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AVOC : une autre vision de la banlieue

Photo : courtesy of AVOC

Le label AVOC investit les nouvelles banlieues pavillonnaires et s’interroge sur le sublime et l’étrange au cœur du quotidien.

Alors que la banlieue populaire et sa grisaille bétonnée émoustillent la mode, c’est d’une autre périphérie que s’éprend la marque AVOC dans sa vidéo « Avoc is Clowning ». La marque parisienne lancée par Bastien Laurent et Laura Do – où s’entrechoquent références architecturales, urbaines, et unisexes – est allée rouler sa bosse dans les petites villes pavillonnaires autour de Marne-la-Vallée.

Ces dernières, à l’inspiration d’un idéal « suburban » américain sont un contraste cinglant au cliché de barres d’immeubles. Là, on y découvre des maisons côte-à-côte, identiques, répliquées à l’infini ; les vitres sont encore plastifiées, les rues sont fantomatiques. Dans ce décor qui évoque The Truman Show ou Disney Village, le rappeur Ichon et les contorsionnistes Taylor & Bats dansent et se déboitent dans des caddies de supermarché, devant les pelouses immaculées, la bouche peinte comme un clown terrifiant.

Cette performance surréaliste confronte l’étrangeté des lieux, eux même le théâtre de beaucoup de fantasmes ambigus. Comme Marc Augé l’écrit dans son texte Un Ethnologue à Center Parcs, la réalité copie une fiction assumée. Il ne s’agit pas de créer du réel, mais un réel remodelé par l’imagination, l’intelligence, le rêve. Et d’investir une part de poétique dans le quotidien : « Cette banlieue molle qui ne rime pas avec « ghetto » ou « brutal », représente une autre réalité ; notre volonté était de savoir trouver le sublime et l’extraordinaire dans la banalité quotidienne », dit Bastien Laurent.

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