Recherche.
Recherche.
Recherche.

À une époque où chaque lancement est une démonstration de force, sa première campagne ne montre rien de la collection. Comme Martin avant lui, Martens s’efface.

En revoyant ces images, on se souvient de l’ouverture du premier défilé prêt-à-porter de Glenn Martens pour Maison Margiela, pour la collection printemps été 2026. Un orchestre de 60 enfants en smokings trop grands devant une salle en lunettes noires, tendue par l’attente.

Aujourd’hui, ils reviennent dans « Joy », un court métrage inspiré d’une nuit chaotique à l’opéra, où le compositeur et pianiste Max Richter interprète au clavecin une partition originale entouré de l’orchestre.

Richter est de ces compositeur·rice·s qui suspendent le temps, sa musique vous pose quelque part et vous y laisse. Ici, elle accompagne les gestes, les regards, la concentration, donnant à la scène une gravité fragile.

Réalisé par Thibault Grevet, le film capte ce temps long. Les répétitions, l’apprentissage, les moments où la tension retombe, ceux où la musique reprend. Les enfants traversent la scène du Théâtre de la Villette, leurs corps débordant de costumes trop grands, peints en blanc selon le traitement Bianchetto de la maison. Un blanc qui ressemble moins à un uniforme qu’à quelque chose qu’on aurait porté toute une journée et sali par joie.

Comme Martin avant lui, Martens s’efface. Cette première campagne ne dévoile rien de la collection – aucune pièce, aucun produit. À une époque où chaque lancement est une démonstration de force, il choisit autre chose : laisser des enfants occuper l’espace à sa place et confier la lumière à leur orchestre.

Le blanc, la partition, les enfants et la joie. Tout cela ressemble à un drapeau. Celui qui nous ferait presque croire, un instant, que le monde va bien.