La saison estivale
du Palais de Tokyo

Article publié le 25 juin 2015

Art

Au sein de l’immense et parfois inquiétant espace du Palais de Tokyo, se tiennent plusieurs expositions qui vous rendre l’été parisien beaucoup bien plus passionnant que prévu.

Commençons par le sous-sol, où se côtoient plusieurs artistes : Tianzhuo Chen, d’abord, jeune homme inspiré par l’hyper violence de nos médias actuels, la télé en tête, tout comme par le bouddhisme et l’esprit des raves parties. Evidemment, c’est scandaleux en Chine, son pays natal, et plusieurs transporteurs ont refusé de se charger du voyage de ses œuvres… Heureusement venues jusqu’à nous !
Autre artiste asiatique, Korakrit Arunanondcha, qui explore le thème du drone, du deuil et de la famille dans un espace sombre et dont le sol est recouvert de jean et de peintures. Expressif…
Un peu plus loin, il ne faut pas avoir peur de déambuler dans les tréfonds réaménagés par Jesper Just dans le cadre de son œuvre Servitude. Autour des figures du One World Trace Center, d’une petite fille handicapée et Dree Hemingway, les vidéos s’interconnectent et interrogent les stigmates d’une ville blessée comme un corps humain peut l’être.
Il est temps de remonter. Et de se laisser guider dans l’acquaalta de Céleste Boursier-Mougenot, où les flux sont retransmis et se mélangent, et où l’on peut se promener, en barque, sur des eaux sombres dignes du Styx ou de Charles Laughton. On s’y perd en s’y retrouvant toujours. Ultime étape : l’exposition consacrée au travail de Patrick Neu, la première d’une telle envergure. Soudain, on se retrouve dans un espace blanc, lumineux, qui contraste avec tous ceux que l’on vient de traverser. Le Paradis après les Enfers ? En tout cas, les œuvres de Neu sont divines, avec ces verres où il travaille la suie, reproduisant des grands tableaux de Bosch ou Rubens, une camisole de force en ailes d’abeilles, des dessins représentant des iris, éclos année après année, des ailes d’ange en cire, une armure de samouraï en cristal.

L’artiste ne compte pas ses heures, chaque œuvre demande de ce temps qui manque tant, celui qu’il faut pour vivre son art et pour le transmettre. Une beauté suprême, et la révélation de cette saison du Palais de Tokyo.

Jusqu’au 13 septembre au Palais de Tokyo, 13, avenue du Président Wilson, 75116 Paris
www.palaisdetokyo.com

Un texte de Sophie Rosemont

Les plus lus

Qui est Richard Gallo, pionnier de la performance artistique et sex symbol ?

Sex-symbol de l’underground new-yorkais dans les années 1970, le performeur Richard Gallo a fait de sa manière d’être une œuvre d’art à part entière. Au croisement de la mode, du bodybuilding et du théâtre, sa pratique subversive a transformé la rue en une scène expérimentale, où il exhibait sa musculature parfaite et son vestiaire licencieux mêlant esthétique camp, sado-masochisme et glamour hollywoodien.

Tahar Rahim : « On est en train de foutre en l’air la Terre »

Tahar Rahim a débarqué, il y a dix ans, avec la force et l’évidence d’un uppercut. C’est la révélation d’Un Prophète de Jacques Audiard, qui fait sensation à Cannes en 2009, repartant avec le Grand Prix du Jury, et qui décroche, l’année suivante, neuf Césars dont deux pour son jeune acteur (meilleur acteur et meilleur espoir masculin), ce qui n’était jamais arrivé jusqu’alors. Depuis, Tahar Rahim a multiplié les collaborations, en France comme à l’international. Il est aujourd’hui à l’affiche de The Eddy de Damien Chazelle, une série musicale signée Netflix, sortie le 8 mai 2020, où il joue au côté de sa compagne Leïla Bekhti. Retour sur le parcours, les désirs et les rêves d’un comédien exceptionnel.

lire la suite

voir tout

Art

Comment le Moyen Âge est-il redevenu cool ?

Newsletter

Soyez le premier informé de toute l'actualité du magazine Antidote.