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«  Les pieds des Anges, écrit Denys l’Aréopagite, sont à l’image de leur vive agilité, et de cet impétueux mouvement qui les emporte vers les divines choses.  » Un aphorisme qui illustre parfaitement le travail des créateurs de chaussures, et celui des artisans qui donnent vie à leurs idées. Car le mouvement est en effet la base de tout épanouissement moral et physique. Ce fabuleux langage du corps qui, à travers ses codes personnels et fascinants, autorise l’inconnu à nous percevoir un peu mieux – ou un peu plus. Et s’il y a bien un objet qui détient le pouvoir de modifier notre façon de se mouvoir, c’est la chaussure. Mais pas uniquement car il ne faut pas avoir peur de l'incroyable érotisme que représente le pied - d'autant plus s'il devient sexué par le biais de son talon dit aiguille et déclaré phallique. Tantôt pour prendre de la hauteur, tantôt pour gagner en confiance, divins sont ces objets que nous chaussons, et qui viennent majestueusement protéger, magnifier, nos pieds négligés. Le choix profond et réfléchi de l’ornement symbolise alors ce qui tient de l’intime. Depuis son invention et même si son dessein a évolué depuis lors, la chaussure nous porte et nous supporte sans dire mot. C’est à cet accessoire de mode d’une importance fondamentale que nous avons dédié cet Antidote.

“The feet of the Angels,” wrote Denys the Areopagite, “show how lively and agile they are, with their impassioned movement carrying them away towards things divine.” This aphorism serves as a perfect illustration of the task of shoe designers and of the craftsmen who bring their designs to life. Because movement does indeed lie at the root of all emotional and physical fulfilment. This amazing body language that uses an intriguing code of its own to allow strangers to understand us a little better. Or more. And if there is one object that has the power to alter the way we move, it is the shoe. Not only that, we must not be afraid of the incredible erotic qualities of the foot – all the more so, when it is sexualised by that heel called the stiletto and declared phallic. At times to increase our height, at times to improve our confidence, heavenly are these objects we put on and that majestically come and protect, magnify our feet that are neglected but are of paramount importance. The keen and well-thought-out choice of the ornament then symbolizes what borders on the intimate. Since it has been invented, and even though its purpose has evolved since then, shoe carries and endures without a word. This is this essential fashion accessory we have dedicated this Antidote.







Giampaolo Sgura, artiste invité de ce numéro spécial, est un photographe de mode dont le travail est apprécié à travers le monde. Son œil précis et passionné lui permet, en effet, d’exprimer avec justesse son amour proclamé de l’élégance classique. Héritage d’une culture italienne, sa vision de la femme est un mélange de sensualité, de féminité et de glamour. L’homme quant à lui, est masculin, viril et protecteur. Enthousiaste et généreux, Giampaolo n’a pas manqué d’énergie et de spontanéité dans la réalisation de cet ouvrage consacré à la chaussure dont il a su en revendiquer toute la beauté.


Giampaolo Sgura, qu'est-ce qui vous fascine tant dans la mode? Sa fougue. Sa capacité de changement et de transformation infinie. J'aime les challenges qu'elle m'impose et c'est en cela que le projet Antidote m'a particulièrement excité. Et la chaussure? C'est pour moi l'accessoire le plus important d'une silhouette, c'est ce que je regarde en premier quand je rencontre quelqu'un. Elle peut exprimer une multitude de choses. Un exemple personnel? Je me souviens de la première paire de talons hauts que j'ai porté, c'était avec des amis en vacances, c'était complètement fou et personnellement je les porte bien plus gracieusement qu'une top model (rires). La collaboration avec Antidote? Je n'avais pas conscience de l'importance du projet quand j'ai accepté l'invitation. J’y ai investi tout mon cœur et toute mon âme, sans aucun a priori. L’ensemble s’est spontanément construit par le biais de cette fascination que j'ai pour la mode et de mes affinités avec Yann Weber. Je me souviens de son regard après chacune des images que nous faisions. Les allers et retours entre Paris et Milan, les chambres d'hotels, les rencontres… Mamma miaaaa !




Guest artist for this special issue, Giampaolo Sgura is a fashion photographer whose work is appreciated across the world. His eye – accurate and passionate – allows him, indeed, to express aptly his proclamed love for classic elegance. Legacy of Italian culture, his vision of the woman is a mix of sensuality, feminity and glamorous. Meanwhile, the man has to be manly, virile and protective. Enthusiastic and generous, Giampaolo did not run out of energy and spontaneity in achieving this publication devoted to the shoe for which he has claimed all the beauty.


Giampaolo Sgura, what fascinates you about fashion? Its spirit. Its ability to change and transform to infinity. I love challenges it imposes upon me, that's why the Antidote project seduced me. And the shoe? It is for me, the most important accessory of any silhouette, that is what I look first when I meet someone. The shoe can express so many things. A personal example? I remember the first high heels I have worn, it was during holiday with friends, it was totally crazy and personally I wear them more gracefully than a top model (laughs). What about the collaboration with Antidote? I was not aware of the importance of the project when I accepted the invitation. I invested all my heart and soul without any a priori. the overall spontaneously constructed itself thanks to my fascination for fashion and my affinities with Yann Weber. I remember his look after every picture we made. The comings and goings between Paris and Milan, the hotels rooms, the meetings… Mamma miaaaa !


Les fantasmes du cordonnier : bien plus qu’un fantasme de cordonnier, le talon haut est une institution. Aucune femme ne peut nier le pouvoir de cet accessoire qui lui fait prendre de la hauteur. Jeunes filles aux plumes : à travers une discussion agrémentée de souvenirs et confidences, Christian Louboutin nous dévoile ici sa perception de la femme et le rapport qu’il entretient avec elle. Cette icône ma muse : objet de collection et de désir, la chaussure traverse le temps, les saisons et les âges en se renouvelant sans cesse, et alors que les cycles de mode vont en s’accélérant, certaines paires sont, elles, indémodables. La chaussure, une icône ?


Fantasies of a shoemaker: far more than a shoemaker’s fantasy, high heels are an institution. Not one woman, whatever her pain threshold is, candeny the power of this height-increasing accessory. Girls in feathers : here, through a discussion enlivened with memories and littlesecrets, Christian Louboutin reveals the way he perceives womenand the relationship he has with them as a successful shoe designer. MY Muse, this icon: as a collector’s item and an item of desire, shoes travel through time, the seasons and the ages by constantly changing style. And whilst fashion cycles are ever speeding up, some pairs are, on the other hand, classics. Is the shoe an icon?



Le syndrome de Cendrillon : quand Charles Perrault écrit « Cendrillon et la pantoufle de verre » en 1697, se trompe-t-il ? Celle-ci était en « vair », car le verre n’est de fait pas suffisamment solide pour supporter le poids d’un corps. Symbole d’une union pure et naïve ou simple erreur de syntaxe ? Prendre son pied : la chaussure est passée très rapidement d’un statut d’objet utile à objet de désir. Mais au-delà du plaisir de posséder ou de porter une paire de chaussures – de par son esthétisme, son extravagance ou sa valeur –, il existe une forme d’addiction bien plus complexe, le fétichisme de la chaussure. Une question de design : la chaussure est une œuvre artistique à part entière, se réclamant de toutes les disciplines de la création contemporaine. À travers l’expertise de Mathieu Lehanneur, célèbre designer français, nous allons mettre en lumière ici, les qualités sculpturales de la chaussure, en tant qu’objet de design pur. La botte italienne : Giuseppe Zanotti ou le créateur adoré de ces dames. Entretien avec le symbole parfait de la chaussure à l’italienne.


The Cinderella sundrome: when Charles Perrault wrote Cinderella or the Little Glass Slipper in 1697, is he wrong? It was made of “vair”, for glass (“verre”), and glass is not strong enough to withstand the weight of a body. Is this the symbolic of a pure and naïve union, or a mere syntax error? Getting your kicks: shoes very soon went from the status of a useful object to that of an object of desire. But beyond the pleasure of owning or wearing a pair of shoes – because of their aestheticism, their extravagance or their value – there is a far more complex form of addiction: shoe fetishism. A matter of design: the shoe is an artistic piece in its own right, one that draws on all the disciplines of contemporary design. Here, through the expertise of Mathieu Le Hanneur, a famous French designer, we shall shed light on the sculptural qualities of the shoe, as an object of pure design. Italian boot : Giuseppe Zanotti or the ladies’ beloved designer: here is an interview with the perfect symbol of Italian-style shoes.




Nos chers souffrants : maltraités, oubliés, négligés, nos pieds sont les seuls martyrs de nos désirs d’esthétique, à l’image de la danseuse classique, qui, elle, personnifie avec élégance la torture de la performance. Juliette au balcon : du haut de son blacon, Juliette observe avec attention la condition «inhumaine» de la chaussure… Pedem morphos : sublime et divin, le pied fait partie de ces symboles culturels, historiques et mythologiques. Utilisé dans l’Iliade d’Homère ou comme sujet d’étude pour définir les moments clefs de l’évolution humaine, cette merveilleuse combinaison délicate nous permet, avant tout, d’effectuer 7000 pas par jour. Dessins d’enfants : enfant, Pierre Hardy dessinait dans les marges de ses cahiers ses premières chaussures. Aujourd’hui, le créateur souhaite offrir aux femmes et aux hommes dont il habille les pieds bien plus qu’un simple ornement.


Ailing friends: abused, forgotten, neglected, our feet are the only martyrs to our longings for the aesthetically pleasing, just like ballet dancers, who, on the other hand, gracefully epitomize the torture of performance. Juliet on the balcony: from her balcony, Juliet attentively watches the “inhuman” position of shoes in society... Deus ex calceus: magnificent and heavenly, the foot is one of these cultural, historical and mythological symbols. Used in Homer’s Iliad or as a study topic to define the key moments of human evolution, this wonderful and intricate combination enables us first and foremost to walk 7000 steps per day. Children's drawings: as a child, Pierre Hardy drew his first shoes on the margins of his exercise books. Nowadays, the designer wishes to indulge the men and women whose feet he adorns with far more than a simple ornament.




L’excellence franco-suisse : « Je voulais absolument aller à Paris, ouvrir ma boutique, avoir mes propres clientes, dessiner mes propres chaussures et les fabriquer dans l’arrière-boutique. Je voulais faire du très haut-de-gamme. » Walter Steiger. Collection particulière : collectionner, c’est aussi peut-être vouloir séduire. Un nouvel élément, une nouvelle tentation. Une rencontre impromptue qui peut à elle seule modifier l’équilibre entre chacun des objets d’ores et déjà acquis.Je suis toutes les femmes : derrière le succès de la marque Jimmy Choo se cache le talent d’une femme de cœur et de passion. Tamara Mellon ou le portrait d’une femme qui a plus d’un atour dans son sac. Tout sur ma paire : la sneaker, qui n’est autre que le sobriquet de la basket à usage citadin, est un véritable phénomène dans le microcosme de la chaussure. Lumière sur le parcours de nos ingrates tennis, devenues aujourd’hui objet de luxe.


Franco-swiss excellence: “Vitally, I wanted to go to Paris, open my boutique, have my own customers, design my own shoes and make them in the back of the shop. I wanted to make very high-end items.” Walter Steiger. Self-portrait of a collector: collecting may also be about wanting to entice. A new item, a new temptation. A sudden encounter that can single-handedly alter the balance between each of the objects already purchased. I am every women:behind the successful brand Jimmy Choo lies the talent of a kindhearted and passionate woman: Tamara Mellon, or the portrait of a businesswoman who has more than one trick up her sleeve. All about my trainers: “sneakers”, which happens to be the nickname for trainers worn in an urban environment, are an absolute phenomenon in the shoe microcosm. Here is a spotlight on the journey of our unattractive trainers which have nowadays become a luxury item.







C’est entre deux avions et en plein coeur de leur dernier défilé Homme que le duo mythique – voire mythologique –, Domenico Dolce et Stefano Gabbana mettent à l’honneur la chaussure. Un décor simplement agrémenté de draps blancs installé au milieu des backstages et voilà que défilent, tout simplement vêtus de chaussures, les treize plus beaux garçons du monde. Des rêves plein la tête, une idée toutes les trente secondes et les pieds bien ancrés sur terre, voilà ce qui caractérise les créateurs de la sulfureuse marque italienne..

Quel est votre premier souvenir en rapport avec une chaussure ? DD : Depuis que je suis petit, j’adore les chaussures. Mes parents en achetaient des magnifiques. J’ai souvenir d’une paire en particulier, des chaussures blanches ajourées lorsque j’avais 6 ans, et d’une autre, beige en cuir verni lorsque j’en avais 8. Puis d’une paire de Barrows vers l’âge de 16 ou 17 ans. SG : Des nu-pieds en plastique. Quelle est la dernière paire de chaussures que vous ayez achetée ? DD & SG : Une paire Dolce & Gabbana en cuir lavé. Combien de paires de chaussures comptez-vous dans votre garde-robe ? DD : Un très grand nombre. Je ne les ai jamais comptées. SG : 30 paires à peu près. Quel genre de chaussures êtes-vous ? DD : Une paire de chaussures en cuir noir brillant. SG : Une paire de chaussons en velours. Quelle est la paire de chaussures que vous adoreriez porter ? DD : Celles que j’aime tout simplement et il y en a beaucoup, des chaussures classiques ou des tennis notamment. SG : Une paire d’escarpins noirs. Laquelle portez-vous le plus ? DD : Les tennis. SG : Les boots l’hiver, les sandales l’été. Quelle est votre paire de chaussures fétiche ? DD : Je ne vois pas les chaussures comme un objet de fétichisme. Pour moi elles font partie de ma garde-robe mais ne sont pas un fétiche. SG : Des spartiates. Si vous deviez définir la chaussure en un seul mot ? DD : Une paire de chaussures n'est qu'une paire de chaussures. Il n’y a aucune autre façon de la décrire. SG : L’aspect soigné. Car c’est à travers les chaussures que l’on peut cerner une personne.


Between two flights and right in the middle of their latest men’s fashion show, that’s when the mythical duo of Domenico Dolce and Stefano Gabbana – or should that be, the mythological duo? – launched their footwear into the limelight. The set is simple, featuring white sheets strewn across the backstage, and in comes a procession of the thirteen most gorgeous boys in the world, dressed just in shoes. Head filled with dreams, a new idea every thirty seconds and feet planted firmly on the ground, there you have the defining characteristics of the founders of the bad-boy Italian brand.

Tell us about your earliest shoe memory? DD: I’ve loved shoes ever since I was a little boy. My parents used to buy some beauties. I remember one pair in particular, white cut outs, that I had when I was six, and another pair, beige patent leather, that I had when I was eight. Then a pair of Barrows when I was around 16 or 17. SG: Plastic flip-flops. What was the last pair of shoes you bought? DD & SG: A pair of washed leather Dolce & Gabbanas. How many pairs of shoes do you have in your wardrobe? DD: A lot. I’ve never counted them. SG: About 30 pairs. If you were a shoe, what kind would you be? DD: A pair of gleaming black leather shoes. DD: A pair of velvet bootees. Which pair of shoes would you really love to wear? DD: Quite simply any shoes that I like – and there are a lot that I like, classic shoes and sneakers in particular. SG: A pair of black pumps. Which shoes do you wear most often? DD: Sneakers. SG: Boots in winter, sandals in summer. What are your fetish shoes? DD: I don’t see shoes as fetish objects. I have them in my wardrobe, but I don’t have a fetish about them. SG: Spartan sandals. If you had to choose just one word to define the shoe, what would it be? DD: A pair of shoes is just a pair of shoes. There’s no other way to describe them. SG: Their neatness. Because the best way to figure a person out is by looking at their shoes.





Nièce de, petite-fille de, petite cousine de – laissons planer le doute –, Sibylle de Saint Phalle est avant tout une véritable personnalité dans cette « petite famille » qu’est la mode. Même si elle avoue sans complexe un premier contact avec ce monde tout à fait hasardeux – son père épousa la fille de Madame Grès – elle y démontra très vite l’envergure de son Talent. Hermès, John Galliano, Jean-Paul Gaultier, Comme des Garçons, Alexander McQueen, Stephen Jones… après un parcours impressionnant Sibylle de Saint Phalle est aujourd’hui, et surtout entre autres, notre Directrice de Casting. Et parce qu’elle ne sait pas faire qu’une seule chose à la fois, Sibylle nous réserve une petite surprise, dans une splendide série mode de ce spécial chaussure.

Quel est votre premier souvenir avec une chaussure ? Une paire vintage de Rogier Vivier que j’ai acheté dans une minuscule boutique du Lavandou. Un superbe souvenir que cette incroyable surprise de voir dans ce lieu improbable, en plein été et sous 40 degrés, cette paire de chaussure sublime, un véritable bijou. Je l’ai encore, je l’adore cette paire de talons. Et la dernière paire de chaussures que vous avez achetée ? Des boots Hermès que j’ai achetées en solde (mais chut). Combien de paires de chaussures avez-vous dans votre dressing ? Aucune idée, sans doute beaucoup trop, mon syndrome du « au cas où » ! C’est terrifiant ! Quel genre de chaussure êtes-vous ? Un nu-pied… parce qu’au bout du compte, et même si je trouve l’objet résolument beau, la chaussure m’emmerde… Je rêve de pouvoir être pieds nus, partout, tout le temps et nulle part en même temps. Quel est votre créateur de chaussure préféré ? Je n’en ai – politiquement – pas, je les aime tous. Quelle est la paire de chaussures que vous rêvez de porter ? La chaussure de Princesse. Une très jolie chaussure à talon très haut, mais le bonheur absolu serait qu’elle ne fasse pas mal au pied. Celle que vous portez le plus ? Ma fameuse paire de Converse qui est en train de rendre l’âme, la pauvre. Si vous deviez définir la chaussure avec un seul et unique adjectif ? Comme la finalité d’un point, car la chaussure termine un look, même si personnellement je commence avec elle pour créer une silhouette.


Niece, or granddaughter, or half-cousin – no need to be too precise – Sibylle de Saint Phalle is first and foremost a true star in the “happy family” that is the world of fashion. Even though she admits quite openly that her introduction into this world came about purely by chance – her father married the daughter of Madame Grès – once there, she wasted no time in putting her best foot forward. Hermès, John Galliano, Jean-Paul Gaultier, Comme des Garcons, Alexander McQueen, Stephen Jones ... Sibylle de Saint Phalle’s career is impressive, and on top of everything else she is now our Casting Director. And, since it’s not in her nature to do only one thing at a time, Sibylle has a little surprise in store for us, in a terrific series of style shots for this shoe special.

Tell us about your earliest shoe memory? A vintage pair of Roger Viviers that I bought in a tiny boutique in Lavandou. It’s a lovely memory because it was such an incredible surprise to see, in that unlikely spot, in the middle of summer with the temperature up at 40 degrees, this sublime pair of shoes, a real gem. I still have them, I love this pair of heels. And the last pair of shoes that you bought? Hermès boots that I bought in a sale (shh). How many pairs of shoes do you have in your wardrobe? I have no idea, far too many I’m sure, but it’s my ‘just-in-case’ syndrome! It’s scary! If you were a shoe, what kind would you be? A flip-flop ... because at the end of the day, even though I consider them to be truly beautiful things, shoes get on my nerves ... I dream of being able to go barefoot, everywhere, all the time and at the same time nowhere. Who is your favourite shoe designer? I politically don’t have a favourite, I love them all. Tell us about the pair of shoes you dream of wearing? Princess slippers. Extremely pretty shoes with very high heels, but the greatest joy of all is that they wouldn’t hurt my feet! And the shoes you wear most often? A great pair of Converses, which are in the process of giving up the ghost, poor things. If you had to choose just one adjective to define the shoe, what would it be? Final, like a full-stop, because shoes finish off a look – even though personally I begin with the shoes, to create an outline.




Doté d’un humour lucide qu’il agrémente par des analyses souvent incisives, Olivier Nicklaus fait partie de ces personnalités que nous aimons chez Antidote. Ce touche à tout possède en effet plusieurs cordes à son arc, Il est tour à tour journaliste pour le célèbre hebdomadaire Les Inrockuptibles puis écrivain avec son romain Zouzou, jusqu’à l’aube, mais aussi scénariste et réalisateur pour le cinéma français. Sa culture, sa curiosité et son ambition l’ont poussé dans de diverses directions, du petit au grand écran. Réalisateur d’un court métrage fiction intitulé Plan Cul, il ne pouvait pas nier cette légitimité naturelle à écrire un texte sur le fétichisme sexuel lié au pied, et à la chaussure.

Quel est votre premier souvenir avec une chaussure ? Je me souviens surtout qu’enfant, j’adorais gambader pieds nus. Les chaussures, c’est le début de la civilisation pour moi. Combien de paires de chaussures avez-vous dans votre dressing ? Plus que Sandie Shaw. Moins qu’Imelda Marcos. Être plus précis serait obscène. Quel genre de chaussure êtes-vous ? J’ai envie de paraphraser Yves Saint Laurent : « Le plus beau pied n’a pas besoin de chaussures. Il est tellement beau, sexy, qu’on a envie de le voir en permanence, voire de le lécher. Pour ceux qui n’ont pas la chance d’avoir des pieds comme ça, de grands créateurs de chaussures sont là. » Quel est votre créateur de chaussure préféré ? Dans les contemporains, Pierre Hardy. Ce n’est pas original, mais dans le désert qu’était la chaussure masculine au début des années 2000, ses premiers modèles ont eu le charme de l’évidence. Quelle est la paire de chaussures que vous rêvez de porter ? Depuis Pierre Hardy, je ne rêve plus, je porte. Celle que vous portez le plus ? Citer son créateur une troisième fois confinerait à la publicité. Quelle est votre paire de chaussure fétiche ? Celle qu’on ne remarque pas tout de suite mais qui donne imperceptiblement du style à toute la silhouette. Si vous deviez dessiner une chaussure, comment serait-elle ? Je m’abstiendrais car elle serait forcément moins réussie que dans un dessin de… (message interrompu par le Bureau de Vérification de la Publicité).


With his lucid sense of humor mixed with incisive analyses, Olivier Nicklaus is one of those people that we love, at Antidote. This jack of all trades has indeed many skills, working as a journalist for the famous weekly Les Inrockuptibles, as a writer – with his novel “Zouzou, jusqu’à l’aube”, and also as a scriptwriter and a director. His knowledge, curiosity, and ambition take him in various directions, from television to cinema. As the director of a fictional short film entitled Plan Cul (Sex Date), he was just right for writing about foot and shoe fetishism.

What is your first memory of shoes? I mainly remember that I loved walking barefoot when I was a child. Footwear is for me the beginning of civilization. What was the last pair of shoes you purchased? A gorgeous pair of Desert Boots. How many pairs of shoes do you have in your closet? More than Sandie Shaw and less than Imelda Marcos. Being more accurate would be obscene. What kind of shoe are you? I would paraphrase Yves Saint Laurent by saying: “Beautiful feet do not need shoes. They are so beautiful and sexy, that you constantly want to see them, even to lick them. For those who do not have the luck of having such feet, there are great shoe designers”. Who is your favorite shoe designer? Among the contemporary designers: Pierre Hardy. It's not original, but in the deserted men's shoe industry of the beginning of the 2000's, his first models were attractive and evident. What is your dream pair of shoes? Thanks to Pierre Hardy, I do not dream anymore, I wear. What shoes do you wear the most? If I cite my favorite designer a third time, it would be advertising. What is your favorite pair of shoes? Shoes that are not immediately noticeable but that bring a touch of style to a look. If you had to define If you had to design a shoe, what would it be? I would refrain from doing that, since it would inevitably be less beautiful than shoes by… (Message interrupted by the Advertising Checking Bureau).



La mode est pour Belén Casadevall une passion qu’elle entretient depuis sa plus tendre enfance. Elle aime la créativité intuitive qu’on y découvre et la totale liberté d’interprétation du vêtement que ce métier lui autorise. Née à Cadaqués, elle fait ses études à Barcelone avant de prendre le large pour Milan. Après avoir collaboré pour le I-D, le Mixte et le magazine Amica, elle est installée depuis 2006 à Paris puis est devenue l’une des rédactrices mode du magazine Numéro, Vogue américain ou le tout aussi célèbre Visionaire.

Quelle relation entretenez-vous avec la chaussure ? Plutôt sans chaussette. Quel est votre premier souvenir avec une chaussure ? Une ampoule ! Et la dernière paire de chaussure que vous avez achetée ? Une paire de ballerines Porselli achetées à Milan. Combien de paires de chaussures avez-vous dans votre dressing ? Ho là là, au moins une centaine. Quel genre de chaussure êtes-vous ? Je suis définitivement une ballerine. Je ne porte pas de talons et les ballerines tu peux les mettre avec tout. Je trouve ça très chic. Quelle est la paire de chaussures que vous rêvez de porter ? Je ne rêve pas de chaussures, je les porte (rires).


Her passion for fashion has stayed with her from her earliest childhood. She loves the intuitive creativity inherent in it, and the fact that her job gives her complete carte blanche in her interpretation of clothes. Born in Cadaques, she studied at Barcelona before setting off on her travels to Milan. Having worked with I-D Magazine, Mixte and Amica, she established herself in Paris in 2006 and went on to become one of the fashion editors for Numéro, American Vogue and the equally famous Visionaire.

Tell us about your relationship with shoes? Preferably without socks. What is your earliest shoe memory? A blister! And the last pair of shoes you bought? A pair of ballerinas that I bought in Milan. How many pairs of shoes do you have in your wardrobe? Now there’s a question; at least a hundred. If you were a shoe, what kind would you be? Definitely a ballerina shoe. I don’t wear heels, and ballerinas go with everything. I think they look very chic. Tell us about the pair of shoes you dream about wearing? I don’t dream about shoes, I wear them (laughter).



« Je ne suis jamais en talons le dimanche » nous dit-elle, « parce que le dimanche c’est relâche ». Géraldine Saglio est une véritable personnalité. Un style chic et sophistiqué, une superbe jeune femme avec un goût irréprochable, aujourd’hui Rédactrice Mode du Vogue Paris. Géraldine Saglio représente tout ce que peut être la mode à la française. Déjà adulée par les fashionistas du monde entier, Géraldine est devenue en l’espace de quelques années l’un des grands noms de la mode.

Quel est votre premier souvenir avec une chaussure ? Sans hésitation mes premières Start Trite, ces chaussures anglaises pour petite fille sage. Je me souviens que mon père me les achetait trop grandes alors que moi, je les voulais toujours trop petites. J’avais peur qu’elles me fassent de grands pieds. Et la dernière paire de chaussures que vous avez achetée ? Je vais rester discrète sur les « labels » mais j’en ai acheté trois d’un coup. J’adore les chaussures, j’en suis presque boulimique. Quel est votre créateur de chaussure préféré ? Je dirai très spontanément Christian Louboutin, même si je n’en porte jamais car elles sont définitivement trop hautes pour moi. Les créations de Giuseppe Zanotti emballent elles aussi mon cœur. Quelle est la paire de chaussures que vous rêvez de porter ? Elle n’existe définitivement pas car je les aurais déjà dans ma garde-robe. Celle que vous portez le plus ? Des boots en daim noir de chez Isabel Marant. Quelle est votre paire de chaussures fétiche ? Le modèle Pigalle de Christian Louboutin en vernis noir, chic, élégant et indémodable. Si vous deviez définir la chaussure par un seul et unique adjectif ? Sexy, il faut qu’elle le soit !


“I never wear heels on Sunday,” she informs us, “because Sundays are for relaxing.” Geraldine Saglio is a true star. With her chic and sophisticated style and impeccable taste, this smart young woman is currently Fashion Editor at Vogue Paris. Geraldine Saglio represents French fashion at its very best. Already showered by adulation from fashionistas all over the world, within the space of a few years Geraldine has become one of the great names on the fashion scene.

Tell us about your earliest shoe memory? No doubt about it, my first Start Rites, those English shoes worn by good little girls. I remember my father used to buy them a size too big whereas I always wanted them a size too small. I was afraid they would make my feet big. And the last pair of shoes that you bought? I’m not going to tell you the labels, but I bought three pairs all at once. I love shoes, I’m almost bulimic about them. Who is you favourite shoe designer? Christian Louboutin springs to mind, even though I never wear his shoes because they are definitely too high for me. Giuseppe Zanotti’s designs set my heart racing as well. Tell us about the pair of shoes you dream of wearing? There is no such pair, or it would already be in my wardrobe. The ones that you wear most often? Black suede boots by Isabel Marant. What is your fetish shoe? Black patent Christian Louboutin Pigalles, chic, elegant and timeless. If you had to choose one adjective to describe the shoe, which would you choose? Sexy, they have to be!




Évidemment talentueux, Adrien Pinault se destinait tout d’abord à travailler dans le milieu du cinéma. Après une école de maquillage spécialisée en effets spéciaux, cet artiste maquilleur commence sa carrière en participant à d’importantes productions de films. Plus tard, son goût prononcé pour le vêtement et le style le pousse à frapper aux portes des shootings de mode, qu’il préférera notamment pour le caractère plus intime des sets. La qualité de son travail agrémentée d’un fort enthousiasme quant au projet – en effet, Adrien possède un secret lié à la chaussure qu’il ne peut dévoiler –, nous a particulièrement séduis. À découvrir.

Quel est votre premier souvenir avec une chaussure ? Une paire de bottes de cowboy quand j’étais tout petit. Évidemment j’avais les pieds trop grands et ma mère m’interdisait de les mettre. Mais en jeune rebelle que j’étais, je trouvais toujours le moyen de les mettre sur le chemin de l’école. Je me vois encore les cacher dans mon cartable. Et la dernière paire que vous avez achetée ? Je ne l'ai pas vraiment achetée : une paire de Derby AMI que m'a offerte Alexandre Mattiussi, le créateur de la marque, dans des nuances de bordeaux – couleur burgundy pour être vraiment précis. Combien de paires de chaussures avez-vous dans votre dressing ? 48, je suis presque collectionneur, j’en garde un maximum au grand regret de ma penderie. Quelle est votre marque de chaussures préférée ? Je n’en ai pas vraiment, mais si je devais me décider j’opterais pour les Church’s. Celle que vous portez le plus ? Les Stan Smith, ça va avec tout et c’est super confort. Si vous deviez dessiner une chaussure, comment serait-elle ? Des Derby, façon Church’s, avec… des semelles Creepers (rires). Si vous deviez définir la chaussure par un seul et unique adjectif ? Cool.



Clearly talented, Adrien Pinault had originally decided to work in the film industry. After training in specialised makeup techniques and special effects, he started his career as a makeup artist by working on major film productions. Later, his strong sense of clothes and style sent him knocking on doors at fashion shoots, which he felt particularly drawn to because of their more intimate stage sets. The quality of his work, drawing extra inspiration from his immense enthusiasm for this particular project – Adrien actually has a secret connected to shoes, which he cannot tell us – made a great impression on us. Watch this space.

Tell us about your earliest shoe memory? A pair of cowboy boots when I was very little. My feet were too big for them, obviously, and my mother told me not to wear them. Like the little rebel that I was, I always contrived to put them on while I was on my way to school. I can still picture myself hiding them in my satchel. And the last pair you bought? I didn’t buy them exactly: a pair of Derby AMI in shades of Bordeau – Burgundy, to be precise – that were given to me by Alexandre Mattiussi, who created the brand. How many pairs of shoes do you have in your wardrobe? 48, I’m almost a collector, I keep as many as I can, much to the chagrin of my wardrobe. What is your favourite shoe label? I haven’t really got a favourite, but if I had to choose I’d go for Church’s. The ones that you wear most often? Stan Smiths, they go with everything and they’re really comfortable. If you had to design a shoe, what would it be like? Derbys, the same style as Church’s, with ..... brothel-creeper soles (laughter). If you had to choose just one adjective to describe the shoe, what would it be? Cool.


Il fait parti des stars montantes du petit milieu de la danse. Il a dédié sa vie entière à cet art du mouvement. A l’âge de dix ans, il quitte ses parents et sa ville natale pour participer activement aux cours de l’école de Danse de l’Opéra de Paris. Depuis, il a gravi chaque degré de la vie royale du danseur dans son corps de ballet jusqu’à être nommé il y a moins d’un an Premier danseur de la prestigieuse compagnie nationale de danse fondée par Louis XIV en 1661. Mais le talent artistique de Vincent ne s’arrête pas là et pour Antidote il choisit de s’exprimer à travers la plume et les mots, car lui aussi est un fan de chaussure. Il est même l’égérie de la célèbre marque de mode Repetto, si proche de son univers.


Vincent, quel est votre premier souvenir avec une chaussure ? Les petites baskets à scratch de mon enfance, pour le côté pratique et ludique de la chose. Et la dernière paire de chaussures que vous avez achetée ? Des Bensimon montantes de couleur crème, j’en consomme plusieurs paires par été ! Combien de paires de chaussures avez-vous dans votre dressing ? Aujourd’hui, 27 ! Quelle est la paire de chaussures que vous rêvez de porter ? Sans doute la prochaine sur ma liste, le modèle Onyx bleu marine de Mr. Hare, à la fois pour la forme et pour la couleur… Celle que vous portez le plus ? Une paire de Repetto noir verni, ou des baskets Tod’s en cuir. Quelle est votre paire de chaussure fétiche ? Des Yves Saint Laurent bicolores à bout rond, elles ont droit à un placard à elles toutes seules… Et si vous deviez dessiner une chaussure, comment serait-elle ? Sans doute pas la plus belle de l'année !

He is one of the rising stars of the small world of dance. He has devoted his whole life to this art of movement. Aged 18, he left his parents and his native town to attend the Dance School of l’Opéra de Paris. Since then, he has progressed through all the grades in his corps de ballet and, less than one year ago, was promoted to principal dancer at the prestigious national dance company founded by Louis XIV in 1661. But the artistic talent of Vincent does not stop at dancing and, for Antidote, he has chosen to express himself through words, since he is also a shoe addict. He is even the icon of the famous fashion trademark Repetto, a French ballet shoes company.

What is your first memory of shoes? The small Velcro sneakers I wore as a child, because they were practical and funny. What was the last pair of shoes you purchased? Bensimon cream ankle shoes: I always buy several pairs for the summer! How many pairs of shoes do you have in your closet? Now, 27! What is your dream pair of shoes? Next on the list will probably be the navy Onyx shoes by Mr. Hare, both for their form and color… What shoes do you wear the most? A pair of black patent-leather Repetto shoes or of Tod’s leather sneakers. What is your favorite pair of shoes? Yves Saint Laurent two tone shoes with round toes that I keep in a special closet… If you had to design a shoe, what would it be? Probably not the most beautiful of the year…!



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© MAGAZINE ANTIDOTE. 2012