Levant Naturisme Jean Pierre Blanc Antidote

Jean-Pierre Blanc, président du festival de Hyères : « Je serai nudiste à vie ! »

Photo : Patrick Weldé pour Antidote : Earth été 2018.
Minimum, Andrea Crews pour NU2.
Texte : Jean-Pierre Blanc.

Le directeur de la villa Noailles revient sur son coup de foudre avec l’île naturiste du Levant, dont il fréquente les plages paradisiaques depuis dix-neuf ans, en quête de reconnexion avec la nature et de beauté intemporelle.

Mon Levant,
mon île du Levant,
mon Héliopolis,
à moi !

Je suis né aux Salins d’Hyères en 1964 et
j’y ai grandi, avec joie et bonheur.

J’ai fréquenté l’école primaire de ce magnifique port de pêche, les classes de mesdames Ramond, Scissione, et Palanca et, avec la maîtresse d’école au moment de la sortie de fin d’année, l’un de mes premiers éblouissements d’enfant dont j’ai gardé la mémoire reste la découverte – le fond des pins le fond des pins résonne encore de sa beauté, de ses pins majestueux et centenaires – d’une plage bordée par les étangs des marais salants des Vieux Salins.

Cette merveille gravée à jamais dans ma mémoire, je la retrouverai quelques années plus tard dans ma vie de jeune adulte qui fréquentait la merveilleuse plage naturiste des Salins !

Le naturisme est arrivé dans ma vie allié à cette beauté.

Aux Salins à Hyères, au Lavandou le Layet, au Pradet aux Bau Rouges et au Monaco, tant de merveilleux endroits où le plaisir de se baigner nu les sensations de l’eau, du vent, sur le corps, à jamais inoubliables !

JE SERAI NUDISTE À VIE !

J’ai depuis toujours pratiqué le naturisme, le nudisme comme peuvent le dire certains, mais pour moi cette querelle dialectique n’existe pas. Je suis nu au milieu de la nature le plaisir et la beauté toujours là !

Voilà l’important voilà la vie !
Le sens le sens de la vie pour certains, et à certains moments.

J’ai grandi au sein d’une famille provençale généreuse, ouverte et très sympathique,
nous fréquentions les plus belles plages du coin.

À Hyères, les Salins « Pentagone », l’Ayguade, à Bormes, l’Estagnol, le Pellegrin, ma mère adorait la plage de sable blanc de Cavalière au Lavandou, juste à coté de celle de chez ma merveilleuse tante Paulette à Aiguebelle et bien sûr, les îles, Porquerolles, la Plage d’Argent, la Courtade, Notre Dame, (la plage de Jean-Luc Godard et de Pierrot le fou), et aussi mais moins souvent, l’île de Port-Cros et sa plage du sud.

Mais dans cette générosité et cette ouverture de ma famille, le naturisme n’existait pas
pas question de fréquenter cette île, l’île du Levant je n’y suis donc jamais allé avec ma famille enfant.

En 1999, à 35 ans, pour la première fois, je décide d’aller voir un spectacle de danse à Port-Cros proposé par Anne-Marie Reynaud, le Festival des Îles d’Or fondé et porté par les Levantins Philippe Fourneau et Jean-Pierre Capeyron, avec Laurette Alario.

La magie de ce festival permettait la découverte d’œuvres dans ces paradis et permettait aussi le soir de rentrer sur l’île de son choix.
J’allais donc pour la première fois pouvoir dormir sur l’île du Levant et découvrir Héliopolis.

Mon amie Sylvette Viale m’avait recommandé de dormir à l’Escapade chez Jacques et André, mais il n’y avait plus de place. Je dormis donc à la Brise Marine, ce merveilleux hôtel construit dans les années 50 par Claude Poirier. La Grèce m’a toujours transporté par sa beauté, ce matin-là je me réveillais en Grèce dans un hôtel aux murs peints à la chaux et plein de bougainvilliers. Je n’ai plus jamais quitté ce paradis.

J’y suis allé pendant de nombreuses années au printemps, en été, à Noël, pour la nouvelle année, à l’hôtel chez mon amie Lucie, à la Brise, à l’Heliotel, dans des bungalows chez l’excellent Berti allié à Michel, j’y ai fait la fête, beaucoup, à l’Helios club !

J’y ai remporté le concours du meilleur costume de la fête de fin de saison, j’y ai rencontré des amis et j’y ai rencontré l’amour.

L’amour et la vie m’ont conduit à avoir la possibilité, comme un rêve, de devenir propriétaire d’une maison au Paradis avec des amis.
Cette maison PHENIX construite à la demande de Madame Spira, légende italienne aux cent chiens, en 1972, sera ensuite la résidence de deux amoureux d’Héliopolis, Monsieur et Madame Touchard, qui nous l’ont confiée avec amour il y a six ans maintenant. LA CORNICHE POUR TOUJOURS !

COMME UNE NOUVELLE VIE !

Cette maison au bord de l’eau, sur l’eau, est comme un rêve si on m’avait dit un jour que je pourrai accéder aux rochers depuis « chez moi » pour me baigner, je ne l’aurai jamais cru. Et je n’aurai jamais cru non plus pouvoir contempler la mer depuis ma terrasse, l’île de Port-Cros, les plus beaux couchers de soleil du monde, inlassablement !

Le Levant c’est différent
c’est un des slogans d’Héliopolis
il est juste et vrai

Tout ou presque ici y est différent

différent de « la côte » comme disent les résidents à l’année
et les anciens
et heureusement
d’abord et surtout
il y a le naturisme

Cette cité naturiste a été créée par les géniaux docteurs André et Gaston Durville en 1930, après qu’ils eurent créé la cité naturiste de Physiopolis près de Paris.

Il n’y a pas de voiture, il n’y a pas de publicité,
pas de clôture
pas d’éclairage extérieur,
il n’y a pas d’eau courante,
il n’y a l’électricité que depuis 1989 grâce au syndic de l’époque à Philippe Fourneau et à Frets, la mairie, le maire de l’époque Léopold Ritondale, et la marine, le commandant.
95 pour cent de l’île est militaire,
et pourvu que cela dure encore 80 ans !

Il y a eu les années nature, portées à l’écran et célébrées par le film que les frères André et Gaston Durville ont commandé, je pense souvent aux films, aux chefs-d’œuvre commandés par Charles et Marie-Laure de Noailles à Man Ray, à Jacques Manuel, on sent la modernité partout dans ces documentaires qui ne disent pas leur nom.

Ce qui frappe aussi
c’est la rapidité du développement d’Héliopolis
les revues l’évoquent partout en Europe et aux États-Unis. L’île, sa douceur de vivre, ses paysages vont devenir mythiques et de nombreuses personnalités vont y être attirées, magnétisées, certaines d’entre elles n’en repartiront jamais. Ici des films
des reportages
l’invention de la photographie sous-marine
la chasse sous-marine
les fêtes
l’ambiance
la beauté
des gens et des paysages

Tout cela va entrainer Héliopolis vers la gloire les strass
les sunlights
des milliers de gens chaque jour
alors aujourd’hui que renaissent l’envie l’amour l’entrain pour le naturisme, le « végétarisme », l’île du Levant dans sa totalité, doit être protégée à tout jamais,
et le naturisme classé, avec son histoire également

Il en va de la préservation de ce bijou de la Méditerranée,
de cette île d’or, de cette île de l’archipel des Stoechades Sauvons, protégeons tous ensemble Heliopolis et l’île du Levant pour que les générations futures puissent continuer à découvrir, à vivre ce paradis du point du jour, au sunset des grottes,
des Plates ou de la Galère !

Cet article est extrait de Antidote : Earth été 2018 photographié par Patrick Weldé.

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