Jorja Smith Burberry Antidote Yann Weber

Qui est Jorja Smith, la chanteuse londonienne qui se rêve en Amy Winehouse ?

Photos : Jorja Smith par Yann Weber, pour Magazine Antidote : FANTASY hiver 2017. Texte : Édouard Risselet.
Chemise en coton et jupe en plastique transparent et chaussettes en coton, Burberry.
Coiffure : Olivier Schawalder @ Calliste Agency. Maquillage : Ismael Blanco @ Agence Aurelien. Manucure : Sally Derbali @ Atomo.

Vingt ans et seulement une poignée de titres qui résonnent de Londres à Toronto comme les prémices d’une œuvre soul accomplie, dans la lignée de son illustre idole Amy Winehouse. Jorja Smith se fantasme en icône, elle semble déjà en avoir l’étoffe.

Elle est à peine majeure quand paraît discrètement son premier morceau sur Soundcloud. Mais la maturité de Blue Lights, une chanson qu’elle a elle-même écrite et composée un an plus tôt, rappelle dès les premières notes les plus beaux hymnes de la soul – et ses plus mythiques interprètes, d’Etta James à Lauryn Hill.

Jorja Smith, originaire de Walsall, une petite ville industrielle du cœur de l’Angleterre, s’en revendique mais descend aussi du grime, initié à Londres au début des années 2000. Le morceau, qui s’est depuis offert un clip et comptabilise plus de 10 millions d’écoutes, reprend d’ailleurs quelques lignes de Sirens, une tribune politique de Dizzee Rascal, pionnier britannique du genre. Il a, aux côtés de Skepta et parmi d’autres, contribué à faire du grime, l’une des scènes musicales les plus prolifiques et observées du moment. Prolifique et inclusive. Sous son égide ou dans son sillage, Jorja et toute une génération de jeunes anglaises répondant aux noms de Ray BLK, Nadia Rose, Raye, Stefflon Don, Lady Leshurr ou Mabel, redéfinissent ensemble les contours de l’identité sonore britannique, longtemps dominée par le rock.

Cette année, la BBC propulse la chanteuse en 4e position de son classement « Sound Of 2017 » voué à mettre en lumière les voix remarquables et bientôt incontournables du Royaume-Uni. Mais pour cette artiste précoce qui se rêve en icône, la première consécration de la jeune carrière vient quand Drake lui adresse un message privé sur Instagram pour lui témoigner de son admiration. En 2016, le morceau préféré du rappeur canadien, tel qu’il le révèle à Entertainment Weekly, n’est autre que Where Did I Go ?, troisième titre envoûtant de Jorja Smith.

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De gauche à droite : veste transparente, chemise en coton à motifs check, Burberry. Bomber à motifs, Burberry.

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Bomber à motifs, Burberry

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Veste transparente, chemise en coton à motifs check, Burberry.

Et le chemin depuis emprunté par la chanteuse adolescente n’aura pas pâti des quelques rumeurs sur sa supposée relation avec Drake. Elle joue en première partie de deux de ses concerts britanniques, décroche un duo dans son album More Life et même sa propre Jorja’s Interlude en début de disque.
Tout avait commencé modestement en 2012 avec la publication de sa reprise amateure du tube Too Close d’Alex Clare par l’un de ses amis sur Youtube. Elle a depuis quitté sa ville natale et ses soutiens familiaux pour rejoindre l’effervescente capitale anglaise, décor sublime et tragique de son idole disparue Amy Winehouse. C’est aussi depuis ses quartiers londoniens qu’elle s’attire les faveurs de la mode ; Burberry fait cet automne appel à la chanteuse pour incarner son trench.

Figure scintillante de la scène britannique et visage de l’un de ses plus emblématiques uniformes, cette princesse soul a déjà séduit l’Angleterre et charme naïvement le reste de la planète à coups de paroles engagées et de mélodies nostalgiques. Et si les yeux se doivent d’en être le reflet, la voix de Jorja Smith ne peut être autre que le doux écho de son âme.

De la sortie de Blue Lights à vos apparitions sur l’album de Drake jusqu’à votre classement dans la liste BBC Sound of 2017, 
comment vivez-vous ce récent et fulgurant succès ?
Jorja Smith. Je suis juste très reconnaissante, Je ne sais pas tellement quoi dire d’autre. Je n’arrive pas vraiment à réaliser tout ce qui s’est passé cette année. Davantage de gens écoutent ma musique. J’ai de nouveaux fans, et plus de reconnaissance. Pour autant, je ne pense pas avoir changé. Mon but reste le même : faire écouter ma musique, être prise au sérieux, respectée et devenir une sorte de modèle pour d’autres.

À tout juste 20 ans, avez-vous le sentiment d’avoir grandi plus rapidement que les autres ?
Tout cela, toutes ces expériences m’ont beaucoup fait gagner en maturité. J’ai emménagé seule à Londres après avoir quitté ma ville natale. Le changement était majeur, car Walsall est une petite ville. Tout le monde se connaît, il est difficile de s’y perdre. À Londres, c’est une tout autre histoire, j’ai dû grandir plus vite, de façon positive. J’en suis heureuse, j’ai beaucoup appris. Tous les gens avec qui j’ai grandi, mes amis, ceux avec qui je suis allée à l’école ont tous des parcours très différents et je ne les vois que peu aujourd’hui. De mon côté, j’ai dû apprendre à être indépendante très rapidement, vivre seule, et débuter ma conquête du monde. Je sais qu’il m’arrive encore d’être un peu infantile, mais je fais globalement les choses comme une adulte.

« Le punk est indissociable d’une certaine rébellion, et j’ai le sentiment qu’on la retrouve dans les morceaux d’aujourd’hui. »

Vous arrive-t-il de retourner à Walsall ?
Oui, j’aime y aller, parce que c’est très calme. C’est aussi un bon endroit pour s’échapper de Londres. J’y suis toujours très occupée, j’ai toujours quelque chose à faire tandis qu’à la maison, c’est plus détendu. Mais bon, j’adore être occupée. Il m’arrive de me plaindre d’avoir trop de choses à faire, et puis quand ça se calme, je cherche à tout prix une activité.

Que pensez-vous de la scène musicale de Londres et de vos comparses ?
Stefflon géniale, Mabel géniale, Raye géniale, Ray Blk géniale, elles sont toutes géniales. Chacune trace son propre chemin et sa propre musique, ce qui est vraiment cool. Tout le monde a son style et j’aime chacune d’entre elles. On se soutient mutuellement, et ça fait plaisir. Ce n’est pas une compétition et personne ne se livre de bataille. Je les apprécie personnellement autant que leur musique, et c’est la meilleure chose à faire. Mon motto : « Sois toi-même, écoute ce que font les autres et ne médis pas ».

Londres a longtemps été reconnue pour sa scène rock, qu’en est-il aujourd’hui ?
La musique a toujours su évoluer avec son temps. Au XIXe siècle, il n’y avait que du classique. Puis tout change. J’ai lu que le hip-hop avait récemment surpassé le rock aux Etats-Unis. Je pense qu’ici à Londres, l’influence du rock est toujours bien présente. D’abord parce le punk est indissociable d’une certaine rébellion, et j’ai le sentiment qu’on la retrouve dans les morceaux d’aujourd’hui.

Vous avez choisi la soul à une époque où la pop plutôt commerciale domine, pourquoi cela ?
Je n’ai jamais vraiment été attirée par cela. Puis à vrai dire, je n’y ai jamais réfléchi en amont. Je me lance dans l’écriture, et voilà ce qui me vient. Je fais mon truc, des notes, puis je chante. J’ai grandi en écoutant toutes sortes de musiques, j’ai écouté les charts, d’anciens morceaux que ma mère et mon père écoutaient. Je fais avant tout et sans même le chercher quelque chose qui me ressemble.

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De gauche à droite : manteau long en feutre de laine, chemise en coton et détails amovibles, Burberry. Sweatshirt en coton et jupe taille haute en laine, Burberry.

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Manteau long en feutre de laine, chemise en coton et détails amovibles, Burberry

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Sweatshirt en coton et jupe taille haute en laine, Burberry

Avez-vous toujours été bercée par la musique ?
Oui, je revenais de l’école et ma mère avait sa musique dans la cuisine, mon père la sienne dans le salon. Il y avait de la musique partout et sans arrêt, j’en faisais aussi à l’école. Je n’ai pas pu m’en échapper. Mon père a longtemps été le chanteur d’un groupe appelé 2nd Naicha. J’ai toujours chanté avec lui. Je descendais de ma chambre et lui demandais des conseils. C’est même lui qui m’a donné la fin de Teenage Fantasy : 
« Life’s a big old ride. Sit back and enjoy the vibe. » Ce sont ses paroles. Mes parents ont toujours été de très bons soutiens, ils n’ont eu de cesse de m’encourager à poursuivre mes rêves. Ils m’ont aussi poussé à rester à l’école même si je n’en avais pas envie. Je suis allée jusqu’au bout et j’en suis très heureuse. Je pense avoir simplement cru en moi. Mes parents sont très fiers et heureux, ils veulent venir à tous mes concerts, me voir jouer en festival. Mais je ne suis pas beaucoup à la maison et ça leur manque.

Quels ont été les autres chanteurs qui vous ont inspirée ?
Mon père est la raison pour laquelle j’ai voulu devenir chanteuse. Puis, il y a Amy Winehouse. J’écoutais sa musique sans relâche. Et la voir performer m’a convaincu d’en faire autant. Elle était très honnête et croyait fermement en le moindre mot qu’elle chantait. Et c’est exactement ce que j’aimerais que les gens pensent de ma musique.

Certains parlent de vous comme de « la prochaine Amy Winehouse », quel effet est-ce que cela fait chez vous ?
Je déteste l’idée que quiconque puisse être comparé à Amy Winehouse, c’est impossible car elle est la meilleure de nous tous. Mais quand j’entends ce genre de phrase, je me dis que j’ai beaucoup, non pas à prouver, mais à accomplir pour espérer arriver un jour à un tel niveau. J’aimais son authenticité, tout sonnait si vrai. L’écouter, c’est ressentir des émotions. Écrire tout cela, c’est tellement personnel. La musique était son exutoire, un moyen d’exprimer ses sentiments.

Est-ce aussi pour vous un moyen d’exprimer vos sentiments ?
Oui, j’écris puis je me sens mieux le jour suivant. Mes morceaux sont aussi très personnels. D’ordinaire, soit je m’inspire directement de mes propres expériences, soit j’amplifie quelque chose qui m’est arrivé pour que les gens puissent s’y identifier davantage. Il m’arrive aussi de chanter des histoires que les gens m’ont racontées et qui font sens avec mon vécu personnel.

« On dit de chaque fille qui a été vue en train de travailler avec Drake qu’elle est sa nouvelle copine. »

Qu’est-ce qui d’après vous, fait de quelqu’un un bon musicien ?
La première chose, c’est être soi-même. Mais à vrai dire, la question est difficile. Qu’est-ce qui ferait de quelqu’un un bon plombier ? Je pense toutefois qu’il est aussi indispensable de savoir qui vous voulez être et ce que vous avez envie de faire car on peut très rapidement se perdre au sein de cette industrie. La confiance en soi est donc aussi primordiale.

Avec qui avez-vous toujours rêvé de collaborer ?
J’aimerais beaucoup travailler avec Damian Marley et Mos Def. Et Amy Winehouse bien sûr, mais c’est malheureusement impossible. Je collabore quoi qu’il arrive avec elle dans ma tête. Quand elle est décédée en 2011, j’avais 14 ans, je ne lisais pas les journaux et je ne regardais pas les infos. Je n’avais donc pas mesuré à quel point elle était un personnage public. J’étais choquée d’apprendre qu’elle n’avait plus aucune vie privée, que tout le monde savait tout d’elle, c’était triste à voir. Moi, je ne faisais vraiment qu’écouter sa musique, je n’avais pas connaissance de ce côté de sa carrière. Je me figurais d’abord sa voix et son allure. J’ai vu qu’elle n’avait pas l’air tellement en forme mais je pensais que tout allait bien. Je n’ai appris toute cette histoire il n’y a qu’environ deux ans.

Avez-vous peur de la célébrité ?
Je veux rester aussi mystérieuse que possible, c’est difficile. Mais si vous êtes en quête de succès, ça va souvent de pair. Tout le monde est différent mais je trouve cette exploitation de la vie privée des gens plutôt folle. Il faudra bien que je passe par là. Quoi qu’il en soit, je n’y suis pas encore. J’étais au concert de Kali Uchis dernièrement car j’y chantais. Quand 
je suis montée sur scène, j’ai pris du temps pour parler à mes fans et certains me demandaient des photos. Puis, cette jeune fille a commencé à me filmer. Et c’était en réalité la première fois que quelqu’un me filmait aléatoirement. Ça fait très bizarre, j’ai juste essayé d’être bien à la caméra et j’ai souri.

Comment faites-vous pour créer un contact avec vos fans ?
Je ne suis vraiment pas douée avec les messages privés. J’utilise mes réseaux sociaux pour poster, et non pas pour m’aventurer de façon trop approfondie dans les méandres d’internet. Je publie des photos pour informer mes followers de la prochaine date de show sur Instagram. Mais je pense que la meilleure chose que j’aie à leur offrir est ma musique. J’espère que certains de mes sons aideront les gens à traverser des moments difficiles. Ils m’écrivent à propos de leurs relations amoureuses, de périodes difficiles, ou simplement pour m’encourager. Je reçois beaucoup de messages de soutien. Je tweete pour remercier tout le monde et pas une seule personne. Je ne suis même pas très connue et je reçois déjà tout cela, c’est vraiment fou. J’ai même une fan, Tamara, qui tweete « Bonne nuit à Jorja Smith uniquement ». Je l’adore. Puis, c’est assez drôle, dans les commentaires de mes vidéos Youtube, on me demande ma routine beauté depuis des mois. Je l’ai récemment dévoilée en Instastory et tout le monde a adoré. Je tiens ça de ma mère qui a une très belle peau et toutes ces apostrophes me donnent envie de lancer ma propre ligne de produits de beauté, à partir de tous ceux que j’utilise. Ce serait canon.

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De gauche à droite : Bomber à motifs, Burberry. Trench-coat, Burberry.

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Bomber à motifs, Burberry

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Trench-coat, Burberry

Les médias se sont jetés sur votre hypothétique relation avec Drake, comment l’avez-vous vécu ?
On dit de chaque fille qui a été vue en train de travailler avec Drake qu’elle est sa nouvelle copine. Les médias sont drôles. Dès qu’il y aura autre chose, ils sauteront dessus. J’ai appris cette rumeur par téléphone et j’étais un peu interloquée. Puis soudain, c’était partout sur internet. J’ai reçu des centaines de notifications puis l’affaire s’est tassée toute seule très rapidement. Ce qui est positif, c’est qu’il n’y a jamais rien eu de mauvais d’écrit sur moi. Les gens se sont simplement demandé qui j’étais. Ça a dirigé beaucoup de regards sur moi et nombreux sont ceux à avoir commencé à m’écouter à ce moment là. Et c’est bien tout ce qui m’importe.

Où vous-êtes vous rencontrés pour la première fois ?
C’était lors d’un concert que je donnais à Birmingham. Mais il m’avait écrit sur Instagram avant cela. Quand c’est arrivé dans ma boîte de réception, j’étais choquée : « Wow, Drake a envie de travailler avec moi ». Puis je me suis retrouvée quelques mois plus tard avec deux morceaux dans son album More Life : Jorja’s Interlude et Get it Together.

Avez-vous toujours voulu être chanteuse ?
À l’âge de 8 ans, j’ai dû répéter une chanson que je m’apprêtais à chanter à l’église pour Noël. Mon père a pensé que j’avais commencé trop haut et que je ne pourrais pas tenir toute la chanson. Je l’ai fait, il a regardé Chelsea, une chanteuse de gospel incroyable qui était là également et ils ont réalisé que je pouvais chanter. Dès lors, je n’ai pas arrêté. J’ai commencé à écrire à 16 ans. J’ai cru un instant vouloir devenir officier de police, mais ça n’a vraiment duré qu’une journée. J’étais prête à complètement changer de cap pour entrer dans la fonction publique puis je me suis dit : 
« Réveille toi, ce n’est pas ce pour quoi tu es faite ».

Vous découvrez aujourd’hui le monde de la mode avec Burberry, comment cela s’articule-t-il avec votre musique ?
La mode est indéniablement connectée à ma musique. Non pas que je porte une certaine tenue pour écrire un certain morceau. Mais je pense que l’échange est réciproque. Vous pouvez être inspiré par une silhouette que vous avez vu quelqu’un porter, puis par exemple, une collection tout entière peut être inspirée par un album. J’ai eu des messages de créateurs me disant qu’ils avaient créé leur collection avec mon EP comme bande son. Je viens de Walsall, c’est très différent de Londres aussi dans le sens où il n’y pas de scène mode là-bas. Je n’ai donc pas toujours eu une grande connaissance des marques. Mais ma mère m’a toujours bien habillée et je savais pertinemment ce que j’avais envie de mettre. J’ai appris l’existence de la Fashion Week quand j’ai eu Instagram. Et je me suis demandé ce que c’était. Je voyais partout des hashtags #LCM ( pour London Collections Men, le nom de la Fashion Week homme de Londres, ndlr ) et je ne savais pas de quoi il s’agissait. J’adore la mode et j’en apprend tous les jours.

« Je veux écrire la bande originale de James Bond, ça a toujours été mon rêve. »

Avez-vous des icônes de mode ?
Pas tellement. J’aime les nineties, Aaliyah mais je n’ai jamais vraiment vénéré quelqu’un pour son style. L’image n’a jamais prévalu pour moi. Je n’étais pas la plus jolie des petites filles, j’avais une petite moustache, j’étais un peu dodue. Pourquoi espérer ressembler à quelqu’un avec qui, clairement, je n’avais rien à voir ? Alors je préférais me concentrer sur la musique de mes idoles. Aujourd’hui, j’aimerais à mon tour devenir icône. On va commencer avec la musique, puis on verra pour la mode ensuite.

Pourquoi prendre la parole avec Burberry ?
Je fais partie de leur nouvelle campagne pour le trench. Je ne suis pas égérie mais je suis l’unique femme musicienne dans cette campagne. Burberry est une marque très British et je suis moi aussi britannique, ça fait sens non ?

Voyez-vous la mode comme un vecteur d’empowerment ?
Si j’ai confiance en mon allure, j’ai aussi confiance en moi. Malgré tout, je n’ai pas besoin d’un costume ou d’une robe. Quand je sors, je peux m’habiller un peu mais ce que je préfère, ce sont les survêtements et les leggings.

L’empowerment féminin est le sujet de votre morceau Beautiful Little Fools et vous avez abordez aussi la discrimination raciale dans la chanson Blue Lights, pourquoi aborder ces sujets en particulier ?
Quand j’écris, je ne sais pas si je vais aborder tel ou tel sujet en avance. Je me lance puis, selon ce qui se passe autour de moi, ce que j’entends, lis, découvre, ça peut découler sur de divers sujets, comme l’empowerment, la politique, etc. J’ai besoin de me renseigner davantage car je pense encore manquer de connaissances. J’ai aussi tendance à me préserver de certaines informations car je vois bien que les gens sont rapidement déprimés par le contexte dans lequel on se trouve. Mais j’y viendrai en grandissant, je me forcerai à le faire.

Quels messages voulez-vous faire passer et à qui ?
Je ne pense pas qu’il y ait un message unique, mais que chacun peut trouver des résonnances dans ce que je chante. J’écris ce qui me tient à cœur, me touche personnellement, et les gens qui m’écoutent peuvent les interpréter. Globalement, j’espère inviter les gens à faire quelque chose de positif de leur vie, être plus gentil ou généreux, aider les autres, les conseiller.

Vous avez un morceau appelé Teenage Fantasy, quel serait l’un de vos fantasmes encore assouvi ?
Je veux écrire la bande originale de James Bond, ça a toujours été mon rêve. C’est ce que j’ai toujours dit et j’espère que ce rêve pourra un jour se matérialiser.

À quoi d’autre rêvez-vous ?
Au bonheur. J’ai la chance d’être heureuse aujourd’hui. Je me sens à ma place, j’ai trouvé mon équilibre. Espérons que cela continue.

Cet article est extrait de Magazine Antidote : Fantasy hiver 2017-2018 photographié par Yann Weber.

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