Krache

Photographe autodidacte né en 1987, Youcef Krache est membre du collectif 220, qui rassemble 7 jeunes artistes algériens. La rue est son terrain de jeu favori, et inspire son œuvre constituée de clichés en noir et blanc spontanées et contrastées, qui évoquent parfois le travail de Daido Moriyama et lui a permis d’obtenir des prix à l’étranger. Ses projets se concentrent notamment sur des quartiers de banlieue, avec leurs tags, leurs barres d’immeubles décrépites et leur jeunesse désoeuvrée, dont il capture la poésie.

Youcef Krache est exposé à la Cité internationale des arts, 18 Rue de l’Hôtel de ville, à Paris.

Randa Mirza

Photo : Randa Mirza, issue de « parallel universes »

L’oeuvre de l’artiste libanaise Randa Mirza est inspirée par Beyrouth et l’histoire de son pays. Sa série « parallel universes » manipule des images prises pendant la guerre civile qu’il traverse de 1975 à 1990, ou lors du conflit avec Israël en 2006, auxquelles elle intègre avec ironie des personnages flâneurs aux allures de touristes. Mirza prend aussi des photos elle-même, pour immortaliser des pièces délabrées et abandonnées, ou encore des plongeurs amateurs réunis au site naturel de « La Grotte aux Pigeons ». Elle dresse ainsi un portrait bigarré de la capitale du Liban, partagée entre les cicatrices laissées par les guerres et l’insouciance de sa jeunesse.

Randa Mirza est exposée à la galerie Thierry Marlat, 2 Rue de Jarente, à Paris.

Farida Hamak

Photo : Farida Hamak

Ancienne reporter de guerre au Liban pour l’agence Viva, la Lyonnaise d’origine algérienne Farida Hamak travaille maintenant à son compte, en parallèle de son travail de codirigeante de la galerie « Regard Sud ». Elle est retournée dans son pays natal pour son projet minimaliste et onirique « Sur les traces », dont une partie est exposée à la Biennale : une série composée de portraits de femmes tendres et lumineux, et de photos d’individus entièrement recouverts de vêtements blancs, aux airs surréalistes.

Farida Hamak est exposée à la Maison Européenne de la Photographie, 5 Rue de Fourcy, à Paris.

Abdo Shanan

Photo : Abdo Shanan

Né à Oran en Algérie, Abdo Shanan a ensuite étudié en Libye avant de revenir dans son pays natal, où il a maintenant le sentiment d’être un étranger. « Aujourd’hui, les codes sociaux ont changé. Si je veux m’intégrer dans cette société, je dois changer. Mais, je ne veux pas, je veux protéger celui que je suis. Alors, je me trouve comme dans un exil émotionnel, intérieur, et j’utilise la photographie pour l’exprimer. » Sa série « Diary : Exile » explore cette thématique avec des photographies en noir et blanc, où l’appareil semble toujours en décalage avec ses sujets, qui lui tournent le dos, sortent du cadre ou semblent l’ignorer. Abdo Shanan a également cofondé le collectif 220 avec Youcef Krache.

Abdo Shenan est exposé à la Cité internationale des arts, 18 Rue de l’Hôtel de ville, à Paris. La deuxième Biennale des photographes du monde arabe contemporain se tiendra jusqu’au 12 novembre 2017 à l’IMA, la MEP, la Cité internationale des arts, la Mairie du 4e, la Galerie Thierry Marlat, la Galerie Photo12, la Galerie Clémentine de la Féronnière et la Galerie Binome. Fermeture des expositions de la Biennale à la MEP le 29 octobre et à la Cité internationale des arts le 4 novembre 2017.

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