Le prisme surréaliste

Article publié le 26 février 2015

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Depuis le début du 20ième siècle jusqu’à la fin des années 60, le surréalisme a été l’un des courants artistiques les plus riches et les plus éclectiques.

D’abord nourri de littérature sous l’égide d’André Breton, son terrain de jeu s’est étendu à l’art plastique, à la photographie et au cinéma. Et ce dans le monde entier. Le concept phare : libérer sa pensée, ses désirs et ses angoisses en reproduisant le processus du rêve. Couleurs tranchées, formes et collages font du surréalisme un mouvement qui, encore aujourd’hui, fait date.
Combien de photographes de mode se sont imaginés en Man Ray ? Ces dernières années, les campagnes publicitaires tout comme les shootings se refusent à contrôler les couleurs, nous offrant des images aux coloris affirmés, façon Dali et, surtout, à la manière de René Magritte (1898 – 1967), devenu incontournable dans l’inconscient collectif de la mode.

Cultiver l’anticonformisme sans perdre de vue l’esthétique… Voilà un discours résolument contemporain. Lorsqu’on voit la typographie du fameux « ceci n’est pas une pipe », force est de constater qu’elle a été généreusement empruntée depuis le début des années 2000. Les formes colorées qu’il utilisait se retrouvent souvent au détour d’une publicité ou d’une série mode. Enfin, l’attrait actuel pour les mots sérigraphiés, imprimés ou brodés rappelle l’amour des « énoncés » de Magritte, évident dans un tableau tel que la Querelle des Universaux.

En évoquant son art, le peintre parlait de « pensées inspirées ». Aurait-il imaginé autant inspirer la pensée de la mode d’aujourd’hui ?

Un texte de Sophie Rosemont

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