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Jamie Campbell Bower : « Être soi-même est la chose la plus importante au monde »

Photos : Xiangyu Liu pour Antidote : Excess hiver 2018-2019.
Texte : Sophie Rosemont.
Stylisme : Yann Weber. Coiffure & Maquillage : Massimo Serini.

À bientôt 30 ans, ce Londonien impose sa dégaine de dandy décadent sur les plateaux de cinéma comme sur la scène rock avec son groupe Counterfeit. Slasheur invétéré, ce jeune acteur, chanteur, compositeur compte aussi parmi les égéries de Fendi et les ambassadeurs de sa plateforme dédiée aux jeunes talents F is For…

Il porte les Everyday Fendi, des lunettes à la fois rétro et futuristes, un t-shirt d’un blanc immaculé et un borsalino en feutre marron. Né à l’automne 1988 dans une Londres qu’il a toujours connue bohème et audacieuse, Jamie Campbell Bower peut s’enorgueillir d’un CV bien rempli. Issu d’une belle famille anglaise, il s’est fait connaître sur grand écran chez Tim Burton avant d’apparaître dans plusieurs volets de Twilight et de Harry Potter. Le Roi Arthur dans Camelot, c’était lui. Christopher Marlowe dans la série Will, c’est encore lui. Quant à Counterfeit, le nouveau groupe de punk rock qui bouscule l’Angleterre et les Etats-Unis depuis trois ans, c’est lui qui le mène, au chant et à la guitare. Slasheur invétéré ? Et multi-talentueux. Rencontre sur le balcon d’un palace parisien, avec thé et cigarettes sur la petite table en fer forgé. Et Bob Dylan en fond sonore…

ANTIDOTE. Quelle éducation musicale avez-vous reçue ?
JAMIE CAMPBELL BOWER. La meilleure qui existe ! Mon père et ma mère évoluaient tous les deux dans l’industrie de la musique. Lui a travaillé au marketing du label Island avant de partir chez Gibson, elle était dénicheuse de talents dans plusieurs labels. C’est elle qui a signé Sade et U2 ! Mon père est aussi un excellent musicien… À la maison, on écoutait les Guns’N’Roses, Tom Petty, Michæl Jackson, et, petit à petit, j’ai compris l’importance du songwriting. À 12 ans, j’écrivais déjà mes propres chansons. Adolescent, je suis tombé amoureux d’artistes comme Bob Dylan, à tel point que je l’ai tatoué sur moi ! Un peu plus tard, tout en faisant mes débuts de batteur dans des groupes londoniens j’ai adoré la noirceur du Velvet Underground. À l’époque, des groupes comme les Libertines explosaient, il se passait beaucoup de choses, je trainais avec Florence Welch (aujourd’hui Florence + The Machine) qui chantait elle aussi dans un groupe de rock…

Sur scène, vous vous transformez totalement, comme si vous rentriez dans une sorte de transe…
Petit, j’étais tourmenté ; adolescent, c’était pire encore, avec les perturbations hormonales et mon cerveau qui carburait à fond. Le tout se retrouve sur scène, où je redeviens un enfant, je ne me contrôle absolument pas, j’abuse des « fuck you » ! Si je vais à un concert et que c’est calme, je m’ennuie. J’ai besoin de ressentir profondément du mouvement, de répondre à une pulsion théâtrale qui m’anime depuis toujours.

En quoi votre expérience d’acteur influence-t-elle votre musique, et inversement ?
Ma musique se nourrit de mon expérience, des leçons que j’ai apprises au long de ma vie, alors que dans le jeu, on apprend de ses personnages. Par exemple, dans la série Will, je joue le dramaturge Christopher Marlowe. J’ai plongé dans ses écrits, sa biographie : il est tellement barré et génial ! Quand on est comédien, il faut savoir étudier, raisonner, être patient aussi. Aujourd’hui, je me sens plus libre devant la caméra, justement parce que la musique me permet de tout essayer, de me lâcher totalement sur scène.

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Veste et lunettes, Fendi.

Au vu de vos deux métiers, vous pourriez envisager d’écrire une bande-originale de film ?
Absolument ! Pendant mes études, je me suis plongé dans les univers de John Cage ou de Ralph Vaughan William… Ça pourrait être une source d’inspiration, tout comme ce que compose Trent Renzor, de Nine Inch Nails, pour le cinéma.

À travers vos films, vous avez traversé bien des époques différentes. Si vous deviez choisir de vivre dans une seule, laquelle serait-ce ?
Sans hésiter, l’époque élisabéthaine, à Londres, à la fin du XVIe siècle. J’aime le gris et la poussière, ces quartiers inquiétants où l’on fumait de l’opium à chaque coin de rue mal famée… C’était aussi une époque très forte en termes de bouleversements politiques, religieux, artistiques et sociétaux.

Qu’avez vous appris aux côtés de Tim Burton, qui vous a révélé au cinéma en 2007 avec Sweeney Todd ?
Qu’être soi même est la chose la plus importante du monde. Même quand on est étrange, ou du moins qu’on ne se sent pas comme les autres. Tim se baladait tout le temps avec son carnet de notes, il était hyper exigeant, mais c’était très facile d’échanger avec lui. Je lui dois énormément. Ça va sembler dingue ce que je vais dire, mais je n’ai jamais eu l’impression d’appartenir véritablement à ce monde ici-bas. Fantasy is my reality, je suis un énergumène avec lequel il n’est pas toujours facile de frayer. Cependant, j’adore parler avec les autres, et m’éloigner des conversations superficielles. J’ai envie de découvrir mes interlocuteurs, ce qu’ils aiment, ce qui les touche.

Avec qui aimeriez-vous tourner ?
Cate Blanchett, Josh Brolin, Daniel Day Lewis, qui a atteint des sommets de justesse. L’année dernière, il a annoncé ne plus vouloir être acteur, sans regrets, paisiblement… C’est triste pour le public mais j’aime son intégrité : il n’a jamais tourné quelque chose qui ne signifiait rien à ses yeux. Quand j’avais appris qu’à un moment donné, il était parti vivre à Florence pour devenir cordonnier et qu’il s’était retiré des plateaux, ça m’avait épaté ! Et puis il y a Audrey Hepburn. Comment peut-elle être aussi parfaite ? La vérité se lisait toujours dans ses yeux, quel que soit le scénario qu’elle servait. Je rêve aussi de jouer dans un film de Lars von Trier. La façon dont il fait travailler ses acteurs, c’est intense… j’aimerais qu’on me propose de repousser mes limites comme il semble le faire avec ses équipes.

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Ciré sans manches et pull, Fendi.

Quel est votre plus grand rêve ?
Je veux écrire et réaliser mon propre film. Avec mon prochain album, je voudrais proposer une musique qui s’élève face au sexisme, à la violence, à l’ignorance, qui réconforte tous ceux qui sont en colère. J’aimerais aussi beaucoup devenir père. Mes parents sont tellement géniaux, que je rêve de leur ressembler plus tard avec mon enfant. Si j’y arrivais ne fut-ce qu’une journée, j’aurais réussi ma vie. Ça fait beaucoup de challenges, tout ça !

Et votre pire cauchemar ?
La panne d’inspiration, qui m’est déjà tombée dessus lors de passages à vide. Plus jamais ça. Il y a quatre ans, j’ai décidé de vivre dans un monde plus joyeux, de laisser derrière moi les très mauvais souvenirs et les errances que je préfère oublier.

Quel est votre rapport à la mode ?
J’ai toujours adoré ça. Enfant, je dessinais des chaussures, dans un carnet que j’emmenais partout. C’était des modèles plutôt punks ! J’aime jouer avec les formes, l’allure, l’esthétique. D’après moi, les vêtements sont l’expression scénarisée de ce qui passe en soi, une extension de notre mental. Un jour, j’aimerais tenter le stylisme, pas pour l’enjeu financier mais pour le plaisir de partager mon esthétique.

Un créateur de prédilection ?
Alexander McQueen. Il avait un talent fou. L’aspect sombre et gothique de ses créations m’ont beaucoup marqué. Une veste McQueen se reconnaît à des centaines de mètres…

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Veste sans manches, doudoune et pantalon, Fendi.

Vous êtes l’une des égéries de la maison Fendi, notamment pour les solaires. En quoi est-ce compatible avec votre style, très affûté ?
Quand je dois collaborer avec des marques, je m’intéresse avant tout à ce qui les motive. Avec Fendi, cela a été une évidence car c’est une histoire de famille, où la loyauté est au cœur de leurs traditions. Ils ont aussi une véritable ouverture d’esprit. Moi, j’ai souvent piqué des robes à ma copine, ou certains de ses jeans… Je ne veux pas être un homme alpha tout juste sorti du moule. Une maison comme Fendi le comprend très bien, et propose des looks singuliers dans des matières très nobles. C’est ce qui me plaît le plus. D’autre part, les personnes qui y travaillent sont la preuve qu’on peut se faire des amis de confiance dans le milieu de la mode qui est si critiqué.

Avez-vous un mantra, une philosophie de vie que vous suivez scrupuleusement ?
Actuellement, ma devise est « Aime les autres ». Et tous les jours, je récite La prière de la sérénité (écrite par le théologien protestant américain Reinhold Niebuhr, ndlr), qui me permet de m’apaiser et de regarder le ciel en savourant la chance que j’ai d’être Sur Terre : « Mon Dieu, donnez-moi la sérénité d’accepter / Les choses que je ne peux changer, / Le courage de changer les choses que je peux / Et la sagesse d’en connaître la différence. »

Quels sont vos projets à venir ?
Je viens juste de finir le tournage d’un film plutôt arty, Six Days of Sistine, de Richard J. Perry, qui est très différent de ce que j’ai tourné jusqu’à présent. Les vibrations étaient parfaites, j’ai plongé dans une autre galaxie et ça m’a fait un bien fou. Sinon, on est en train de finaliser le second album de Counterfeit. On l’a enregistré dans une ferme d’un petit village du Northamptonshire en Angleterre. Ça a été intense, parfois douloureux, mais j’ai réalisé un de mes rêves : vivre dans une maison avec mon propre groupe et écrire un album. À la manière des Rolling Stones lorsqu’ils se sont exilés en France… sans les sombres histoires d’impôts qui vont avec ! Plus joyeux, de laisser derrière moi les très mauvais souvenirs et les errances que je préfère oublier.

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Veste, pull et chapeau, Fendi.

Cet article est extrait de Antidote : Excess hiver 2018-2019, photographié par Xiangyu Liu.

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Il porte les Everyday Fendi, des lunettes à la fois rétro et futuristes, un t-shirt d’un blanc immaculé et un borsalino en feutre marron. Né à l’automne 1988 dans une Londres qu’il a toujours connue bohème et audacieuse, Jamie Campbell Bower peut s’enorgueillir d’un CV bien rempli. Issu d’une belle famille anglaise, il s’est fait connaître sur grand écran chez Tim Burton avant d’apparaître dans plusieurs volets de Twilight et de Harry Potter. Le Roi Arthur dans Camelot, c’était lui. Christopher Marlowe dans la série Will, c’est encore lui. Quant à Counterfeit, le nouveau groupe de punk rock qui bouscule l’Angleterre et les Etats-Unis depuis trois ans, c’est lui qui le mène, au chant et à la guitare. Slasheur invétéré ? Et multi-talentueux. Rencontre sur le balcon d’un palace parisien, avec thé et cigarettes sur la petite table en fer forgé. Et Bob Dylan en fond sonore…

ANTIDOTE. Quelle éducation musicale avez-vous reçue ?
JAMIE CAMPBELL BOWER. La meilleure qui existe ! Mon père et ma mère évoluaient tous les deux dans l’industrie de la musique. Lui a travaillé au marketing du label Island avant de partir chez Gibson, elle était dénicheuse de talents dans plusieurs labels. C’est elle qui a signé Sade et U2 ! Mon père est aussi un excellent musicien… À la maison, on écoutait les Guns’N’Roses, Tom Petty, Michæl Jackson, et, petit à petit, j’ai compris l’importance du songwriting. À 12 ans, j’écrivais déjà mes propres chansons. Adolescent, je suis tombé amoureux d’artistes comme Bob Dylan, à tel point que je l’ai tatoué sur moi ! Un peu plus tard, tout en faisant mes débuts de batteur dans des groupes londoniens j’ai adoré la noirceur du Velvet Underground. À l’époque, des groupes comme les Libertines explosaient, il se passait beaucoup de choses, je trainais avec Florence Welch (aujourd’hui Florence + The Machine) qui chantait elle aussi dans un groupe de rock…

Sur scène, vous vous transformez totalement, comme si vous rentriez dans une sorte de transe…
Petit, j’étais tourmenté ; adolescent, c’était pire encore, avec les perturbations hormonales et mon cerveau qui carburait à fond. Le tout se retrouve sur scène, où je redeviens un enfant, je ne me contrôle absolument pas, j’abuse des « fuck you » ! Si je vais à un concert et que c’est calme, je m’ennuie. J’ai besoin de ressentir profondément du mouvement, de répondre à une pulsion théâtrale qui m’anime depuis toujours.

En quoi votre expérience d’acteur influence-t-elle votre musique, et inversement ?
Ma musique se nourrit de mon expérience, des leçons que j’ai apprises au long de ma vie, alors que dans le jeu, on apprend de ses personnages. Par exemple, dans la série Will, je joue le dramaturge Christopher Marlowe. J’ai plongé dans ses écrits, sa biographie : il est tellement barré et génial ! Quand on est comédien, il faut savoir étudier, raisonner, être patient aussi. Aujourd’hui, je me sens plus libre devant la caméra, justement parce que la musique me permet de tout essayer, de me lâcher totalement sur scène.

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Veste et lunettes, Fendi.

Au vu de vos deux métiers, vous pourriez envisager d’écrire une bande-originale de film ?
Absolument ! Pendant mes études, je me suis plongé dans les univers de John Cage ou de Ralph Vaughan William… Ça pourrait être une source d’inspiration, tout comme ce que compose Trent Renzor, de Nine Inch Nails, pour le cinéma.

À travers vos films, vous avez traversé bien des époques différentes. Si vous deviez choisir de vivre dans une seule, laquelle serait-ce ?
Sans hésiter, l’époque élisabéthaine, à Londres, à la fin du XVIe siècle. J’aime le gris et la poussière, ces quartiers inquiétants où l’on fumait de l’opium à chaque coin de rue mal famée… C’était aussi une époque très forte en termes de bouleversements politiques, religieux, artistiques et sociétaux.

Qu’avez vous appris aux côtés de Tim Burton, qui vous a révélé au cinéma en 2007 avec Sweeney Todd ?
Qu’être soi même est la chose la plus importante du monde. Même quand on est étrange, ou du moins qu’on ne se sent pas comme les autres. Tim se baladait tout le temps avec son carnet de notes, il était hyper exigeant, mais c’était très facile d’échanger avec lui. Je lui dois énormément. Ça va sembler dingue ce que je vais dire, mais je n’ai jamais eu l’impression d’appartenir véritablement à ce monde ici-bas. Fantasy is my reality, je suis un énergumène avec lequel il n’est pas toujours facile de frayer. Cependant, j’adore parler avec les autres, et m’éloigner des conversations superficielles. J’ai envie de découvrir mes interlocuteurs, ce qu’ils aiment, ce qui les touche.

Avec qui aimeriez-vous tourner ?
Cate Blanchett, Josh Brolin, Daniel Day Lewis, qui a atteint des sommets de justesse. L’année dernière, il a annoncé ne plus vouloir être acteur, sans regrets, paisiblement… C’est triste pour le public mais j’aime son intégrité : il n’a jamais tourné quelque chose qui ne signifiait rien à ses yeux. Quand j’avais appris qu’à un moment donné, il était parti vivre à Florence pour devenir cordonnier et qu’il s’était retiré des plateaux, ça m’avait épaté ! Et puis il y a Audrey Hepburn. Comment peut-elle être aussi parfaite ? La vérité se lisait toujours dans ses yeux, quel que soit le scénario qu’elle servait. Je rêve aussi de jouer dans un film de Lars von Trier. La façon dont il fait travailler ses acteurs, c’est intense… j’aimerais qu’on me propose de repousser mes limites comme il semble le faire avec ses équipes.

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Ciré sans manches et pull, Fendi.

Quel est votre plus grand rêve ?
Je veux écrire et réaliser mon propre film. Avec mon prochain album, je voudrais proposer une musique qui s’élève face au sexisme, à la violence, à l’ignorance, qui réconforte tous ceux qui sont en colère. J’aimerais aussi beaucoup devenir père. Mes parents sont tellement géniaux, que je rêve de leur ressembler plus tard avec mon enfant. Si j’y arrivais ne fut-ce qu’une journée, j’aurais réussi ma vie. Ça fait beaucoup de challenges, tout ça !

Et votre pire cauchemar ?
La panne d’inspiration, qui m’est déjà tombée dessus lors de passages à vide. Plus jamais ça. Il y a quatre ans, j’ai décidé de vivre dans un monde plus joyeux, de laisser derrière moi les très mauvais souvenirs et les errances que je préfère oublier.

Quel est votre rapport à la mode ?
J’ai toujours adoré ça. Enfant, je dessinais des chaussures, dans un carnet que j’emmenais partout. C’était des modèles plutôt punks ! J’aime jouer avec les formes, l’allure, l’esthétique. D’après moi, les vêtements sont l’expression scénarisée de ce qui passe en soi, une extension de notre mental. Un jour, j’aimerais tenter le stylisme, pas pour l’enjeu financier mais pour le plaisir de partager mon esthétique.

Un créateur de prédilection ?
Alexander McQueen. Il avait un talent fou. L’aspect sombre et gothique de ses créations m’ont beaucoup marqué. Une veste McQueen se reconnaît à des centaines de mètres…

264-265-jamies-fantasy-sophie-rosemont

Veste sans manches, doudoune et pantalon, Fendi.

Vous êtes l’une des égéries de la maison Fendi, notamment pour les solaires. En quoi est-ce compatible avec votre style, très affûté ?
Quand je dois collaborer avec des marques, je m’intéresse avant tout à ce qui les motive. Avec Fendi, cela a été une évidence car c’est une histoire de famille, où la loyauté est au cœur de leurs traditions. Ils ont aussi une véritable ouverture d’esprit. Moi, j’ai souvent piqué des robes à ma copine, ou certains de ses jeans… Je ne veux pas être un homme alpha tout juste sorti du moule. Une maison comme Fendi le comprend très bien, et propose des looks singuliers dans des matières très nobles. C’est ce qui me plaît le plus. D’autre part, les personnes qui y travaillent sont la preuve qu’on peut se faire des amis de confiance dans le milieu de la mode qui est si critiqué.

Avez-vous un mantra, une philosophie de vie que vous suivez scrupuleusement ?
Actuellement, ma devise est « Aime les autres ». Et tous les jours, je récite La prière de la sérénité (écrite par le théologien protestant américain Reinhold Niebuhr, ndlr), qui me permet de m’apaiser et de regarder le ciel en savourant la chance que j’ai d’être Sur Terre : « Mon Dieu, donnez-moi la sérénité d’accepter / Les choses que je ne peux changer, / Le courage de changer les choses que je peux / Et la sagesse d’en connaître la différence. »

Quels sont vos projets à venir ?
Je viens juste de finir le tournage d’un film plutôt arty, Six Days of Sistine, de Richard J. Perry, qui est très différent de ce que j’ai tourné jusqu’à présent. Les vibrations étaient parfaites, j’ai plongé dans une autre galaxie et ça m’a fait un bien fou. Sinon, on est en train de finaliser le second album de Counterfeit. On l’a enregistré dans une ferme d’un petit village du Northamptonshire en Angleterre. Ça a été intense, parfois douloureux, mais j’ai réalisé un de mes rêves : vivre dans une maison avec mon propre groupe et écrire un album. À la manière des Rolling Stones lorsqu’ils se sont exilés en France… sans les sombres histoires d’impôts qui vont avec ! Plus joyeux, de laisser derrière moi les très mauvais souvenirs et les errances que je préfère oublier.

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Veste, pull et chapeau, Fendi.

Cet article est extrait de Antidote : Excess hiver 2018-2019, photographié par Xiangyu Liu.

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