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The Icons Issue Sommaire
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EDITO

Après avoir consacré un premier numéro à une matière universelle (le denim), puis s’être penché sur un accessoire fétiche (la chaussure), l’équipe d’Antidote a souhaité élargir son champ d’investigation en abordant une thématique qui permette d’interroger l’origine même de la création. Avec la volonté affichée de prendre toujours plus de hauteur pour dépasser la simple tendance et déceler ce qui se joue derrière, la rédaction a donc décidé d’aborder une notion trop souvent galvaudée : l’icône.

Source d’inspiration et de projection, elle apparaît comme la dimension tangible d’un phénomène sensible et immatériel. Plus qu’un simple témoignage de l’ère du temps, elle revêt un sens profond (au-delà de l’adoration qu’elle suscite, l’icône est surtout vecteur de transcendance). Qu’on l’aborde par le prisme de l’art, de la religion ou de la sociologie, la richesse du sujet nous a permis d’éprouver notre ambition encyclopédique en termes de contenus éditoriaux.

Pour incarner la thématique de cet Antidote, il nous fallait bien entendu réunir un casting de choix. Ne pouvant pas prétendre à l’exhaustivité, nous avons préféré vous en offrir une vision subjective à travers le charisme de huit femmes qui ont (ou vont) marqué notre époque. Tour à tour modèles et muses, ces personnalités uniques contribuent chaque jour à façonner le visage d’une génération sur laquelle nous disposons d’encore peu de recul et nous sommes fiers qu’elles soient venues composer ce portrait idyllique.

Enfin, pour en capturer l’essence et la retraduire sur papier glacé, c’est tout naturellement que je me suis tourné vers Jan Welters. Sensible à la dimension intemporelle de ses images et à son approche singulière de la photo, Jan sait capturer l’intime et la beauté sans fard. Une habileté parfaite pour saisir la quintessence de nos icônes.

Résultat de cette collaboration intense et vivante, un antidote à contre courant de l’ère du jetable et du tout numérique qui se destine à laisser une empreinte durable et pertinente pour un numéro qui je l’espère fera date.

The Icons Issue viewed by Jan Welters

De New-York à Londres, en passant par Amsterdam, Milan et Paris – où il vit actuellement avec sa femme et ses deux enfants –, Jan Welters cultive une passion inconditionnelle des arts visuels et développe une approche unique de la mode. Sa maîtrise de la lumière et la rigueur de ses opinions créatives lui ont permis d’imposer son style et de devenir un photographe reconnu et apprécié de ses pairs. Le choix de Jan pour illustrer ce numéro à la thématique icône était une évidence tant la notion résonne et brille dans le travail de l’artiste. Après avoir photographié les plus grandes célébrités mode, collaboré avec les plus grands magazines et travaillé pour les plus grandes maisons, il s’est investit tout entier à ce projet, mettant prodigieusement en scène le caractère sacré de nos icônes.

Quelle est votre vision de l’icône ? Culturellement, une icône est une personne que l’on observe comme un symbole. Incroyablement spéciale d’une manière ou d’une autre (que ce soit la beauté ou le talent par exemple). Ce n’est pas un mot qu’il faut prendre à la légère. Patti Smith en est une. En photographie, je citerais Avedon, Irving Penn, Helmut Newton... Des artistes sans limite.

On dit que la photographie cristallise la symbolique de l’icône, quelle en est votre conception ? Avant, mon approche de la mode et de la photographie était plutôt conceptuelle, désormais, il s’agit plus pour moi de créer des images fortes. J’ai une grande passion pour les images. Une bonne photo de mode est celle où tous les éléments fonctionnent parfaitement ensemble tout en saisissant un petit moment de « magie ». Maintenant, je trouve également l’inspiration de plusieurs manières : dans la vie elle-même, à travers ma femme et mes enfants...

Qu’est-ce qui vous fascine dans la mode ? Je suis encore fasciné par la dimension extrême de la mode. Et puis les gens, tu en trouves de toute sorte dans ce milieu.

Votre première expérience dans la mode ? Je me suis retrouvé quasiment par hasard sur un shooting à Londres pour Blitz magazine. A l’époque, c’était l’un des titres underground les plus importants, un peu l’équivalent de ce qu’est i-D aujourd’hui. Je me demande encore comment j’ai réussi à décrocher ce job.

Comment avez-vous vécu le projet Antidote ? Je suis extrêmement reconnaissant envers Antidote pour m’avoir offert cette opportunité. Quel plaisir extraordinaire de photographier des filles aussi fantastiques. Avec le recul, le fait de réaliser un numéro dans son intégralité m’a peut être en effet mis davantage sur mes gardes : protéger ce qu’on aime, les choses qui font ce que nous sommes. Une incroyable expérience qui je l’espère restera dans la mémoire de chacun.