Barry Jenkins va réaliser un biopic sur le célèbre chorégraphe gay afro-américain Alvin Ailey

Article publié le 6 juin 2019

Art

Photo : Alvin Ailey.
06/06/2019.

Récompensé de l’Oscar du meilleur film en 2017 pour Moonlight, Barry Jenkins vient de révéler son nouveau projet de long-métrage. 

Né en 1931 au Texas alors que la ségrégation raciale fait rage, et mort du sida à New York en 1989, l’œuvre du légendaire danseur et chorégraphe afro-américain Alvin Ailey, nommé « ambassadeur essentiel de la culture américaine » par le Congrès américain en 2008, va une nouvelle fois être célébrée. Selon le site Deadline, Fox Searchlight Pictures a confié la réalisation d’un biopic sur sa personne au cinéaste Barry Jenkins. En mars 2018, la société de production avait acheté les droit de Alvin Ailey: A Life in Dance, une biographie du danseur écrite en 1996 par Jennifer Dunning, sur laquelle le scénario prendra appui.

Formé à la danse jazz à Los Angeles, Alvin Ailey est l’un des chorégraphes les plus importants du 20ème siècle. Érigé au rang de véritable icône de la danse moderne, il a notamment bâti sa renommée en organisant de multiples tournées à travers le monde. Créateur de 79 ballets, dont l’un des plus célèbres est « Revelations », Alvin Ailey a fondé sa propre compagnie à New York en 1958 : l’Alvin Ailey American Dance Theater. Régulièrement en représentation au festival Les étés de la danse à Paris, cette dernière, qui détient les droits de ses chorégraphies, a signé un accord pour participer à la réalisation du futur biopic de Barry Jenkins.

Photo : Ballet Revelations, Alvin Ailey.

Pour l’heure, aucun casting ni aucune date de sortie n’ont encore été annoncés pour ce long métrage – le quatrième de Barry Jenkins. La nom de son scénariste a cependant été dévoilé : il s’agira de Julian Breece, un des auteurs de la mini-série Dans leur regard de Ava DuVernay. Diffusée sur Netflix, cette dernière retrace l’histoire de cinq adolescents afro-américains et hispaniques inculpés à tort pour le viol et la tentative de meurtre d’une joggeuse, à Central Park en 1989, et questionne la discrimination raciale au sein du système judiciaire américain.

Âgé de 39 ans, Jenkins a déjà brossé de multiples portraits de personnages afro-américains à travers son œuvre, analysant au passage la place qu’ils occupent au sein de la société américaine. En 2016, Moonlight, son adaptation de la pièce de théâtre In Moonlight Black Boys Look Blue ( « Au clair de lune, les garçons noirs ont l’air bleus ») de Tarell Alvin McCraney, avait connu un accueil dithyrambique. Récompensé de trois Oscars devant le favori La La Land – celui du meilleur film, du meilleur scénario adapté et du meilleur acteur dans un second rôle – et d’un Golden Globe, Moonlight racontait comment Chiron, un jeune homme noir vivant dans le ghetto de Liberty City, un quartier de Miami ravagé par le trafic de drogue, découvrait et tentait de vivre son homosexualité. Début 2019, Barry Jenkins récidivait avec Si Beale Street pouvait parler, adapté d’un roman éponyme de James Baldwin, auteur américain notamment célèbre pour avoir écrit La Chambre de Giovanni. Également nommé aux Oscars cette année, où il a été récompensé du prix de la meilleure actrice dans un second rôle pour Regina King, le film suivait une difficile histoire d’amour dans le Harlem des années 70.

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