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Tout ce que vous ne saviez pas sur Loïc Prigent

Texte : Ophélie Meunier
Photo : JF PAGA courtesy of Grasset

Entre la publication de l’encyclopédie de ses meilleurs tweets « J’aime la mode, c’est tout ce que je déteste » et la diffusion de « Catherine Deneuve lit la mode », une mini-série diffusée sur Arte tout au long de la Fashion Week dédiée à la lecture de ses meilleures indiscrétions en 140 signes, Loïc Prigent demeure le réalisateur préféré de la mode. Rencontre.

À la base, on connaît Loïc Prigent grâce à ses tweets qui amusent la galerie, citant tout ce qu’il entend dans les coulisses des défilés, et parce qu’il réalise des documentaires qui montrent le vrai visage des créateurs. Ses tweets, auréolés de succès, ont été répertoriés dans un livre qui vient de sortir J’adore la mode mais c’est tout ce que je déteste et Catherine Deneuve les lira par mini sessions à la télévision sur Arte pendant toute la Fashion Week parisienne. On a voulu savoir qui était vraiment Loïc Prigent, au-delà de cette image de trublion de la mode, pour parler d’autres choses que des habituelles punchlines fashion et de sa timeline Twitter. On devait prendre un café, mais à cause d’incompatibilités d’emplois du temps, on a posé nos questions à Loïc sur Whatsapp alors qu’il se rendait à Bruxelles pour la journée.

Antidote. Où avez-vous grandi ?
Loïc Prigent : J’ai grandi en Bretagne, à Plouescat, une ville d’environ 4000 habitants je crois. Une enfance face à la mer, ou à la campagne, dans des écoles privées. Je passais mes vacances avec mon grand frère chez mes grands-parents ou à Carnac. Tous les étés j’étais à la plage ou dans les champs. À 17 ans, j’ai fait un premier voyage en stop en Angleterre et je ne suis jamais vraiment revenu. Je suis arrivé à Paris à 19 ans et demi.

Quel adolescent étiez-vous ?
Ado, j’étais un fou de musique et de bouquins. Je mangeais du papier ! Je faisais des fanzines, soit ils étaient photocopiés soit carrément sortis de l’imprimante quand j’en ai eu une et agrafés. J’écoutais de la pop française comme Etienne Daho mais aussi le rock de Manchester qui était en éclosion à l’époque, et de la musique électronique. J’avais des vinyles que je passais en boucle, j’étais infernal avec le repeat…

Qu’est-ce que vous savez faire de vos dix doigts ?
Pas grand chose, je ne sais pas même pas tenir une caméra pour commencer. Je ne connais presque rien en réglages, je suis vraiment mauvais en technique. Après, si vous voulez dire en termes de travaux manuels, rien ! Je dois avoir les mains aussi douces qu’une aristocrate russe du 19e siècle. A vrai dire, je ne sais rien faire. Un peu de jardinage chez mes parents à la rigueur. J’adore élaguer des arbres, c’est le truc qui me détend le plus au monde.

Un fun fact à connaître sur vous ?
À part le fait que je fais passer mes erreurs techniques pour de la poésie ? Je n’ai pas le permis de conduire. Vous voyez, je ne sais rien faire. Je suis nul en cuisine…

Est-ce que vous avez le temps d’aller au cinéma ou au théâtre ?
Oui, je vais au théâtre de la Colline, on m’a offert un abonnement. J’y suis allé en choisissant les pièces au hasard, c’était assez passionnant et déroutant à suivre. Les salles de cinéma me dépriment un peu donc je regarde des films sur des écrans bien trop petits et comme je trouve atroce l’idée d’un sound system à la maison j’écoute le cinéma dans des conditions dérisoires. Il faudrait que j’aille plus souvent au Louxor à Barbès dont la programmation est formidable.

Vous sortez beaucoup ?
Oui ! J’aime sortir dans Paris, les cafés, les bars, les restaurants, les pique-niques sur les quais, les soirées dans les vieilles boîtes louches ou dans les appartements qu’on saccage minutieusement…

Est-ce que vous avez des vices, plus ou moins cachés, que vous assumez ?
J’en ai des tonnes ! Au moindre rhume j’agonise. Je suis un mec qui voudrait dormir toute la journée, et je procrastine comme je respire. Mais je ne suis pas William Burroughs, je suis assez vanille comme garçon.

La mode dans votre vie, c’est ? (un mot)
Un loisir ? Un métier ? Une obsession ? Les trois sans doute. Un divertissement aussi. Je la vois comme un spectacle également. Comme je me sens toujours touriste dans Paris, je me sens toujours observateur amusé de la mode. Bon, il y a plus d’un mot je vous laisse choisir !

Que diraient de vous les personnes qui vous connaissent le mieux ?
Mes meilleurs potes me disent que j’ai l’air crevé ! Ce matin j’ai reçu ça en texto [NDLR : il nous copie-colle le message dans la conversation] :
“Conseil pour tenir le marathon défilé :
– jus de citron à jeun le matin
– si tu ne dors pas beaucoup fais des micro siestes de 15 minutes
– accorde toi au moins 5 à 10 mn dans la journée, tu fermes les yeux et tu te concentres sur ta respiration”
Et il a ajouté “Fais attention à toi, tu as l’air épuisé! ». Je trouve ça aussi mignon que flippant d’avoir pris le temps de m’envoyer ça à 8h50 du matin. C’est vrai que je suis rentré crevé de mes vacances, mais c’est ce qui prouve que ce sont des vacances réussies, non ?

Est-ce que d’après vous, vous ferez ce métier toute votre vie ?
Oui ! Parce que j’adore parler avec des vétérans de la mode, des graphistes des années 60, des couturiers des années 50, j’adore parler avec des reporters de l’année de mon bac. Je suis inlassablement intéressé par le spectacle de la mode, ça me plaît énormément.

Comment voyez-vous les années à venir ?
Je n’ai pas de plan de carrière, alors on verra bien comment les choses se passent. J’espère que les saisons qui viennent révèleront de nouveaux talents et donc de nouvelles histoires à tenter de comprendre. Un jour Gérard Lefort [NDLR : critique de cinéma et journaliste français] m’a dit que je devais faire autre chose et ça m’a aidé à me rendre compte à quel point j’aimais ça ! Je trouve que la mode est un terrain fantastique, j’ai l’impression qu’il y a encore mille histoires à raconter et 100 000 éclats de rire à avoir. Je le dis mal mais vous voyez l’idée, non ?

La mini-série « Catherine Deneuve lit la mode » est à découvrir tous les soirs du 26 septembre au 7 octobre à 19h40 sur Arte.
Le nouveau livre de Loïc Prigent J’adore la mode mais c’est tout ce que je déteste publié aux éditions Grasset est disponible en librairie et en ligne chez colette.

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