Guntas Antidote

Découvrez la nouvelle capsule Antidote Studio x Guntas

Photos : Antidote Studio en collaboration avec Guntas.
Texte : Maxime Retailleau.

Après avoir présenté plusieurs collections lors de la Fashion Week parisienne, Guntas collabore cette saison avec Antidote Studio autour d’une collection capsule vendue en exclusivité au Printemps.

Mêlant sportswear, fonctionnalité, et technicité à travers ses collections, la designer Zeynep Guntas, à la tête du label du même nom fondé il y a quatre ans, s’impose déjà comme l’une des nouvelles figures émergentes de la mode. Après s’être associée à ASAP TyY ou encore New Balance, séduits par son approche novatrice, elle signe une capsule avec Antidote Studio pour la saison automne-hiver 2018-2019, s’intégrant à notre deuxième collection Antidote Season 2. Elle fait ainsi suite à Sankuanz, Applecore, Mats Rombaut et Strongthe, avec qui nous avions collaboré à l’occasion de la première ligne Antidote au printemps dernier.

Dans cet entretien, Zeynep Guntas revient sur ses principales inspirations esthétiques, révèle en quoi la philosophie bouddhiste l’a guidée en tant que créatrice, dévoile ses craintes à l’égard de l’omniprésence des réseaux sociaux et évoque les promesses de la mode turque.

ANTIDOTE. D’où vient votre passion pour la mode ?
ZEYNEP GUNTAS. Mon père avait sa propre marque lorsque j’étais enfant : le textile est notre business familial. Je savais que je voulais être designer depuis mes six ans mais mon père n’approuvait pas ce choix, car il disait que je n’aurai jamais de temps à consacrer à ma propre vie (et il avait raison).

Qui sont les designers qui vous ont le plus inspiré, et pourquoi ?
Quand j’étais encore enfant, Versace m’a beaucoup marqué, mais en grandissant mes goûts esthétiques ont changé. Depuis la fin des années 1990, Helmut Lang est de loin le numéro 1 à mes yeux, il a eu un impact déterminant sur la mode.

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À gauche : Top, Antidote Studio en collaboration avec Guntas, 205 euros.
Pantalon, Antidote Studio en collaboration avec Guntas, 230 euros.

À droite : Bomber, Antidote Studio en collaboration avec Guntas, 900 euros.
Pantalon, Antidote Studio en collaboration avec Guntas, 230 euros.

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Top, Antidote Studio en collaboration avec Guntas, 205 euros.
Pantalon, Antidote Studio en collaboration avec Guntas, 230 euros.

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Bomber, Antidote Studio en collaboration avec Guntas, 900 euros.
Pantalon, Antidote Studio en collaboration avec Guntas, 230 euros.

Vous êtes une bouddhiste pratiquante : en quoi la philosophie rattachée à cette religion vous influence-t-elle en tant que designer ?
En 2015, j’étais à New York et je me posais beaucoup de questions sur la vie. Je ne savais pas quelle direction prendre, même si je travaillais déjà dans la mode depuis cinq ou six ans. Je cherchais des réponses. J’étais avec un ami italien un soir, et il m’a dit qu’il savait où je pourrais les trouver. Il m’a emmenée au centre bouddhiste SGI-NY le lendemain, et j’ai compris que c’était la raison principale de ma venue à New York. Quand je suis arrivée il y avait un petit meeting dans le cadre duquel se tenait une discussion (un « Zadankai », dans le jargon bouddhiste), lors duquel les personnes présentes parlaient des sujets que j’évoquais avec mon ami la veille. En tant que designer et qu’être humain, je suis profondément influencée par l’état d’esprit autodisciplinaire du bouddhisme. Le pouvoir de l’esprit est la clef de toutes les actions que vous pouvez avoir accomplies ou que vous accomplirez à l’avenir.

Vous avez révélé votre première collection « Normcore Diaries » en 2014. Comment résumeriez-vous les quatre années passées au sein de votre label ?
Merci pour cette question, j’espère que la réponse pourra être utile à de jeunes designers. À la fin de l’année 2014, j’avais une collection capsule et un portfolio dans les mains, mais il restait beaucoup de questions sans réponses concernant l’identité de la marque, même si mon lifestyle n’a jamais changé. Ce que j’ai appris ces dernières saisons, c’est que chacun à un chemin qui lui est propre à parcourir, et qu’il faut être patient pour s’accomplir au maximum. Diriger une marque implique bien plus que de dessiner des collections, c’est pourquoi en tant que fondatrice de Guntas j’ai appris à respecter les besoins de chacun des membres de l’équipe.

Votre collection automne-hiver 2017, « Subdue Your Mind », avait des accents dystopiques : souhaitiez-vous faire écho à la situation politique difficile que traverse la Turquie ?
Je vis à Milan depuis cinq ans. Je voyage encore à Istanbul régulièrement, j’y achète des matériaux et et j’y fais produire une partie de mes collections. Quand je travaillais sur « Subdue Your Mind », je traversais une période durant laquelle j’avais la chance de pouvoir méditer tous les jours. Je me levais à cinq heures du matin pour travailler, pratiquer le yoga et explorer davantage le bouddhisme. Quand je suis partie trois ou quatre semaines à Istanbul pour réaliser mes samples, des attaques terroristes sont malheureusement survenues, et quand on pense qu’il y a encore des pays menacés en ce moment même, ça ramène à l’idée qu’on devrait avant tout « subdue our minds » (« maîtriser nos âmes »).

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À gauche : Hoodie, Antidote Studio en collaboration avec Guntas, 212,5 euros.
Jogging, Antidote Studio en collaboration avec Guntas, 170 euros.

À droite : Sweatshirt, Antidote Studio en collaboration avec Guntas, 237,5 euros.
Jogging, Antidote Studio en collaboration avec Guntas, 220 euros.

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Hoodie, Antidote Studio en collaboration avec Guntas, 212,5 euros.
Jogging, Antidote Studio en collaboration avec Guntas, 170 euros.

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Sweatshirt, Antidote Studio en collaboration avec Guntas, 237,5 euros.
Jogging, Antidote Studio en collaboration avec Guntas, 220 euros.

Comment décririez-vous la scène mode en Turquie ?
La Turquie est l’un des pays les plus puissants en termes de production, une large culture s’est créée en toile de fond de cette activité. Mais la mode ne s’épanouit que lorsque les finances se stabilisent, car monter une marque est un travail harassant qui demande beaucoup d’attention et d’investissement. Il y a un énorme potentiel pour la scène mode en Turquie, mais sa réalisation dépendra de la croissance économique des prochaines années.

Pourquoi avez-vous décidé de vous installer à Milan, tandis que vous présentez les collections Guntas lors de la Fashion Week de Paris ?
Quand j’ai décidé de monter ma marque je savais que ce serait un long voyage, et je suis une personne qui aime contrôler les choses, c’est pourquoi je me sentais rassurée à l’idée d’être proche des nombreux fournisseurs qu’on trouve en Italie. En parallèle, j’ai décidé de m’inscrire à la Fashion Week parisienne parce que c’est une plateforme très dynamique pour les marques émergentes.

Qu’est-ce qui vous a poussé à collaborer avec ASAP TyY pour votre capsule printemps-été 2018 ?
On a reçu une demande directe de l’équipe d’ASAP TyY. On a accepté immédiatement et on est très heureux de cette collaboration.

« Il y a un énorme potentiel pour la scène mode en Turquie, mais sa réalisation dépendra de la croissance économique des prochaines années. »

Vous avez également collaboré avec New Balance, en créant une ligne composée de pièces sportswear déconstructivistes, incluant de nombreux zips, et laissant apparaître des marques de couture. Pensez-vous que le sportswear a besoin d’être réinventé ?
C’était une super expérience de travailler pour New Balance. Selon moi, nous vivons dans une ère où l’on a besoin de réinventer de nombreuses choses dans l’art et la mode, car les plateformes des réseaux sociaux ont une énorme influence sur nos vies, et poussent tout le monde à regarder dans la même direction. Le monde est devenu beaucoup plus petit à cause de la technologie, notre génération pense que les réseaux sociaux apportent de la variété mais ils concentrent en fait notre regard sur les likes et les followers.

Quel était votre processus créatif pour votre collection capsule en collaboration avec Antidote ?
Antidote est un magazine que je suis depuis des années. Il a constitué pour moi une ressource dans laquelle j’ai puisé une grande inspiration en termes d’esthétique. Lorsqu’on a commencé à collaborer, le point le plus important consistait à bien définir les idées que nous partagions. Après une étape de design, nous avons sélectionné les pièces qui représentent le mieux chacune de nos deux entités, et je tiens d’ailleurs à remercier Yann Weber pour son soutien lors de tout ce processus.

Vous avez utilisé beaucoup de matériaux techniques sur cette ligne, pourquoi ?
Mon prisme en termes de design est à l’opposé de la décoration, je suis fan de la sophistication minimaliste, j’aime quand il y a peu de couleurs criardes au profit d’une touche forte. Les matériaux sont ma passion et même quand je dois augmenter les dépenses liées à la collection pour trouver de nouvelles technologies, je ne baisse jamais les bras.

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À gauche : Hoodie, Antidote Studio en collaboration avec Guntas, 212,5 euros.
Jogging, Antidote Studio en collaboration avec Guntas, 170 euros.

À droite : Sweatshirt, Antidote Studio en collaboration avec Guntas, 237,5 euros.
Jogging, Antidote Studio en collaboration avec Guntas, 220 euros.

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Hoodie, Antidote Studio en collaboration avec Guntas, 212,5 euros.
Jogging, Antidote Studio en collaboration avec Guntas, 170 euros.

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Sweatshirt, Antidote Studio en collaboration avec Guntas, 237,5 euros.
Jogging, Antidote Studio en collaboration avec Guntas, 220 euros.

Vous avez par ailleurs intégré des ceintures de sécurité sur les pantalons et les vestes.
Nous avons tout d’abord utilisé des ceintures pour des bodys bags faisant office de statement, et elles font depuis partie de l’identité de la marque. Nous nous fournissons chez Mercedes, à Istanbul, puis les intégrons sur des vestes et d’autres pièces pour des raisons fonctionnelles : les bombers par exemple peuvent ainsi être portés comme des sacs.

Tommy Genesis, Kehlani ou encore MIA ont chacune porté les vêtements que vous designez. Quelles sont les autres célébrités que vous souhaiteriez voir porter vos pièces ?
J’aime toutes les femmes qui s’imposent en apportant quelque chose de nouveau. Billie Eilish est ma nouvelle artiste favorite en ce moment.

Quels sont les nouveaux projets sur lesquels vous travaillez ?
Actuellement, nous travaillons sur notre nouvelle plateforme e-commerce et sur un projet inattendu qui nous a mené à lancer notre première ligne pour enfants, c’est très excitant.

Où voyez-vous Guntas dans dix ans ?
Si je me base sur l’évolution de la marque depuis son lancement, en comparaison, je pense que Guntas sera un projet mondialement connu dans dix ans.

La collection capsule Antidote Studio en collaboration avec Guntas est disponible en exclusivité au premier étage du Printemps de l’Homme, 64, Boulevard Haussmann, Paris 9.

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