Ultra fast fashion : vers une interdiction de la promo par les influenceur·euse·s

Depuis plusieurs semaines, une proposition de loi française contre l’ultra fast fashion circule largement sur les réseaux sociaux, relayée par des ONG environnementales et commentée par des médias étrangers, notamment au Royaume-Uni. Présentée comme une mesure inédite en Europe, elle est citée comme une tentative de régulation de la surconsommation textile via l’influence.
La mode ne performe plus le politique. La jeunesse, elle, s’en empare.

La mode aimait autrefois se croire capable de révolutionner le monde, ou au moins de déplacer les lignes — et parfois elle l’a fait. Cette époque s’est refermée : la mode s’est vidée de son geste politique, soucieuse de neutralité, obsédée par le risque zéro. Pendant ce temps, une génération entière se politise comme aucune avant elle.
Qui est Cellulemere, l’artiste qui a performé à la dernière Antidote Party ?

À mi-chemin entre art numérique et rituel corporel, Cellulemere a transformé la scène de la dernière Antidote Party en laboratoire affectif. Un cocon fait de chair, de lumière et de code, dans le cadre d’une performance nommée « iMom, (ai)Baby », qui transforme l’amour en interface. Artiste plasticien, scénographe et designer franco-taïwanais, Hélio Chen (né Herve Chen) a grandit entre Bourges et Taiwan, dans une tamille d’artistes.
« Fétiche par Fétiche » : les mémoires indispensables d’une des premières mannequins trans de l’histoire.

Partageant la scène des mythiques cabarets Madame Arthur et Le Carrousel aux côté de Coccinelle et Bambi, que nous avions shootée et interviewée pour notre numéro « Persona » en 2022, Marie-Pierre Vancallement, alias Fétiche, publiait fin octobre ses mémoires, sobrement intitulées « Fétiche par Fétiche ».
« Generation Gucci » : quand Demna ressuscite et rejoue le défilé Gucci de Tom Ford, près de trente ans plus tard.

Demna ne cherche pas à faire semblant : il reprend Tom Ford, vraiment. Pour sa pré-collection Fall 2026, il retourne là où tout a commencé pour une génération entière : le show Gucci 1996, celui qui a reprogrammé la mode en un seul défilé. Lumière découpée, silhouettes qui glissent dans l’ombre, tension sexuelle assumée : il réactive les codes comme si la scène n’avait jamais été éteinte.
Quand l’IA s’allie à une stratégie humaine pour faire passer un faux titre pour du Jorja Smith – jusqu’à frôler les charts.

« I Run » n’a pas simplement exploité les capacités de l’IA. Le morceau a été enveloppé dans tout un dispositif humain pensé pour faire croire à un inédit de Jorja Smith. Une voix transformée par IA, oui – mais aussi des hashtags précis, des légendes ambiguës, des visuels travaillés, une diffusion répétée sur TikTok et SoundCloud. Rien, dans la manière dont le titre circulait, n’invitait à douter: au contraire, tout convergeait pour installer l’idée que c’était elle.
Zohran Mamdani fait entrer la rabbine trans Abby Stein dans la sphère municipale de New York.

Voix juive engagée et militante LGBTQ+, Abby Stein dénonce ce qu’elle décrit comme un nettoyage ethnique et un génocide à Gaza. En l’appelant à contribuer à la transition municipale, Zohran Mamdani assume un choix politique clair : faire de la justice sociale un axe assumé, même quand la parole dérange.
« Pregnancy Empowerment » : un nouveau seuil de visibilité

Depuis quelques années, un basculement s’opère. La grossesse, longtemps dissimulée ou reléguée hors champ, gagne en visibilité grâce, notamment, à quelques moments culturels marquants – poke Riri & Queen B. Ni les premières ni les seules, mais leurs images massivement partagées ont ouvert une brèche. Aujourd’hui, un autre niveau de pregnancy empowerment apparaît : moins glamour, plus brut, plus vulnérable, plus sociétal. Un espace où les personnes enceintes reprennent la souveraineté de leur récit, lorsque leurs conditions personnelles le permettent, en montrant ce que cet état traverse réellement. Le dernier post de la créatrice Ester Manas s’inscrit pleinement dans cette dynamique – et mérite d’être remercié, et célébré, pour cela.
Underexposure Culture : ce que la mode n’avait pas vu venir.

Après deux décennies d’amplification continue, la mode s’est rendue incontournable et omniprésente. Mais l’abondance use plus vite que l’absence. Elle va devoir affronter une génération que nous nommons ici Underexposure Culture, qui n’attend plus d’elle qu’elle impose sa puissance, mais qu’elle apprenne à se faire plus discrète. Le prochain territoire ne sera ni visible ni viral : il sera humain.
En réponse à l’effacement des récits queers par certaines plateformes, The Rainbow Project mène un travail essentiel de mémoire et d’archivage.

C’est en réaction à la disparition d’arcs narratifs LGBTQIA+ à la télévision américaine que naît le projet. Dans un contexte où certaines plateformes réduisent ou retirent ces contenus, l’archivage permet de maintenir des traces d’une histoire inclusive aux conséquences positives sur la vie des enfants. L’enjeu est simple : permettre aux plus jeunes de trouver des figures auxquelles s’identifier.
Cynthia Erivo et Amnesty unissent leurs voix contre les violences faites aux femmes accusées d’être des sorcières.

Traiter une femme de « sorcière » n’appartient pas au passé : c’est encore une arme utilisée contre les plus vulnérables, souvent âgées, isolées ou trop libres pour rentrer dans les normes. Cynthia Erivo rejoint Amnesty International pour soutenir celles qui paient le prix de ces accusations.
L’ex, cette relation sous-cotée, ou l’ère de la Post Love Relationship

C’est probablement la relation la plus stigmatisée, et pour cause. Pourtant, chez la Gen Z et les jeunes millénial·e·s, une autre tendance se dessine : un lien apparaît après la rupture, un « après » que l’on pourrait nommer ici Post Love Relationship (PLR). Une relation encore largement sous-cotée, mais qui dit beaucoup de nos façons d’aimer aujourd’hui. Cet article cherche à la nommer, à l’expliquer, à l’analyser et, à travers elle, à comprendre les nouvelles formes de liens qui structurent nos vies et ce qu’elles révèlent de notre génération.
Quand la pole rejette le strip-tease, ce sont les femmes qui l’ont inventée qu’on efface et qu’on stigmatise.

Dans une récente émission de Squeezie, une danseuse de pole affirme ne pas vouloir être associée au strip-tease. Cette phrase a déclenché une prise de parole massive de stripteaseuses et de TDS, rappelant ce que ce refus efface, les femmes, souvent racisées, qui ont inventé la pole-dance ainsi que la culture qui l’accompagne. Ce texte […]